Nous voilà en Australie, pays sauvage aux étendues sans fin. Nous y restons 25 jours et avons choisi de parcourir seulement une partie de ce pays immense à la taille d’un continent.

Notre périple se décompose de la manière suivante : Arrivée à Melbourne pour y passer quelques jours ; route côtière entre Melbourne et Adélaïde ; remontée dans l’outback d’Adelaïde vers Alice Spring en passant par les Flinders Randges , puis vol vers Sydney pour y terminer nos aventures australiennes.

 

A Melbourne, nous séjournons dans le quartier de Southbank, à 20 mn à pied de son centre bouillonnant. L’appartement que nous avons loué est agréable et après notre mois d’itinérance en Nouvelle Zélande, nous sommes bien contents de poser nos valises dans un logement tout confort.

 

Nos 5 jours à Melbourne nous donnent le temps d’apprécier le charme de la ville : après-midi au soleil sur Federation Square, boutiques, rues piétonnes, arcades, spectacle de rue… Le tram gratuit nous permet de sillonner le « CBC » de long ,en large et en travers.

Nous faisons aussi un tour à Queen Victoria Market qui est un vieux marché du 19ème siècle. Nourriture, fringues au kilomètre et super ambiance. Les filles en repartiront avec une barquette de fraises et un large sourire ! Melbourne est connue pour son mélange d’architecture de l’époque victorienne et contemporaine et c’est effectivement assez étonnant de voir d’anciens bâtiments côtoyer d’immenses buildings. Nous sommes aussi surpris par la gentillesse des gens, par leur qualité de vie (grands parcs, lacs, mer, sport, entertainment, etc.) et par l’énergie positive qui se dégage de ce pays. Nous nous immergeons petit à petit dans le « way of life » australien. Le fait de revenir dans une grande mégalopole nous questionne aussi sur notre fameuse société de consommation… C’est fou comme en quelques semaines, certains besoins sont devenus très secondaires. Nous sommes heureux et l’on se dit que ce bonheur tient aux expériences que nous vivons ensemble : les rencontres, les découvertes, l’engagement… qui font que l’on se sent vivant et qui parlent de qui nous sommes.

 

Au delà de l’attrait de Melbourne, nous avons aussi choisi d’y séjourner car nous avons une cousine qui s’y est installée avec son mari. Nous arrivons au bon moment car ils viennent d’avoir un bébé. La petite famille habite à Saint Kilda, quartier branché qui se situe à quelques kilomètres au sud du centre de Melbourne et qui a l’énorme avantage d’être à côté de la mer.

Nous passons une après -midi et une soirée avec Janina, Isabelle, Louis et Victor et nous avons droit à un véritable festin. Au menu : foie gras et pot au feu. Un peu de notre France après ces 3 mois de voyage. Merciiiii. Le lendemain, nous revenons nous promener avec eux le long de la mer. Les filles sont folles de joie de connaître le petit Victor, de rigoler avec Nona et tante Zaza… Sans oublier Oncle Louis et ses blagues… Bref, un grand merci à eux pour ce moment de famille, leur accueil et leur gentillesse. C’était vraiment cool !

 

Après ces 5 jours à Melbourne, nous reprenons la route pour notre road trip australien. Nous avons loué un 4×4 et une tente pour 16 jours. Le temps de refaire les bagages, ranger l’appartement et d’aller chercher notre nouveau joujou, nous sommes en chemin vers 14h00. L’idée est de suivre la route entre Melbourne et Adelaïde, qui passe par « la Great Ocean Road », portion qui s’étend sur environ 243 kms et qui est reconnue comme l’une des plus spectaculaires routes côtières au monde.

 

Nous découvrons notre bolide des sables, énorme 4X4 ou plutôt 4WD équipé comme pour le Paris Dakar. Après un mois de conduite à gauche, nous avons pris nos marques. La route longe de jolies plages. Nous nous arrêtons sur certaines d’entre elles, notamment à Bell’s beach, plage mythique où fut tournée une des scènes du film «  point break ». Vues d’en haut, les vagues nous semblent assez petites mais arrivés sur la plage, la perspective est tout autre et déjà beaucoup plus impressionnante. Les filles improvisent un cours de gym avec la réalisation de roues, plus ou moins artistiques, pendant que nous admirons l’agilité des surfeurs sur l’eau. Florent se reprend à imaginer prendre des cours de surf : « Ah, c’est trop dommage de ne pas savoir surfer, sachant que nous allons dans le sud ouest de la France tous les ans… ».

