Indonésie – java

 

Dernier pays de notre tour du monde : l’Indonésie. Nous avons la chance d’y rester 1 mois et demi.

 

Situé entre le continent asiatique et l’Australie, l’archipel indonésien est vaste comme quatre fois la France. Les plus grandes îles du pays sont Java, Sumatra et Kalimantan (Bornéo), Sulawazi (ou Célèbes) et la Nouvelle-Guinée (dont la partie occidentale est indonésienne). L’une des originalités du pays est la diversité de paysages, de culture que l’on rencontre sur chaque île. La taille du pays offre donc de nombreuses options en terme d’itinéraire.

 

Nous décidons de nous rendre sur l’île de Java, riche en volcans et en sites archéologiques, pour ensuite découvrir les îles de Bali et de Lombok, connues pour leur douceur de vivre et la beauté de leurs paysages.

 

 

Yogyakarta, la culturelle.

 

De Malaisie, nous prenons un avion pour Yogyakarta évitant ainsi la capitale Jakarta, qui n’a pas beaucoup d’intérêt. En arrivant à l’aéroport, nous découvrons que nous devons payer un visa hors de prix. Depuis un mois, le visa est gratuit pour les Français mais le principe n’est appliqué que dans les plus gros aéroports (Jakarta, Denpasar, etc.) C’est absurde mais nous n’avons pas le choix, il faut débourser une centaine de dollars. Nous sommes d’autant plus désabusés que l’on sait que nous devrons payer à nouveau, pour notre extension de visa car nous restons plus d’un mois dans le pays. Cela commence bien ! Allez, on se ressaisit et on file vers notre guest house située en bordure de la veille ville.

 

Une fois installés, nous prenons deux vélos et allons visiter la ville. Circuler à vélo n’est pas chose aisée et cela fait une drôle d’impression de se retrouver coincés entre les becaks (cyclopousse locaux), les voitures et les centaines de scooters. Une fois sortis des grosses artères, la ville est charmante et nous prenons plaisir à nous perdre dans les petites ruelles. Nous aimons particulièrement nous faufiler dans celles de la cité royale.

 

 

Le premier jour, nous déjeunons dans l’une des maisons royales, transformée en restaurant. Les filles s’essayent avec joie au gambang, xylophone traditionnel et nous terminons notre repas par une visite privée des appartements et parties communes.

 

Il faut savoir que Yogyakarta est toujours la capitale des sultans de Java. Ainsi, le sultan, Sri Hamengkubuwono, dixième du nom, est un personnage emblématique de la vie politique, culturelle et spirituelle de Java. Il habite au kraton, le palais royal de Jogjakarta, d’ailleurs ouvert aux voyageurs. Tout autour du palais, on trouve le village royal composé des petites habitations des 5000 personnes qui y vivent.

 

Les environs de Yogyakarta comptent de nombreux monuments remarquables : Le temple de Borobudur, qui est le plus grand temple bouddhiste du monde et qui a été construit aux alentours de 800 ; Le temple hindouiste de Prambanan ; Le palais Ratu Boko et des dizaines d’autres temples dispersés dans toute la ville. Parmi tous ces édifices, nous choisissons de nous rendre à Prambanan et Borobudur.

 

 

Les temples Javanais : Prambanan et Borobudur

 

Prambanan est situé à 45 minutes de la ville. Construit vers 850 par Rakai Pikatan, il est le plus grand ensemble hindouiste d’Indonésie. Ce site est connu pour ses trois temples principaux dédiés aux trois grandes divinités hindouistes : Shiva, Vishnu et Brahma, et ses trois autres temples dédiés aux animaux qui servent de monture à ces dieux. Nous parcourons les allées du temple à la recherche des statues et des fresques incrustées dans la pierre. Dès que possible, nous nous arrêtons à l’ombre pour récupérer car la chaleur est écrasante. Le site est majestueux et nous rappelle un peu la beauté du site d’Angkor.

 

 

Deuxième site : Borobudur. C’est au lever du soleil que nous souhaitons découvrir le temple. Nous allons donc dormir deux nuits au pied du site afin d’être parmi les premiers à assister au spectacle. Le temple est un sanctuaire dédié à Bouddha et un lieu de pèlerinage bouddhiste très réputé. C’est à la fois un stûpa géant (un empilement de pierres au cœur duquel est enfermée une relique du Bouddha), et vu du ciel, un mandala immense (forme géométrique remplie de symboles). Le temple est composé de neuf plates-formes qui représentent les étapes de la vie de Bouddha. Ce qui rend cet endroit si spécial est évidemment son aspect majestueux, la beauté des sculptures mais surtout l’harmonie qui s’en dégage. Il est 4 heures du matin… Nous partons, lampe de poche à la main, traverser le parc qui entoure le sanctuaire. La lune est ronde et laisse peu à peu deviner une montagne de pierre qui sort de l’ombre. Nous gravissons les marches abruptes de l’édifice afin d’atteindre le sommet. Du haut de la plateforme, au clair de lune, nous pouvons deviner la campagne vallonnée alentour et le volcan Merapi qui domine au loin du haut de ses 2900 mètres. Voir la nature se réveiller et sortir de la brume, les premiers rayons du jour transpercer les nombreux petits stupas en forme de cloches disséminées au sommet de la plateforme, est vraiment magique. Nous resterons là plusieurs heures dans le silence du petit matin, emportés par l’atmosphère zen et mystique du lieu.

