Le Laos, ou la douceur d’un pays tranquille.

 

Le Laos, surnommé « le pays du million d’éléphants », est un pays enclavé et étiré entre la Chine, la Thaïlande, le Vietnam et le Cambodge. Il est constitué de montagnes, de forêts, de hauts plateaux et est traversé par le Mékong et ses affluents. Le pays est réputé pour sa douceur de vivre et la gentillesse de ses habitants. Les gens vivent ici vraiment  « tranquillement ».

Notre arrivée au Laos se fait depuis la Thaïlande par la ville de Chiang Khong. Nous restons 2 jours à la frontière pour préparer notre itinéraire et profiter du calme de cette petite ville au bord du Mékong. Une fois la frontière passée, l’idée est de descendre pendant 2 jours le Mékong, en slow boat, jusqu’à la ville de Luang Prabang.

 

 

Le passage à la frontière n’est pas très compliqué mais composé de nombreuses étapes quelques peu fantasques : Prendre un tuk tuk pour rejoindre le poste frontière, coté Thaïlande ; prendre un bus de 2 mn pour passer sur le pont qui mène vers l’autre rive, coté du Laos ; faire les visas ; reprendre un tuk tuk pour enfin rejoindre l’embarcadère et le bateau qui doit nous emmener à Luang Prabang. Nous pouvions craindre quelques tentatives de racket mais finalement le petit circuit se déroule sans encombre.

 

Nous voilà donc installés dans le slow boat pour 2 jours sur le Mékong. Durée du trajet : 6 heures le premier jour et 8 heures le deuxième. Il va falloir faire preuve d’imagination pour occuper les filles pendant tout ce temps ! Nous faisons le trajet avec la famille américaine, les Morris, que nous avons rencontrée au nord de la Thaïlande et pour qui nous avons eu un vrai coup de coeur. Leurs deux enfants, plus âgés que les filles, se prêtent toutefois avec beaucoup de gentillesse aux jeux proposés par les filles et leur apprennent en retour quelques jeux « made in USA ».

 

Pendant le trajet, on se laisse bercer par la monotonie du paysage, monotonie parfois rompue par la vie aux abords du Mékong : villages, enfants jouant dans l’eau, pêcheurs jetant leurs filets, orpailleurs agitant leurs tamis… Un grand calme règne sur les rives du fleuve, bordé de part et d’autres par une forêt dense. Plus les heures passent, plus les échanges entre passagers se multiplient. Les filles et les petits américains jouent au UNO avec quelques backpackers anglais… et l’on se dit que tout le monde commence à fatiguer lorsque qu’en fin de journée, la moitié du bateau se met à chanter « frère jacques » en choeur !

 

 

Le deuxième jour, nous accostons à 16h à une dizaine de kilomètres du centre ville de Luang Prabang. Nous sommes obligés de prendre un tuk-tuk avec un prix fixe assez cher… pour nous faire débarquer là où le chauffeur l’a décidé… c’est à dire dans le centre ville de Luang Prabang.

 

Luang Prabang, petit joyau du Nord du Laos

Luang Prabang est très agréable. Tout est harmonieux dans cette petite ville : son architecture coloniale, le chant des moines le matin et le soir, l’eau du Mékong et de la Nam Kham river qui encercle la ville…. Les nombreuses pagodes ou « Vat » sont parmi les temples bouddhistes les plus sophistiqués de l’Asie du Sud-est et sont magnifiquement décorées. Puisque nous nous y sentons bien, nous décidons d’y rester 3 jours, d’aller ensuite faire une virée un peu plus au nord du pays puis de revenir à Luang Prabang quelques jours avant de poursuivre la suite de notre itinéraire laotien.

 

Nous apprenons que la famille Simon, que nous avions rencontrée en Nouvelle Zélande, est également à Luang Prabang. C’est vraiment sympa de les retrouver plusieurs mois après les avoir croisés… Nous nous donnons RV pour une soirée à Utopia, restaurant zen de la ville situé au bord de la rivière. Les Simon ont trois filles, pleines de peps, âgées de 7, 8 et 9 ans. Voilà donc 5 petites têtes blondes courant partout, contentes de pouvoir jouer ensemble. Pendant ce temps, nous passons la soirée avec les Simon et les Morris à nous raconter nos aventures.

