Bangkok et le Nord de la Thaïlande

 

Ça y est, nous sommes en Thaïlande : pays du sourire, aux milliers de temples, avec ses montagnes, ses lacs, ses maisons flottantes, ses rizières et ses îles paradisiaques. Nous allons passer quelques semaines dans le nord du pays puis nous y reviendrons dans 2 mois pour aller dans le sud et profiter des plages.

 

 

Nous arrivons à Bangkok, mégalopole aux embouteillages gigantesques et à l’architecture chaotique et passons 4 jours à visiter la ville et à préparer notre périple dans l’intérieur des terres. Notre auberge est très agréable, située dans une petite rue du centre de Bangkok et donc à l’écart de la frénésie des grandes artères. Nous en profitons pour visiter les monuments et temples de la ville. Pour nous rendre à l’ancien palais royal, nous embarquons sur un des bateaux-bus rouges réguliers qui remontent la rivière, le Chao Phraya.

 

 

Une fois sur place, le lieu est déjà pris d’assaut par de trop nombreux touristes… Allez, on prend une grande respiration et on y va… L’endroit est impressionnant … Opulence, excès, scintillement sont au rendez-vous. Ensuite, direction le temple du bouddha d’émeraude et le Wat Pho, temple du bouddha couché. Tous deux également impressionnants de démesure et de décorum.

 

 

Le jour suivant, nous poursuivons sur notre lancée et allons visiter l’un des plus grands bouddhas debout de Bangkok puis un superbe temple surplombant la ville sur la montagne d’Or.

 

 

Toutes ces visites nous immergent dans la culture bouddhiste et la beauté de ces  « wat » nous plonge dans la richesse de cette philosophie teintée de religieux. Nous n’avons pas encore réponse à toutes les questions des filles mais nous comptons bien profiter de notre séjour en Asie du sud-est pour comprendre les principaux fondements de l’hindouisme et du bouddhisme.

 

Le soir, nous trouvons un petit restaurant dans une ruelle piétonne (ou presque) très sympa. Ce sera notre lieu de QG pendant nos 4 jours. On découvre avec plaisir la cuisine thaïlandaise, sa diversité et ses gouts exotiques, pour un prix vraiment modique.

 

C’est bientôt l’anniversaire de Jeanne, qui compte les jours depuis un mois déjà… trop excitée de le fêter pendant le tour du monde. Sa grand-mère lui a envoyé un cadeau chez une amie de la famille : Cathy. Florent et Cathy ont tous deux vécu en Corée du Sud lorsqu’ils étaient enfants et leurs parents, expatriés en même temps, sont restés très proches. Pour nous rendre chez Cathy, le moins cher est de prendre le métro puis un taxi. Nous partons un peu plus tard que prévu et arrêtons un taxi pour savoir combien cela nous couterait de faire le trajet intégralement avec lui. Il nous explique qu’il faudrait environ 4 heures pour atteindre notre destination au vu de la circulation à cette heure de la journée. Quelle ville ! Paris est une petite ville de province à coté. Une fois arrivés à bon port, nous passons la soirée avec Cathy et ses deux filles. Cathy et son mari ont vécu de nombreuses années en Inde et ont emménagé en Thaïlande il y a quelques mois. Nous prenons plaisir à échanger avec elle sur leur vie en Inde et leur installation en Thaïlande pendant que les filles jouent ensemble…

 

Il fait très chaud à Bangkok et le bouillonnement de la ville nous donne envie d’un peu de calme. Le lendemain, direction Kanchanaburi au nord-ouest de Bangkok, à deux heures de route. Nous devons y passer quelques jours avant de rejoindre notre «  camp d’éléphant », un peu plus à l’ouest, près de la frontière avec la Birmanie. Kanchanaburi a été rendu célèbre par son pont qui enjambe la rivière Kwaï ; pont qui fut construit en 1942 par des prisonniers de guerre, sous le commandement des troupes japonaises. Outre l’intérêt historique de cette région, la ville est assez agréable et les environs comptent une nature préservée et de beaux paysages. Nous louons un scooter le lendemain pour deux jours. Aurélia se lance et c’est avec succès que nous partons « à la Thaïlandaise », chacun avec une fille entre les jambes, sillonner les chemins de campagne. La route est jolie ! Nous passons par quelques villages, allons voir le célèbre pont et quelques temples. Le soir, nous amenons les filles chez le coiffeur.