 

 

Borobudur mérite également la découverte de ses alentours. Nous louons des scooters et partons sillonner la campagne. Notre balade nous permet de traverser différentes cultures (clou de girofles, café, légumes, rizières) et des petits villages à l’habitat traditionnel. L’un de ces villages est connu pour sa poterie. Nous nous y arrêtons observer quelques potiers et les filles s’essayent au façonnage de la glaise.

 

 

Yogyakarta, suite et fin.

De retour à Yogyakarta, nous organisons notre périple vers le Mont Bromo et le Mont Idjed. Rejoindre ces volcans n’est pas simple en terme de logistique. Après avoir étudié plusieurs options et essayé de monter notre périple par nous même, nous décidons finalement de prendre un package dans une agence locale en l’adaptant un peu à nos souhaits ; plus simple et assez économique. Une fois cela acté, nous partons faire du shopping pour nous équiper pour nos treks sur les volcans. En effet, au Cambodge, nous avons renvoyé un certain nombre de nos affaires chaudes afin de nous alléger, oubliant ces étapes de randonnée dans les sommets Indonésiens. Il fait 4 degrés en haut du Volcan Bromo et un peu plus, en haut de l’Idjed. Nous achetons des baskets pour les filles et l’on nous dit qu’il est possible de louer des manteaux, bonnets… sur place. Nous voilà d’attaque pour gravir les cimes. Nous en profitons aussi pour flâner sur Jalan Malioboro, l’avenue principale de Yogakarta, où l’on retrouve tous les magasins et artisans vendant les batiks, peintures aux motifs bien particuliers sur tissus multicolores.

 

 

 

Le Mont Bromo, spectaculaire et magique

 

Il y a des endroits dans le monde qui font rêver et pour lesquels nous sommes prêts à traverser la planète. Des endroits mythiques pour tous ceux qui aiment les paysages grandioses, les espaces désertiques ou encore la randonnée. Le Mont Bromo en fait partie. La majorité des gens prennent l’option 4×4 pour aller se faire déposer sur le point de vue et ensuite voir le cratère ; nous optons pour l’option randonnée sans guide. C’est l’aventure et nous avons le temps. (Nous restons deux nuits sur place.) Après un trajet éprouvant de 12h00 en mini van, nous arrivons vers 21h00 au village situé au pied du volcan Bromo. Il fait froid et les chambres ne sont pas chauffées. Brrr… Diner rapide, achat de bonnets et d’écharpes, location de manteaux et nous filons sous la couette car la nuit sera courte.

 

3h15 du matin, le réveil sonne. Nous nous équipons pour partir à l’assaut du point de vue qui permet d’admirer le lever de soleil sur le volcan. En fait, il existe deux points de vue. Le plus haut est extrêmement fréquenté car c’est là que les jeeps déposent la horde de touristes. Le plus bas est accessible à pied et beaucoup plus tranquille. C’est vers celui-ci que nous nous rendons. La nuit est noire, la lune éclaire timidement la montagne et nous traversons le village dans un silence inhabituel. Nous sommes seuls sur le sentier et nous savourons ce moment. Ce silence ne dure pas car dès que le dénivelé se fait plus fort, les gémissements de Jeanne se font également plus fort. Elle n’apprécie pas vraiment le froid combiné à l’effort à fournir en pleine nuit !! Ceci dit, 1h30 plus tard et après de nombreux encouragements, nous y sommes. Une vingtaine de personnes sont déjà là et le silence religieux qui règne sur la plateforme augure d’un moment particulier.

 

 

En face de nous, les volcans se dévoilent : le Botok au premier plan, le Bromo et son large cratère fumant à ses côtés, le grand Semaru au loin. La caldeira recouverte de nuages accentue l’aspect féérique de ce spectacle. Le soleil se lève et peu à peu les couleurs apparaissent, mélange de bleu, de blanc, de gris, de taupe et de vert. On est hypnotisé par ce spectacle. Jeanne en profite pour faire un petit somme, se réchauffant doucement avec les rayons du soleil naissant. Nous restons là, contemplatifs, pendant plusieurs heures. La caldeira perd peu à peu son manteau de nuages et laisse apparaître une plaine désertique de sable gris. Le temps est venu de redescendre prendre notre petit déjeuner avant d’aller attaquer l’ascension du Mont Bromo. Le retour à l’hôtel est très sympa car on découvre de jour la route que nous avons empruntée à l’aller. Tout s’anime, nous passons à travers des villages, des potagers, des plantations, les animaux courent sur la route et le soleil nous réchauffe enfin.