 

 

Le lendemain, on garde les mêmes (la famille Simon, la famille Morris et la famille Chantérac) pour une virée aux cascades de « Kuang Si Waterfall ». A l’entrée du parc, nous longeons un enclos où se trouvent des ours recueillis et sauvés du braconnage. Les enfants sont ravis. Quelques mètres plus loin, nous voilà devant le premier plateau de la cascade. Le site est magnifique, l’eau est turquoise, la végétation est luxuriante… On se croirait presque dans le jardin d’Éden ! Certains bassins sont ouverts à la baignade et il y a même des petits poissons qui viennent nous grignoter les peaux mortes des pieds. Mmm !

 

 

L’après-midi, nous déambulons à Luang Prabang au hasard des ruelles, découvrant les richesses historiques de la ville, ses moines, ses maisons coloniales, ses temples, les rives du Mékong et ses jolies lumières. Nous terminons la journée en rejoignant nos amis au marché de nuit pour un diner buffet à volonté à 1€ par personne. C’est la fête !

 

 

Ban Simoun koun village, ou la vie au rythme des Laos

 

Le temps est venu de rejoindre un petit village Lao situé à 80 km de Luang Prabang. Nous allons passer 6 jours chez Joël et Noy, un couple franco-lao.

 

Après 2 heures de bus local dans un véhicule brinquebalant, nous sommes lâchés à un pont perdu dans le nord du pays. Joël, chez qui nous nous rendons, est là pour nous accueillir. C’est en pirogue que nous allons rejoindre le village de Ban Simoun Koun, composé d’environ 200 habitants. Il se situe au bord de la rivière et au milieu de collines verdoyantes.

 

 

Une fois installés, nous faisons la connaissance de la femme de Joël, Noï et de Maly, une petite fille de 1 an qu’ils ont adoptée. Leur accueil chaleureux nous met tout de suite à l’aise. En début d’après-midi, deux autres voyageurs nous rejoignent. Thierry et Corine sont médecins urgentistes dans la région parisienne et en vadrouille pour 6 mois en Asie. Nous découvrons un couple adorable et passionnant. Encore une jolie rencontre !

 

Pendant 6 jours, nous allons vivre au rythme de ce village : balades, échanges avec les villageois, jeux avec les enfants, et tous les soirs, le rendez-vous incontournable du fameux bar du village où certains se retrouvent, jouent à la loterie nationale ou se racontent leur vie et leurs petits problèmes. Tout cela se fait dans un mélange de lao, français, anglais et langage des mains. On finit par se faire comprendre. Un autre moment que nous aimons particulièrement est la baignade de fin de journée dans la rivière. C’est l’équivalent des bains publics : les enfants jouent dans l’eau, les grands font leur toilette et certaines femmes font la lessive. Bref, on prend le temps de vivre au rythme Lao … Et ça, pour notre plus grand bonheur !

 

 

Durant ce séjour, Joël nous emmènera une journée dans des villages et tribus alentour, une autre faire des courses dans le marché local le plus proche et une troisième, marcher à travers la jungle environnante.

 

« Bienvenue en terre inconnue ». Nous voilà partis à la découverte de villages et tribus plus reculés. Nous remontons la rivière en pirogue à travers les montagnes et plantations. Joël nous raconte que les gens du village viennent parfois pique-niquer au bord de la rivière. Ils ne prennent que le riz et quelques condiments avec eux et trouvent tous les autres ingrédients sur place dans la nature. « Ils ont une parfaite connaissance de leur environnement » nous dit-il. Certains pêchent des crustacés, d’autres vont cueillir les légumes et ils se préparent un super repas. Quelle liberté ! Tout au long du chemin, Joël nous explique la façon de vivre de ces peuples, leur quotidien et nous nous arrêtons pour voir leurs plantations.

 

 

A l’approche du premier village chez les Laoleu, nous passons à coté d’un petit barrage confectionné avec des pierres. L’hélice permet d’alimenter le village avec un peu d’électricité. Et oui, bien que le pays soit réputé pour ses barrages, ces petits villages reculés n’ont pas l’électricité. Nous sommes accueillis par les enfants, mais aussi par les anciens et allons au cœur du village pour déjeuner. Nous assistons au filage et au tissage du coton. Les filles sont hypnotisées par l’agilité de ces femmes et nous, par leur grâce et leur savoir faire ancestral.

 

 

Le déjeuner terminé, nous revoilà en route pour le second village, celui des Mong. Le village est encore plus pauvre, les enfants courent dans la boue, sont habillés d’un rien et  quelques gros ventres nous laissent même imaginer la malnutrition de certains … Mais toujours ces visages souriants… Pendant que les filles font la connaissance des enfants, nous sommes invités par le chef de la tribu à nous asseoir un moment. Il a 7 femmes. Son visage est lumineux. Il fume une pipe artisanale et entre quelques bouffées, nous interpelle sur nos enfants. Pour lui, comme pour de nombreux lao, les enfants blonds à la peau claire sont une curiosité. Certains bébés ou petits enfants, qui n’ont encore vu que très peu de blancs, ont d’ailleurs peur de nous.