 

 

Le lendemain, c’est le dimanche de Pâques. Nous pouvons assister à la messe car il y a une église à Kanchanaburi. Nous sommes accueillis à bras ouverts par cette petite communauté. A la fin de l’office, les paroissiens nous invitent même à un verre de l’amitié. On échange un bon moment avec certains d’entre eux pendant que les filles en profitent pour manger les glaces et petits gâteaux qu’on leur apporte gentiment. Ils nous apprennent qu’il y a environ 5% de chrétiens en Thaïlande et que les différentes communautés religieuses coexistent avec tolérance. Nous assistons, ébahis, à la bénédiction des voitures. L’après-midi, nous reprenons notre scooter pour poursuivre la découverte des environs.

 

 

Le grand jour de notre départ vers notre camp d’éléphant est enfin arrivé ! Tout le monde est très excité. De Kanchanaburi, nous prenons le train sur le Pont de la Rivière Kwaï à 6h00 du matin pour arriver au terminus Namtok vers 8h30. Ce train est appelé train de la mort, car il fut construit par les prisonniers de guerre lors du conflit avec le Japon. Nombreux périrent sous la cruauté de leurs bourreaux et la difficulté des travaux. Nous découvrons une partie de l’histoire de cette région que nous connaissons peu et qui fut terriblement cruelle. Le train longe la Rivière Kwai et passe par d’impressionnants surplombs sur la rivière. Le spectacle, au lever du soleil, est très beau : rizières, plantations de bananiers ou de canne à sucre défilent sous nos yeux. Arrivés à Namtok, nous avons rendez-vous avec un chauffeur qui doit nous conduire sur différents centres d’intérêt et nous déposer en fin de journée au GANESHAPARK. Cascades, sources d’eau chaude, musée sur la guerre, temples et visite du barrage sont au programme de la journée…

 

 

Il est 17 h lorsque nous posons nos valises au ganesha park, accueillis par un énorme éléphant s’enfilant une montagne de bananes. Ce camp a été créé par un français, François, amoureux de ces pachydermes. Il a décidé de s’installer avec sa famille en Thaïlande, il y a 10 ans, pour réaliser son rêve : recueillir des éléphants malades ou maltraités, dans différents camps de touristes, pour leur donner une deuxième vie. Nous avons choisi de venir chez François justement car il propose un vrai contact avec les éléphants, dans un endroit sauvage et intimiste. Nous y passons 2 nuits et une journée. Nous installons nos bagages dans notre hutte spartiate en bambous et filons nous baigner dans la rivière au coucher du soleil. Le diner, pris en commun avec les autres voyageurs, se passe dans une joyeuse ambiance.

 

 

Le lendemain, c’est parti pour une journée riche en émotion : approcher les éléphantes, leur donner à manger, les toucher et monter sur leur dos !!! Nous sommes pris en main par les mahouts (cornacs), maîtres de ces colosses, ainsi que par deux jeunes bénévoles françaises qui nous expliquent comment vivent ces animaux et comment se comporter avec eux. Les filles sont impressionnées et un peu terrorisées. Etre en face de ces énormes animaux, nous rappelle notre petitesse. La journée s’écoule entre balade et baignade, au rythme de leurs pas lents et silencieux… On joue, on échange, on pleure un peu (les filles), on rit beaucoup…

 

 

En fin d’après midi, François nous annonce qu’un petit bateau nous attend pour nous emmener faire une promenade sur le lac au coucher de soleil. Quelle jolie surprise ! Nous passons aux abords de quelques maisons de pêcheurs sur l’eau et admirons les rives du lac et les lumières couleur orangée du soleil couchant. Puis, dernière soirée tout aussi animée que la veille et ciao bye bye les éléphants. On a vraiment adoré cette petite parenthèse au pays de Dumbo.