 

 

Petit déjeuner pris ; nous partons à l’assaut du Mont Bromo vers 9h30. Après 30mn de descente abrupte, nous arrivons sur la caldeira, souvent appelée « mer de sable ». En effet, le sol est entièrement composé de sable mêlé aux cendres qu’a crachées le volcan. Ce sable est si épais qu’il ne pousse rien, même pas de l’herbe. Au milieu de cette étendue immense se dresse le mont Bromo. Ce paysage désertique donne l’impression d’un décor de western. Nous croisons d’ailleurs quelques « cowboys » proposant leurs services. Pour les moins sportifs, les chevaux permettent de faire la moitié du chemin sans trop se fatiguer. Les proportions sont si grandes qu’on a l’impression de faire du surplace, de ne pas progresser. Après une heure de marche, nous arrivons enfin au pied du mont Bromo. Notre timing est parfait puisque lorsqu’on s’apprête à gravir les 245 marches menant au sommet du volcan, la grande majorité des touristes a déjà quitté les lieux. Le Bromo est alors presque entièrement à nous.

 

 

En haut, la vue panoramique sur le cratère, les volcans et la mer de sable est sublime. Les habitants de la région sont encore bouddhistes et on aperçoit au pied du volcan un temple. On y vient régulièrement faire des offrandes pour les dieux du volcan. Trace des croyances et superstitions envers les forces naturelles de la nature. Nous regagnons toujours à pied notre guest house et nos jambes commencent à être lourdes. Au total, nous aurons tout de même fait 6 heures de marche…

 

 

Le lendemain nous repartons pour 7 heures de route, direction le Mont Ijen.

 

 

Le Mont Kawah Ijen, ses fumées, son soufre et ses porteurs.

 

Le Kawah Ijen est connu pour sa mine de soufre et ses flammes bleues que l’on peut voir s’élever du lac du cratère uniquement lorsqu’il fait nuit noire. Il faut partir très tôt, soit à 1 heure du matin, pour les voir et l’on se dit que cela sera trop difficile pour les filles.

 

Le départ est tout de même à 4h du matin… Nous partons donc pour une deuxième ascension de nuit. Nous empruntons un large sentier qui monte en lacets dans la verdure. Le paysage est beau et on voit la végétation sortir de la brume. Sur le chemin nous croisons des porteurs de soufre qui croulent sous leurs charges. Lorsque les vapeurs s’échappent du cratère, le soufre qu’elles contiennent se refroidit et passe à l’état liquide. Puis en se refroidissant davantage, se cristallise sous la forme d’amas prenant des teintes jaunes orangées. Malgré les conditions périlleuses, des villageois viennent alors récupérer des blocs pour les redescendre dans la vallée, où ils sont vendus, 680 roupies le kilo (soit 0,04 euros). Quelle vie ! En une journée, les mineurs font deux allers-retours. Le plus impressionnant ? Chaque chargement fait 70 à 80kg! Ces travailleurs ont une force, une résistance et un équilibre hors du commun.

 

 

Nous voilà arrivés en haut après 2 heures de marche. Cette fois, les filles effectuent l’ascension sans se plaindre et font même preuve de beaucoup d’entrain. Nous sommes très fiers ! Le spectacle est saisissant. Du haut du cratère, on aperçoit un lac acide bleu / vert émeraude, ainsi que la solfatare (zone de fumerolles rejetant d’importantes quantités de soufre). La fumée que l’on voit est de la vapeur de minerai de soufre, hautement toxique à fortes doses. Du coup, nous louons des masques à gaz. L’air est irrespirable et seul Florent décide de descendre tout au fond du cratère. Au fond, les yeux piquent, la gorge aussi, on a du mal à respirer et c’est dans cet enfer que travaillent laborieusement ces forçats du soufre. Ensuite, nous parcourons la crête du cratère en profitant de cette vue exceptionnelle sous différents angles. Nous apercevons notamment au loin le Mont Raung qui crache une épaisse fumée noire. Quel spectacle !

 

 

Et voilà, c’en est fini des volcans et de Java. Direction le bout de l’île pour prendre un ferry pour Bali. En traversant en voiture la campagne sous une pluie de cendres, nous nous rendons compte que l’irruption du Mont Raung n’avait rien d’habituel. Nous apprendrons par la suite que tous les vols de Bali seront annulés pendant 4 jours.

 

 

Ciaobyebye Java, île magique sur laquelle on se lève tôt !!! Les levers de soleil sur Borobudur, le Mont Bromo et le Mont Ijen font partie définitivement des plus beaux souvenirs de notre tour du monde.