 

 

Dernière étape de cette journée, le village des Kamou ou Laoteun. L’accueil est encore plus chaleureux. Nous sommes rapidement suivis par une horde d’enfants, curieux, espiègles, pour certains un peu timides. On entend des rires et on sent de la joie … Les enfants n’ont rien ou presque mais inventent des jeux avec trois bouts de ficelle : un cerf-volant avec un sac en plastique, des élastiques en guise de billes, une pétanque avec lancer de tong… On les sent libres, ils vagabondent ensemble à travers le village et les parents ne sont pas inquiets de savoir où ils sont… Les grands s’occupent des petits, les petits des touts petits…. Quelle journée !

 

 

« Petites emplettes au marché des merveilles »

Au marché du village, on vend un peu de tout. Légumes et herbes magiques, pousses de bambous croquants, champignons étranges, poisons -chats géants, rats rôtis, hamsters à la broche, crabes translucides, chats sauvages, crapauds baveux, sans oublier les épices multicolores. Tout ce qui se chasse et se ramasse se mange et les filles découvrent avec surprise et un peu de dégout, cette caverne aux mille mets étranges.

 

 

 

« Voyage au cœur de la jungle »

Cette petite excursion devait être une promenade de santé, mais c’était sans compter la gastroentérite qui frappa l’ensemble de notre équipe d’aventuriers !! Prenant notre courage à deux mains, nous décidons de ne pas faiblir devant le challenge. Et c’est sous une chaleur de plomb, que nous partons, machette à la main, remonter une rivière les pieds dans une eau marécageuse. Nous nous frayons un chemin à travers les fougères, écartant les lianes, escaladant quelques rochers pour nous enfoncer davantage dans la forêt tropicale. Au détour d’un chemin, nous croisons un agriculteur bêchant courageusement sa parcelle de terre à flanc de colline. Le travail est titanesque et on se rend compte de la pénibilité de leur labeur. Continuant notre chemin, nous nous arrêtons dans une petite hutte de bambou, au milieu de nulle part pour boire et écouter les bruits de la nature. Le Laos est un pays où il existe encore des forêts sauvages, où seul l’initié arrive à s’aventurer. Nous goutons un peu de ce bout du monde. Après 3 heures de promenade, nous retrouvons le village avec soulagement !

 

 

C’est l’heure de dire au revoir à Joël. Lorsqu’on vient chez Joël, c’est un peu comme si on venait chez un vieux copain, sauf que Joël, on ne l’a jamais vu avant. C’est un de ces personnages qui a eu mille vies, mille métiers, mille pays… On pourrait écrire un roman sur lui. On s’étonne de la générosité et de l’authenticité avec laquelle il nous a fait partager sa vie au village et ses connaissances sur les coutumes lao. Notre séjour touche à sa fin et nous quittons toute la petite famille avec émotion, conscients du super moment que nous avons pu vivre grâce à eux.

 

Cette semaine à Ban Simoun koun et la visite des autres villages nous laissent songeurs.

Nous avons été impressionnés par les enfants que nous avons croisés. Lorsque les filles sortent leurs légos, ils jouent avec et leur rendent consciencieusement chaque petite pièce avant de partir ; lorsque nous leur donnons quelques bonbons, la distribution se fait dans le calme et les enfants qui arrivent trop tard ne réclament rien. Autant dire que les jérémiades de nos deux chères têtes blondes ont été plus difficiles à vivre cette semaine là pour nous !

 

Par ailleurs, il existe une certaine harmonie au sein de ces villages. Malgré des conditions de vie difficiles, on sent les gens heureux. L’idée selon laquelle le bien-être matériel nous éloignerait du vrai sens de la vie nous effleure l’esprit. D’où vient ce bonheur ? Quand on demande à Joël ce que l’on pourrait apporter aux Lao de son village, il nous dit qu’il ne sait pas très bien. Et quand on le questionne sur les ingrédients de ce bonheur, il nous répond que la question est difficile. Il nous explique d’abord que l’esprit de communauté est très fort et que l’esprit de propriété est moins marqué que chez nous… « Les uns viennent chez les autres sans demander, se prêtent le matériel, unissent leurs forces pour améliorer la vie du village » Il nous dit aussi que la terre du Laos est suffisamment fertile pour que tous puissent se nourrir à peu près correctement. Enfin, il souligne le fait que les Lao ont une grande maîtrise de leur environnement. « Ils sont tous capables de construire leur maison, de réparer leur scooter, de reconnaître les plantes dans la nature et leurs usages… Bref, ils s’autosuffisent »