Puis, stop en forêt à Kennett River pour observer les Koalas. Ces animaux sont trop mignons, petites boules de poils que l’on a envie de prendre dans ses bras. Il y a aussi plein de perruches multicolores qui se juchent sur nos têtes et nos épaules, à la recherche des petites graines que leur tendent certains touristes. Les filles sont aux anges. Nous nous enfonçons un peu plus dans la forêt pour y voir davantage de koalas et passons devant une aire de pique-nique. Nous décidons d’y planter notre tente pour la nuit. Nous sommes entourés d’eucalyptus géants au bord d’une rivière et malgré une pluie fine qui commence à tomber, nous sommes charmés par l’endroit.

Nous découvrons notre tente, dimension Australienne : 10M2 au sol ! Nous avons bien des difficultés pour la monter. 1 heures plus tard et après quelques tentatives infructueuses, notre palace est en place. Quel bonheur ! Nous nous disons que si nous mettons autant de temps tous les soirs, cela va vite attaquer notre moral. Heureusement, nous prendrons rapidement nos marques et finirons même par tout installer en 15 mn chrono.

La nuit est tombée et des cris d’animaux inconnus nous glacent le sang. Nous faisons diversion avec les filles qui n’y prêtent heureusement pas attention. Nous réalisons que la faune de ce pays n’a rien à voir avec la notre et nous nous rappelons des mises en garde sur les animaux sauvages en Australie. Brrr ! Nous apprendrons par la suite qu’il s’agissait de cris de Koala et croyez nous, cela faisait plus penser au bruit d’un tyrex dans le film Jurassic Park . Nous trouvons le sommeil rapidement, fatigués de cette première journée.

 

Le lendemain, les kms s’enchaînent, offrant un panorama superbe sur le bord de mer escarpé. Nous traversons aussi des forêts tropicales, chutes d’eau et de magnifiques plages désertes. Les éléments sont déchainés car la météo s’est détériorée. Déjeuner sur le pouce à Appollo bay, petit village côtier de surfeurs, puis stop au sein du parc national d’Otway pour une balade. Ici, les eucalyptus sont plusieurs fois centenaires et les arbres fougères s’élèvent à cinq mètres de haut. La pluie s’intensifie et nous terminons notre randonnée complètement trempés. Chauffage à fond dans le 4X4 pour sécher nos affaires.

Pour rejoindre les célèbres formations rocheuses appelées les douze apôtres, nous décidons de prendre des chemins de traverse. Nous avons un 4X4, autant en profiter ! Nous nous engageons sur une piste superbe qui longe la côte. Cette piste, au départ en assez bon état, se détériore au fil des kilomètres. Florent s’en donne à cœur joie avec le 4×4 et nous enchaînons les bosses, les trous, les dénivelés… La voiture se comporte à merveille. C’est l’occasion de croiser notre premier Kangourou, à la plus grande joie de tous. La suite se corse avec des passages de sable de plus en plus dense près de la plage. La voiture commence à patiner. A la vue de l’étroitesse du chemin, impossible de faire demi-tour. Prenant de l’élan dans une descente de sable meuble, la voiture dérape, patine, cale et tous les voyants s’allument… La voiture s’immobilise dans le sable et en essayant d’en sortir, nous nous ensablons encore plus. Le bas de caisse est littéralement posé sur le lit du chemin, les roues tournant dans le vide. Il est 18h00 et nous sommes au milieu de nulle part. Nous essayons de creuser, de pousser le véhicule mais rien n’y fait, nous sommes bel et bien enlisés. Après une petite réunion de crise, Florent décide d’aller chercher du secours. Heureusement pour nous, nous sommes presqu’au bout du chemin et un camping est indiqué à 2/3 km. Le voilà parti en footing. Il revient d’abord avec 4 Australiens qui nous proposent d’essayer de sortir la voiture en désensablant à la main et en mettant des branches devant chaque roue mais là encore, la voiture ne bouge pas. Cela ne fonctionne définitivement que dans les films !