 

 

Chiang Mai, petit joyau du Nord de la Thaïlande.

Pour notre prochain stop, nous devons rejoindre Bangkok pour gagner ensuite la ville de Chiang Mai au nord de la Thaïlande. Cela n’est pas évident de trouver un moyen de rejoindre le nord car c’est le nouvel an Bouddhique dans 2 jours. Presque tous les Thaïlandais quittent Bangkok pour retourner dans leur village, fêter ce moment important en famille. Nous réussissons finalement à trouver des places dans un bus de nuit catégorie « VIP ». 5 heures de route du camp d’éléphants vers Bangkok puis 10 heures de Bangkok vers Chiang mai, la journée s’annonce rude et fatigante. Le premier trajet accompli, nous nous rendons au bureau de la gare routière de Bangkok pour récupérer les billets de notre second trajet. Nous découvrons que nous sommes en fait dans un autre bus d’une catégorie un peu inférieure, qui part une heure et demie plus tôt que celui que nous avions réservé. Nous n’avons eu aucune information pour nous prévenir !! Heureusement que nous sommes arrivés très en avance.

 

Malgré des sièges inconfortables, notre trajet se déroule bien. La qualité des routes thaïlandaises y étant surement pour beaucoup. A minuit, petite pause diner… Surprenant comme horaire… Nous découvrons avec amusement le restaurant d’étape de bord de route où tous les bus s’arrêtent, type Campanile avec menu local, c’est à dire bol de soupe ou noddles ! 5 heures du matin, coup d’épaule de l’hôtesse (qui ressemble plus à un dragon qu’à une hôtesse, à vrai dire) pour nous réveiller. Nous sommes à Chiang Mai, une des plus belles villes de Thaïlande avec ses canaux, ses temples et ses fortifications.

 

 

Nous avons réservé une charmante Guest House avec piscine, au dessus de notre budget habituel de routard, mais de temps en temps, comme dirait Nathalie, notre amie de Singapour, il faut se faire plaisir. Nous sommes accueillis par Yul, le propriétaire de l’hôtel. Il est Thaïlandais mais parle parfaitement Français car il a vécu une partie de sa vie à Fontainebleau. Cet endroit est un véritable coup de cœur, de part sa beauté, la gentillesse de Yul et la quiétude qui y règne. Nous décidons de prendre le temps. Le temps pour faire la classe des filles enfin confortablement, le temps pour visiter cette ville classée au patrimoine mondial de l’Unesco, le temps pour les loisirs (massages thaïlandais, spa aux poissons, piscine). C’est aussi le temps de la gastronomie Thaïlandaise car Yul est un cuisinier aguerri et nous enseigne quelques secrets de fabrication pour réaliser les fameuses Pad thaï et autres mets succulents. Le Samedi et le Dimanche, nous déambulons dans le marché de nuit. Les filles sont invitées dans un orchestre de musique traditionnelle et s’essayent aux gongs avec joie.

 

 

Le 13 avril, c’est le nouvel an bouddhique. Alors bonne année à tous !!! Bouddha a vécu 500 ans avant JC. Le calendrier bouddhique est donc en avance sur le notre. Durant 4 jours, les thaïlandais vont s’asperger à tous les coins de rue pour fêter la nouvelle année 2558. Chiang Mai est réputé pour être « the place to be » pendant cette fête car les nombreux canaux de la ville donnent accès à l’eau facilement.