 

Intrigués, nous lirons aussi sur le sujet et comprendrons que la place du spirituel si importante en Asie, y est également pour beaucoup. Qu’ils soient bouddhistes, animistes, hindouistes ou un mélange de tout cela, la philosophie générale qui semble s’en dégager est de vivre avec ce que l’on a. Certains diront qu’ils s’accommodent des obstacles et se résignent un peu à leur sort, d’autres argueront que la pauvreté les incite à se concentrer sur les relations qu’ils ont avec leurs enfants, leurs dieux et leurs amis, lesquelles deviennent plus chargées de sens avec le temps. Le constat est là et sans appel, ils vivent l’instant présent et semblent vraiment heureux.

 

Retour à Luang Prabang avant de partir vers le sud du pays. Il fait tellement chaud que nous allons déjeuner deux jours de suite, dans un hôtel avec piscine pour nous rafraîchir. Autrement, nous prenons plaisir à nous promener dans les marchés locaux, les petites ruelles, les temples, la rivière… Un matin, le réveil sonne plus tôt que d’habitude. Il est 5h30 quand nous sortons assister à l’aumône des moines. Chaque jour, au lever du soleil, le même rituel se répète : dans un silence religieux, les bouddhistes viennent se poster devant leur maison, et attendent l’arrivée des bonzes. Devant chaque demeure, les moines présentent leur panier pour recevoir les offrandes de nourriture (du riz mais aussi gâteaux, fruits et confiseries) pour leur journée. Il faut savoir que les moines ne vivent que de l’aumône et n’ont pas le droit de gagner ni de dépenser de l’argent. Le temps est venu de continuer notre périple.

 

 

Vang Vien, la fantaisiste

 

Nous voilà à Vang Vien, petite ville du Laos située entre Luang Prabang et Vientiane, sur les bords de la Nam Song river. Cette ville fut réputée pendant longtemps pour être le Rdv des voyageurs fêtards où l’alcool coulait à flot et où l’on trouvait opium et marihuana à profusion. Tout ceci est presque terminé et le gouvernement a fait diminuer tous ces excès. Vang Vieng est d’abord un petit paradis aux paysages somptueux, sorte de mini-baie d’Halong terrestre mais aussi un endroit où il fait bon vivre et laisser le temps passer.

 

 

Nous partons à la découverte des alentours au moyen de deux petites motos de location. Deux boucles, est et ouest, offrent l’opportunité de parcourir d’immenses rizières d’un vert émeraude, s’étalant au pied de hauts massifs de jungle. Nous sillonnons d’abord la boucle Est. En fin de journée, des nuages noirs commencent à s’amonceler. Le vent se lève, agitant les arbres comme des pantins désarticulés et une chape de froid se met à tomber. On accélère le rythme, de peur de se faire tremper. Les paysages sont superbes… Concernant la boucle Ouest, Florent responsable de l’itinéraire, nous perd dans la campagne environnante pour le plus grand agacement d’Aurélia. Les pistes sont en mauvaises état et nous finirons la journée avec quelques douleurs lombaires !

 

 

Nos escapades dans les alentours de Vang Vien nous donnent aussi l’occasion de passer une après-midi au « blue lagon », connu pour son eau turquoise. Les filles enchainent d’abord des plongeons dans l’eau, balancées par une corde, puis, nous partons jouer les petits spéléologues en herbe dans la gigantesque grotte de Tham Poukham. Frontale sur la tête, nous découvrons un bouddha couché, éclairé par un léger faisceau lumineux et passons une bonne partie de l’après midi à explorer les différentes salles et galeries de cette grotte immense. Super !

 

 

Petit séjour au paradis des animaux.

 

Sur les conseils de Joël, nous décidons d’aller passer 2 jours au Nirvana eco-lodge dans le village de Ban Tha Hua à 20km de Vang Vien. Un petit coin perdu au bord d’un lac de plus de 50km de long. Le propriétaire s’occupe d’animaux sauvés du braconnage : singes, chats sauvages, oiseaux rares et, a même recueilli récemment un bébé ours. Assez unique de voir un petit ourson se promener en liberté le matin au petit déjeuner sur la terrasse et se dire que dans 6 mois, il pèsera 100 kilos et qu’il ne pourra plus être approché car il aura repris son côté sauvage.