Florent repart donc sans plus tarder rechercher des secours. La nuit va tomber et le temps presse. Il revient 30mn plus tard à bord d’un Toyota pick-up avec 2 australiens anciens rangers, la bière à la main et pas très frais. Il leur faudra seulement 20 mn pour sortir le véhicule en nous tractant. Nous sommes impressionnés par leur savoir-faire et comprenons que s’aventurer sur ce type de chemin ne s’improvise pas. Comment arrivent- ils, eux, à passer sans encombre ? Ils nous donnent quelques conseils que nous écoutons attentivement : il est préférable d’être à deux véhicules, il faut dégonfler au maximum les pneus afin d’avoir une meilleure portance, être le plus léger possible, etc. Bref, nous nous promettons de ne plus recommencer. Epuisés, nous filons pour trouver un camping afin de récupérer et nous reposer de toute cette aventure. Sur le chemin, nous nous arrêtons pour admirer le coucher du soleil en face des Douze apôtres. Spectacle magnifique !

Les deux jours suivants, nous poursuivons notre route vers Adélaïde. Comme nous avons le temps, nous faisons quelques détours dans des parcs nationaux pour y voir des lacs salés, des réserves d’oiseaux, des rivières et évidemment les kangourous.

 

Les deux soirs, nous avons des difficultés pour trouver notre lieu de bivouac et tournons pas mal sur les chemins de traverse avant de poser notre campement. Finalement, nous finirons dans un camping le premier soir et au bord de la plage, avec un beau coucher de soleil, le deuxième.

 

Arrivés à Adélaïde, nous plantons notre tente dans le Parc Bel Air pour 2 nuits. Au programme : Visite d’Adélaïde, de son parc avec ses perruches, courses, repos et pause coiffeur incongrue pour Florent au milieu du camping, par Paul, ancien coiffeur et voyageur itinérant.

Nous voilà équipés, frais et fin prêts pour attaquer le désert et l’Outback. Paul nous met en garde sur certains dangers, principalement le manque d’essence et/ou le manque d’eau. Nous allons traverser de grandes étendues sans forcement croiser de voitures et sans réseau téléphonique, donc autant être vigilant.

 

A l’écouter, nous comprenons pourquoi nous avons dans le 4X4, une balise GPS d’alerte à déclencher en cas de problème et nous en profitons pour bien vérifier la roue de secours, l’état des pneus et allons acheter une carte détaillée du centre de l’Australie afin d’avoir plus de précisions sur les pistes. Nous voilà partis un peu fébriles, ne sachant pas à quoi nous attendre, rigolant nerveusement de notre amateurisme et en nous remettant secrètement à la providence qui nous a toujours accompagnés.

 

Première étape : le parc national des Flinders Rangers pour y passer 2 nuits.

 

Le parc est immense et nous traversons des paysages et des montagnes datant de plusieurs millions d’années. De nombreux panneaux indiquent d’ailleurs la date exacte de formation des éléments. La chaleur devient tenace et nous approchons les 40 degrés.

Nous profitons d’un point de vue superbe pour admirer le coucher du soleil et croisons des dizaines de kangourous sur le chemin.

 

Le deuxième jour dans le parc, nous sillonnons les pistes et nous nous arrêtons pour des petites promenades. Découverte de peintures rupestres d’aborigènes, gorges rocailleuses, massifs rocheux aux couleurs pourpres dégradées mais la chaleur est trop forte et nous ne pourrons nous aventurer sur les chemins de randonnées que tôt le matin et tard en fin d’après midi. Le soir venu, nous bivouaquons au milieu du parc et nous montons notre tente sans double toit car il fait très chaud. Cela nous permet de dormir sous les étoiles sans être envahis par les mouches et autres insectes à la taille XXL. Nous ne réutiliserons par la suite plus jamais le double toit.