 

 

Les filles sont folles d’excitation ! C’est équipés de pistolets à eau et d’un tuyau d’arrosage que nous commençons par asperger les pick-up et scooters passant devant notre Guest House avec Yul et sa sœur. Puis, direction le centre ville. Il y a un monde fou dans les rues et tous les moyens sont bons pour s’arroser… pistolets, seaux d’eau, … impossible de rester plus de 5 mn sans être complètement trempé. Les filles regardent ce spectacle les yeux ébahis, participant par moment aux festivités, se cachant derrière notre dos à d’autres moments. Quelle rigolade !

 

 

Voilà déjà 4 jours que nous sommes à Chiang Mai. Nous resterions bien plus longtemps mais l’appel du large se fait sentir. Nous décidons de louer une voiture pour quelques jours afin d’aller explorer l’arrière pays. Nous convenons de revenir le 17 avril à Chiang Mai, chez Yul, afin de fêter dignement l’anniversaire de Jeanne. Notre boucle passe par les villes de PAI, MAE HONG SON et MAE SARIANG. Elle est réputée pour son paysage montagneux et ses 2 000 virages… Cela promet, avec les filles et leur passion pour la voiture ! Après avoir trouvé un semblant de carte pdf sur internet et grâce à la géolocalisation google map, nous voilà partis à l’aventure sur les routes thaïlandaises.

 

 

Direction la fameuse ville de Pai, ville hippie où de nombreux occidentaux, nostalgiques des années 60, ont élu domicile et vivent d’amour et d’eau fraîche. C’est surprenant de voir sur les marchés, des familles occidentales avec enfants, style baba cool, vivant d’artisanat au milieu des commerçants locaux. Nous descendons dans une petite guest house aux bungalows sur pilotis en bambou … charmante et… qui détient le record du logement le moins onéreux jusqu’à maintenant en Thaïlande, soit 12 euros la nuit pour 4…

 

 

Le lendemain, en route vers la ville tranquille de Mae Hong Son et petite halte aux caves aux poisons. Nous sommes dimanche et de nombreux Thaïs sont venus se promener. Les tenues colorées de certains d’entre eux nous rappellent que plusieurs tribus vivent dans ces zones montagneuses du Nord de la Thaïlande. La plupart des habitants de ces groupes ethniques minoritaires ont émigré en Thaïlande au 20ème siècle, fuyant les conflits en Chine, au Myanmar et au Laos. Les tribus qui appartiennent à différentes ethnies (Akha, Hmong, Karen…) possèdent chacune une langue, des traditions et une organisation propres. Les habitants de ces tribus peuvent circuler librement jusqu’à Mae Hong Son mais pas plus loin puisqu’ils n’ont pas la nationalité thaïlandaise. Les filles profitent de cette pause pour se baigner avec d’autres enfants et s’amusent à sauter dans la rivière en se balançant à l’aide d’une liane.

 

 

Le jour suivant, nous nous rendons dans un village de réfugiés Kharen, pour rencontrer les femmes birmanes Padaung, communément surnommées les « femmes girafes ». En fait, nous apprenons que ce n’est pas leur cou qui s’étire sous le poids des anneaux comme on pourrait le penser mais les vertèbres qui s’affaissent et se développent vers le bas.

 

 

Le village ne compte plus que quelques familles aujourd’hui mais nous avons tout de même choisi de nous y rendre afin d’éviter l’option du village touristique. Les femmes perpétuent une ancienne tradition en portant des anneaux autour de leur cou. La tradition veut que la première spirale soit posée dès l’âge de cinq ans sous l’autorité d’un chaman, un jour de pleine lune. En grandissant, la spirale est remplacée par une plus grande et plus lourde jusqu’à l’âge adulte. Ce collier de cuivre et les bracelets d’argent (avant-bras et genoux) sont des signes de prestige et de richesse pour ces femmes. On raconte que le port de ces anneaux est voué à disparaître dans un avenir proche. Toutes les pettes filles que nous avons croisées dans le camp étaient en effet « épargnées ».