 

 

L’endroit est paisible et de nombreux voyageurs au long cours ont fait un stop sur leur parcours dans ce petit coin de nature. Toutes la nationalités se côtoient, Lao, Australiens, Anglais et oh surprise, des français qui habitent à deux rues de chez nous en France. Le monde est petit. Nous passons 2 jours bien agréables à échanger avec tous ces voyageurs, nous baigner dans le lac, aller voir l’île aux singes : une île sur laquelle le propriétaire a remis certains singes en liberté.

 

 

Cette jolie parenthèse se termine. Direction Ventiane, la capitale du pays, pour ensuite rejoindre Paksé plus au sud. Pour cela, nous prenons un bus de nuit. Notre bus, rafistolé à coup de scotch et de rivets, n’a pas fière allure et nous ne sommes pas très rassurés au moment de partir. Ceci dit, notre espace couchette de 6 M2 rien que pour nous est plutôt bien aménagé et d’un confort correct. Au final, nous nous endormons rapidement et passons une nuit presque normale. Rapide passage à Vientiane, visite d’un temple et nous reprenons la route.

 

 

Roadtrip de 3 jours sur le plateau des Bolovens

 

Paksé est le point de départ de la visite du temple Wat Phou ou du plateau des Bolovens. C’est d’ici que nous partons faire un roadtrip en scooter pendant 3 jours, découvrir ce plateau montagneux à 1500 m d’altitude ; réputé pour ses villages ruraux, ses cascades, et ses plantations de café, thé et hévéa. Nous optons pour faire la petite boucle en sens contraire, soit 230 km en 3 jours. Nous voilà donc sur la route avec nos deux scooters, cheveux au vent. La route est bitumée, donc confortable. La fraîcheur de l’air due à l’altitude nous surprend. Nous redécouvrons des odeurs et surtout des fleurs. Nous nous arrêtons pour notre première étape, aux magnifiques chutes d’eau de Tad Champi et de Tad fan. Nous restons bien 3 heures à Tad Champi à nous baigner, jouer avec un radeau, écouter le grondement de l’eau et le bruit de la forêt sauvage. Sieste pour Jeanne, pause lecture pour les autres. Nous sommes au Paradis. Le temps passe et la nuit commence à tomber. Petit crochet pour voir la chute vertigineuse de tad Fan et nous repartons rapidement vers notre guest house à Pakson. Nous arrivons de nuit, pas très rassurés, sous la pluie qui commence à tomber. Le lendemain, direction Tad lo à 70 km, joli petit coin de nature. Notre logement est simple mais avec du charme et au bord de la rivière. L’après-midi se déroule paisiblement : balade au bord de l’eau, baignade des éléphants, coucher de soleil, jeux avec les enfants du village. Le troisième jour, nous regagnons Paksé en nous arrêtant chez Mister Vieng, pour déguster un café glacé. Nous profitons des explications du propriétaire sur la culture du café pendant que les filles dorlotent des bébés ratons laveurs. Le soir, nous dinons sur le toit d’un hôtel de Paksé avec Corine et Thierry que nous avions rencontrés chez Joël. Un vrai plaisir de les retrouver.

 

 

Les 4000 iles, petits bouts de terre au milieu du Mékong.

 

Notre périple au Laos se termine aux 4000 iles, petits confettis de terre au milieu du Mékong. Seules trois de ces iles sont habitées et nous décidons de poser nos valises sur la plus familiale. Pour se déplacer, tout se fait en vélo ou par bateau et cela contribue à l’atmosphère si douce, calme et paisible de l’endroit. Nous retrouvons la famille Simon qui nous avait devancés et filons avec eux découvrir une plage « secrète » qui permet de se baigner dans la rivière sans courant. Le temps est lourd et ce petit coin est une aubaine. Nous sommes seuls et les enfants s’en donnent à cœur joie. Nos amis partent le lendemain vers le sud du Cambodge et nous savons alors que nous ne les croiserons plus. Ciaobyebye les Simon, bonne route et qui sait, RDV peut être en France !

 

 

Le Laos est définitivement le pays des rencontres puisque le lendemain, nous faisons la connaissance d’une autre famille avec 4 enfants faisant aussi un tour du monde. Encore une rencontre de qualité et de jolis moments partagés qui se poursuivront au Cambodge. Suite au prochaine épisode !

 

S’il fallait retenir quelques découvertes de ce passage au Laos, c’est avant tout et toujours les hommes. Les voyageurs mais aussi le Lao, avec sa gentillesse, son sourire, sa douceur, sa nonchalance et avec son bonheur rayonnant apparent. Mais c’est aussi l’apprentissage d’un autre rythme, du temps présent sans projection dans le futur, de l’approximation, d’horaires très fantaisistes et aléatoires, bref d’un autre temps.