Nous quittons le parc pour nous enfoncer un peu plus dans le désert Australien. Nous empruntons une piste assez belle qui court dans le lit d’une rivière asséchée. Pas de sable et le 4X4 grimpe tous les obstacles avec aisance et efficacité.

 

Puis, nous attaquons l’Odana Track, piste qui s’étend sur 600 km à travers l’outback du south Australien. C’est par cette piste, traditionnellement empruntée par les aborigènes, que l’explorateur John McDouall Stuart remonta au centre de l’Australie en 1859. Elle a également vu la construction d’un chemin de fer (Central Australian Railway) et d’une ligne de télégraphe (Overland Telegraph) dont les artefacts abandonnés jalonnent encore la piste.

Plus nous montons et plus la chaleur se fait sentir. Avec la chaleur, les mouches apparaissent et c’est par centaines qu’elles viennent sur vous, trouver un peu d’humidité. C’est insupportable mais nous sommes équipés de cagoules moustiquaires, seule solution pour ne pas devenir fous. Quel pays ! Le paysage devient de plus en plus aride et les couleurs de plus en plus chaudes. Ce sont des kilomètres et des kilomètres de steppe qui défilent devant nous, une trainée de poussière rouge s’échappant derrière la voiture et cette impression d’aventure, de vide et de liberté. Plus la journée avance, plus le thermomètre augmente. Il est 16h et il fait 45 degrés. Nous croisons plusieurs lacs salés et quelques curiosités comme ces statues de ferraille et ces fameuses sources d’eau au milieu de cette steppe désertique. La route donne aussi à voir son lot d’animaux : perruches, émeus, vaches, dragons barbus, aigle royal : le plus souvent tranquillement installés au milieu de la route.

Nous cherchons un endroit un peu avant le village farwest de William creak pour installer notre bivouac à l’ombre. Les arbres, quasi inexistants dans ce paysage aride et l’absence de relief, rendent l’exercice difficile. Nous nous arrêtons finalement vers 19h00. Les mouches sont très, très nombreuses, trop nombreuses. Nous montons la tente, nos filets sur la tête. Cela sera notre bivouac le plus rude. : la chaleur, la poussière, les centaines de mouches, la cuisine à faire sur le capot de la voiture, les plats à passer rapidement sous la moustiquaire de la tente et l’espoir d’un léger courant d’air qui ne viendra jamais. Là encore, nous sommes fiers de nos filles car malgré les conditions difficiles, elles sont en forme et ont le moral. Seule la toux de Jeanne, asthmatique, est un peu revenue mais vu la poussière ambiante, rien d’étonnant. La nuit tombée, nous nous endormons sous un ciel étoilé incroyable. Pendant tout notre road trip, nous allons voir des ciels magnifiques, des couchers et levers de soleil aux couleurs uniques et pourpres et des nuits étoilées laissant apparaître la beauté de la voute céleste.

 

Le lendemain matin, nous nous réveillons aux aurores avec le soleil, il est 6h30… Un petit déjeuner rapide et nous installons la table et les chaises dans la tente pour la séance de travail des filles. En effet, avec la route, les randonnées, cela fait quelques jours que nous n’avons pas fait la classe. Cela ne durera malheureusement pas très longtemps car vers 8h30, il fait déjà 35 degrés et nous levons le camp pour reprendre la route.

 

La monotonie de ce paysage lunaire nous pousse à la rêverie et nous discutons ensemble de la chance que nous avons de vivre cette expérience. Cela fait déjà 3 mois et demi que nous sommes en voyage à la découverte de ces contrées lointaines en famille. Avoir la chance d’être ensemble, 24h00 sur 24h00, de prendre le temps de nous occuper des filles, de les voir s’ouvrir au monde et s’extasier devant cette diversité et beauté des paysages est incroyable. Aux questions : est-ce facile tous les jours ? Comment est-ce, le quotidien ? Arrivons -nous à nous supporter ? N’est -ce pas trop dur pour les filles ? Et les parents, arrivent -ils à souffler ? A avoir leurs moments à eux ? Oui c’est facile. Oui, les filles s’adaptent et surmontent les difficultés. Le fait de changer d’endroit très souvent ne leur pose aucun souci, au contraire, elles s’en amusent. Dormir sous la tente, les insectes, la douche froide.…c’est l’aventure ! Il y a bien deux éléments pour lesquels leur capacité d’adaptation a des limites : la nourriture et la chaleur. Lorsque l’on s’appelle Jeanne ou Louise, on ne rigole pas avec la nourriture. Très important d’avoir ses repas à heure fixe, d’avoir un dessert, un goûter et si cela n’est pas le cas, elles ont vite fait de nous rappeler à l’ordre. Quant à la chaleur, impossible de les emmener randonner lorsque le thermomètre grimpe trop haut.