 

Le chemin chaotique nécessiterait un 4X4… nous tentons quand même avec notre berline. Après quelques frayeurs, nous arrivons à bon port. En descendant de la voiture, nous sommes un peu gênés. Comment entrer en contact avec ces femmes, sachant que nous ne sommes là que pour un moment et que nous ne parlons pas leur langue ? Nous nous dirigeons vers l’unique rue de ce village dans laquelle se trouvent quelques échoppes et saluons les habitants d’un « Sawat die Krab » ! « Bonjour » en thaïlandais. Nous nous approchons timidement, observons les femmes qui travaillent, échangeons quelques mots en anglais et achetons deux jolies étoles fait main. Nous nous disons que c’est notre petite façon de participer à l’essor de ces femmes qui ont des revenus très limités de part leur situation. Puis, nous reprenons la route vers Mae Sariang pour y passer la nuit.

 

 

Même si nous étions un peu gênés, nous sommes heureux d’être venus dans ce village. Peu de gens ont le privilège de rencontrer les femmes birmanes Padaung. On est forcement impressionné par ces minorités ethniques qui choisissent de perpétuer leurs coutumes ancestrales, au risque d’être persécutés à cause de leurs différences.

 

Après une bonne nuit de sommeil, nous testons le petit déjeuner thaïlandais inclus dans le prix de notre chambre : une soupe avec du riz et plein d’herbes différentes. Pas mauvais mais un peu rude au réveil pour nos estomacs de français ! En chemin vers Chiang Mai, nous nous perdons dans les montagnes, à la recherche d’un village MONG. La petite route que nous empruntons monte, monte, monte à n’en plus finir. La vue est très belle mais malheureusement les nombreux brûlis ce jour- là laissent comme un voile de fumée et gênent la visibilité. Le village est perché à flanc de colline et les habitations sont simples… A notre arrivée, les villageois , surpris, viennent nous voir… Les visages sont burinés par le soleil et le labeur mais toujours souriants. Nos deux petites têtes blondes deviennent vite un sujet de curiosité et les filles reçoivent un petit sac traditionnel confectionné à la main en cadeau.

 

Nous sommes le 17 avril et c’est le jour de l’anniversaire de Jeanne. Quelle joie pour elle. Elle a 6 ans. Nous retrouvons Chiang Mai et notre guest house avec plaisir. Le soir, c’est la grande fête : Yul nous prépare un diner succulent et un gâteau d’anniversaire. Jeanne est très fière d’avoir 6 ans et de devenir une grande. C’est fou comme elles grandissent vite… Jeanne ouvre ses cadeaux puis Yul propose aux filles d’envoyer dans le ciel deux lampions. « Le premier sera l’étoile de Jeanne et le deuxième, l’étoile de Louise » leur dit-il. « Faites un vœu avant de les lâcher ». Nous regardons les lampions s’envoler de plus en plus haut jusqu’à devenir un tout petit point scintillant qui se perd dans la voute céleste. C’est magique !

 

Quittant Chiang Mai, direction Chiang Rai pour 2/3 jours. Il ne nous faut que quelques heures de bus local pour atteindre cette petite ville proche de la frontière avec le Laos et la Birmanie. Nous louons un scooter pour aller voir le fameux temple blanc et nous baigner dans une cascade. En chemin, nous nous arrêtons au bord de la rivière pour déjeuner sur des nattes en bambou au bord de l’eau. Nous sommes samedi et tous les thaïlandais sont de sortie. L’ambiance est festive, les familles se retrouvent, discutent, mangent des grillades pendant que les enfants se baignent dans l’eau. Nous sommes les seuls occidentaux et les filles ont beaucoup de succès. Le soir, nous dinons avec un couple franco-britannique très sympa d’une cinquantaine d’années, qui nous raconte leur projet d’installation à Chiang Mai.