 

Nous supporter n’est pas une question, être ensemble est définitivement notre bonheur et épanouissement. Sans surprise, nous sommes à peu près faciles à vivre malgré évidemment la fatigue, les chamailleries des filles, les inquiétudes liées à la part d’inconnu, partie-prenante de notre voyage. Nous râlons bien évidemment, nous pouvons perdre patience et les enfants ne changent finalement pas trop dans leurs réactions. Simplement, nous avons le temps de vivre ensemble et d’être à l’écoute de nos ressentis et de ceux des filles. Et cela change tout.

 

Nos journées sont bien chargées. Le matin, nous démarrons par une heure de classe la majeure partie du temps, puis s’enchaînent la logistique de tous les jours, les trajets, les balades, les visites et la préparation des prochaines étapes, etc. Nous réalisons que le voyage reste un parcours initiatique, individuel et en famille. Nous commençons à réfléchir sur nous, à nous projeter sur les modes de vie que nous croisons, ce que nous prendrions, ce qui nous manque, ce que nous avons la chance d’avoir. Nous nous posons la question, de temps en temps, de ce que nous voudrions changer, de ce que nous souhaitons, de ce que nous n’accepterions plus. C’est étrange, ces réflexions sont récentes comme si un temps d’incubation était nécessaire pour se détacher de nos influences… Comme si en effet, nous commencions à modifier un peu notre façon de regarder le monde qui nous entoure, loin de notre vie parisienne… Bref, nous expérimentons pleinement l’adage populaire qui dit que « le bonheur dans le voyage, n’est pas la destination mais le chemin parcouru. »

 

L’arrivée à Coober Pedy nous ramène à la réalité. La découverte des champs de gravats, des mines à flanc de colline et des engins métalliques qui creusent la terre nous plonge dans un décor à la Mad Max. Coober Pedy, c’est une ville « spéciale » où des mineurs cherchent à faire fortune grâce à l’opale et vivent sous la terre. Nous croisons peu de gens dans cette ville aux airs de ville fantôme. Nous voyons bien quelques aborigènes, malheureusement souvent en train de traîner dans les rues, un peu hagards et surtout alcoolisés. Nous découvrons la triste réalité de ce peuple. Alcoolisme, violence, délinquance, c’est un exemple frappant de non-intégration. Et dire que l’Australie est leur terre et que le peuple « blanc » semble tout leur avoir pris.

Nous nous installons dans un camping dans la ville et, oh joie, découvrons une piscine pour nous rafraîchir. Etrangeté au milieu de ce désert sous 45 degrés de chaleur ! Après avoir visité la ville, fait un tour dans un magasin d’opales pour y acheter un petit souvenir, nous décidons d’aller voir le coucher du soleil à 20mn de piste du village. Arrivés au point de vue, un petit sifflement retient notre attention ; un des pneus de la voiture est fissuré et commence à se dégonfler. Nous reprenons directement le chemin inverse espérant arriver à temps pour changer la roue à Coober Pedy. Notre seule inquiétude est de nous retrouver au bord de la piste, sous cette chaleur et sans aide possible. Le retour nous semble une éternité et lorsque nous arrivons à bon port, Louise qui retient sa respiration depuis le départ, pousse un hourra de soulagement. Le lendemain, les filles vont visiter le musée de la mine, qui retrace l’histoire des mineurs et montre des maisons troglodytes, pendant que Florent achète une nouvelle roue de secours.