 

 

Le deuxième jour, nous réservons un guide pour nous enfoncer plus profondément dans la campagne. Le programme de la journée est chargé : visite des œuvres de l’artiste Thawane Duchanee ; plantations de thé ; arrêt dans un village de la tribu Laon puis d’une tribu chinoise et découverte du triangle d’or (point frontière entre la Thaïlande, le Laos et la Birmanie) avec en prime la visite du musée de l’opium. Très belle journée mais nous terminons sur les rotules.

 

 

Notre périple en Thaïlande du Nord touche à sa fin. Pour passer au Laos, nous nous dirigeons vers la ville frontière de Chiang Khong au bord du Mékong. Nous y passons deux nuits et croisons le chemin d’une famille américaine avec deux enfants avec qui des liens d’amitié se créent. Nous nous suivrons pendant quelques jours en Thaïlande puis au Laos (histoire à suivre dans notre prochain chapitre sur le Laos…)

 

Cette étape de notre tour du monde fut belle et riche, notamment en raison des nombreuses rencontres que nous avons faites. Nous réalisons que la rencontre de l’autre est vraiment une des richesses de ce voyage. La rencontre avec un grand R. Non pas le touriste mais l’autre : le voyageur, l’étranger, le local, l’habitant, le résident, celui de passage ou celui qui a posé ses valises … de toutes nationalités, de tous horizons, que nous n’aurions à priori eu aucune chance de rencontrer dans notre univers.

 

Nous nous rendons compte aussi que la rencontre est facilitée par le fait de voyager en famille, particulièrement avec des jeunes enfants. Notre statut devient particulier, nous sommes un phénomène bizarre au milieu de ce monde en perpétuel mouvement. Étrangeté de prendre 8 mois dans sa vie pour voyager, de plus avec ses enfants, alors que le monde tourne et qu’on court tous après le temps. Voyager au rythme d’une famille, avec ses règles, ses contraintes, est à part. Les gens sont surpris, curieux, intrigués mais ils trouvent toujours cela super. Une véritable chance ! Certains nous parlent de courage, d’audace. Cela nous paraît bien loin de nos motivations. Finalement, c’est bien plus simple que ça. Et puis, les filles sont les clés des nombreuses rencontres. Elles ouvrent les portes, font tomber les barrières et les gens succombent à leur charme, le charme universel de l’enfant. Nous remarquons qu’elles ont pris l’habitude de nouer des liens très rapidement avec les adultes et les enfants que nous croisons, sans être particulièrement affectées de laisser leurs petits copains derrière elles lorsque nous partons. Elles n’ont absolument aucune barrière. Cela nous oblige de temps à autre à leur rappeler qu’il faut cependant garder une certaine distance, par respect, par pudeur, voire par sécurité. Nous pourrions nous dire que c’est dans leur tempérament mais pas seulement. D’ailleurs nous avons été surpris de voir que tous les enfants que nous avons croisés, faisant des tours du monde, ont ce même élan pour la rencontre.

 

Et nous, et bien nous sommes aussi dans le même état d’esprit finalement. Nous acceptons ces rencontres éphémères, conscients qu’elles font partie d’une parenthèse. Ces rencontres qui appartiennent à ce temps et qui ont donc un caractère unique. Uniques car impromptues, spontanées, désintéressées …Comme si le voyage nous rapprochait des autres, comme si nous avions quelque chose en commun, peut être des valeurs, surement des envies, une appétence, une soif de … Conscient du caractère unique de la rencontre tant dans le temps que dans l’espace, cela rend plus généreux dans les échanges, plus honnêtes, comme si nous n’avions pas besoin de prendre nos masques pour apparaître, comme si être soi-même était plus simple car sans lien avec notre vie passée et future.

 

On croit faire le tour du monde mais en réalité, on fait le tour des hommes. On côtoie des peuples divers, on entend parler toutes les langues, on mange toute nourriture, on se frotte à différentes couleurs de peau. C’est une véritable mosaïque humaine. Ce kaléidoscope humain vaut largement celui des paysages que nous admirons… Il en est même supérieur…