 

Nous quittons la piste avec tristesse et rejoignons la Stuart Highway, route goudronnée, direction Ayer’s Rock ou plutôt Uluru afin de voir le symbole de l’Australie, un énorme rocher ocre au milieu du désert. Cette étape est longue avec environ 7h00 de route. Les kilomètres s’enchaînent et la route est confortable mais monotone. Les filles ont du mal à tenir en place. Nous arrivons fatigués sur le lieu de notre bivouac sauvage, juste à l’entrée du parc national. Le paysage a changé, le sable est rouge et la lumière est superbe. Nous profitons du coucher de soleil pour prendre l’apéro en haut d’une dune d’où l’on peut apercevoir Ayer’s Rock au loin, majestueux.

Le lendemain, nous gagnons le camping le plus proche d’Ayer’s Rock pour 2 jours. Cela nous permet de profiter des environs facilement : petite promenade aux Olgas, massif géologique composé de 36 dôme d’arkoses ( schiste, granit et basalte ), lever et coucher du soleil devant Uluru et baignade dans la piscine du camping qui est une vraie bénédiction avec cette chaleur de plomb. Nous faisons la rencontre de nombreux backpackers (routards) français et internationaux avec lesquels nous partageons quelques moments sympathiques.

 

Avant dernière étape de notre road trip dans le désert et direction Kings Canyon. Dernier bout de piste et la chaleur est à son comble. Record battu, 56 degrés sur le compteur de la voiture !!! Heureusement, nous avons la climatisation, mais s’arrêter pour prendre de l’eau dans le coffre de la voiture est une épreuve. Kings Canyon est situé dans le parc national de Warrtaka et se trouve à l’extrémité Ouest de la chaîne de montagne de George Gill Range. C’est un endroit réputé pour les randonnées. Nous nous posons pas mal de questions sur le choix du parcours avec les filles sous cette chaleur, sachant que les départs sont interdits après 9H00. Nous tentons la version intermédiaire, soit une randonnée de 3h30. Réveil de nuit, frontal sur la tête, eau dans les sacs, moustiquaire et crème solaire et nous attaquons la montée à 6h15 le matin. La randonnée est magnifique et nous permet d’admirer le lever du soleil en haut du canyon, surplombant ainsi les gorges du massif rocheux millénaire. Bravo à nos petites aventurières qui ont très bien marché !

Dernière étape, le West Macdonnell National Park et ses gorges. Bivouac au bord d’une rivière et pour y arriver, un début d’ensablement sur la piste. Plus de peur que de mal… Nous commençons à maîtriser le sujet. Le lendemain nous allons nous baigner dans les « Glen Helen gorge ». C’est divin ! A notre retour, nous découvrons avec horreur une énorme araignée velue sur notre voiture. Définitivement, ce pays est rempli de bestioles horribles. Direction Alice spring pour la nuit. Notre périple dans l’Outback touche à sa fin. C’est le moment de rendre notre véhicule et de prendre l’avion pour Sydney.

 

A Sydney, nous avons loué un appartement à Manly (banlieue familiale de Sydney) près de la plage. L’endroit est génial et nous sommes en plein dans l’image d’Epinal de l’Australie : plage, surf et cool attitude. Pendant 4 jours, nous visitons Sydney et nous passons beaucoup de temps dans les environs de Manly pour recharger les batteries avant notre étape asiatique. Florent en profite aussi pour tenter de descendre quelques vagues en surf. Il ne reste pas très longtemps debout sur la planche mais c’est quand même pas mal pour une première. Au même moment, les enfants d’une école voisine prennent leur cours de natation dans la mer… Ah quelle ville !

 

L’Australie, c’est fini ! Nous sommes enchantés par cette étape de notre tour du monde. Il se dégage de ce pays une énergie, une simplicité, une authenticité qui est assez unique. Et les Australiens, contrairement à ce que l’on nous avait dit, sont adorables. Nous reviendrons, c’est certain car il nous reste tellement de choses à voir. Ce périple nous a apporté du désert, de l’aventure et des défis… Tout ce que nous pouvions espérer et plus encore…