Indonésie première partie : Le nord de Bali

 

Nous quittons Java la Musulmane, direction Bali l’Hindouiste. C’est encore un retour aux sources pour Aurélia qui a passé de nombreux étés sur cette île avec son père. Pour le reste de la famille, c’est une première ! Nous sommes très excités de découvrir cette destination mythique. Et puis, après 3 semaines de levers matinaux à crapahuter dans les temples et sur les volcans, nous sommes contents de retrouver un peu de nature et de bord de mer.

 

 

Réputée pour être un petit paradis sur terre, Bali est la seule île hindouiste d’Indonésie. Un hindouisme à la Balinaise… Mélange d’hindouisme indien et d’animisme autochtone. Ici, la religion se vit au quotidien. Plusieurs fois par jour, nous croisons les femmes portant sur leur tête les paniers fumant d’encens destinés à faire des offrandes aux esprits. Chaque ville, village et même chaque famille dispose d’un temple. Les statues religieuses sont partout… On perçoit donc rapidement la place prépondérante de la religion dans la vie des balinais.

Notre premier spot sur Bali est Permuteran

Débarqués sur le bord de la route par un bemo (taxi collectif), nous filons dans le petit hôtel réservé au téléphone la veille. L’hôtel dispose de bungalows très jolis et spacieux avec clim et douche en extérieur. Il vient d’ouvrir… Une aubaine qui nous a permis de négocier un prix imbattable…

 

 

La plage de sable gris (et brûlant sous les pieds !) est devant notre pension, à 200 m. En longeant la côte sur quelques centaines de mètres, on quitte les grands hôtels pour rejoindre le village de pêcheurs et les bateaux sur le rivage.

 

 

La station s’affiche comme un modèle d’écotourisme : ici, la survie des coraux est l’affaire de tous. La méthode Biorock qui consiste à stimuler la croissance du corail avec de l’électricité, est expérimentée depuis 2000. Nous sommes surpris de constater que cela fonctionne très bien ! Lorsque l’on plonge la tête sous l’eau, nous avons l’impression d’être dans un aquarium ! De beaux coraux se sont développés sur les structures métalliques et les poissons sont nombreux : poissons cochers, balistes, poissons anges, perroquets, poissons empereurs, picasso …

 

Permuteran est également réputé pour les fonds marins d’une petite île juste en face, situés dans la réserve naturelle. Le prix d’accès y est exorbitant mais nous succombons à la tentation et on ne le regrette pas. L’eau est d’une clarté incroyable. Nous plongeons le long du récif vers le grand bleu obscur. On se stabilise à 12 m et on se laisse dériver avec le courant. Défile alors devant nous cette paroi aux mille richesses marines : nudibranches, poissons multicolores, crabes translucides, crevettes fluorescentes, hippocampes et coraux multiples. Sans donner un coup de palmes, nous parcourons plusieurs kilomètres. Génial !

 

 

 

Reprenons la route ! Direction Munduk, à quelques kilomètres à l’intérieur des terres. Munduk est un ancien village néerlandais, sans attrait particulier, si ce n’est certains vestiges de l’époque coloniale. La région offre de jolis panoramas sur la vallée et sur les lacs Buyan et Tamblingan. Nous y restons 4 jours, le temps de quelques treks dans la campagne environnante, à travers les communautés rurales, les cascades, les rizières, les plantations de café, de cacao et de clous de girofle.

 

Depuis la montagne, nous roulons pour rejoindre le village de Tulamben sur la cote nord de l’ile, un peu plus à l’est.

L’endroit est fréquenté essentiellement par des plongeurs car la baie bénéficie d’eaux riches en plancton et offre un écosystème incroyablement varié. Par ailleurs, ce petit village de pêcheurs est devenu en vingt ans un des spots de plongée les plus connus au monde grâce à l’épave Liberty, bateau torpillé en 1942.

 

Nous n’avons encore jamais plongé sur une épave. C’est l’excitation ! Pour éviter la foule de plongeurs venus, comme nous, découvrir ce site renommé, nous optons pour une plongée de nuit. L’idée de se retrouver dans le noir abyssal face à un monstre de fer de plus de 120mètres de long nous impressionne à vrai dire un peu. Il est 5h00 du matin. Nous partons directement de la plage. Dans l’eau, nous apercevons assez rapidement la silhouette fantôme de l’épave grâce à nos lampes torches. La nature a repris ses droits et l’épave est désormais devenue un immense récif corallien. Les gorgones géantes, les anémones multicolores, ont pris leur place au milieu de cette carcasse métallique. Nous croisons une multitude de poissons et entre autres, des Napoléons, des barracudas et, grande première, des poissons perroquets à bosse. Nous restons subjugués par ce poisson venant des profondeurs de l’océan, qui n’est visible que de nuit. Sa morphologie nous fait penser à un poisson de la préhistoire. Nous savourons ce face à face et continuons à nous faufiler à travers l’épave, avec l’impression de voler autour d’un immeuble de fer. Le jour se lève, l’eau s’éclaircit… Nous commençons à apercevoir une multitude de petites lumières qui sont autant de plongeurs en train de gagner le site. Il est temps de rentrer. Quelle expérience !

Eblouis par cette plongée, nous décidons de recommencer le lendemain sur un autre site nommé « le jardin de corail ». Cela nous donne l’occasion de plonger dans un petit temple bouddhiste immergé et de nous retrouver encerclés par 3 requins à pointes noires. On reste immobile, bien 5 mn, à les observer tourner autour de nous… Leur corps est fuselé, leurs déplacements sont rapides et gracieux. Et, même si nous savons qu’ils sont inoffensifs, on se sent bien fébrile face à ces petits squales dans cet environnement qui n’est pas le notre. Tulamben nous aura décidément permis de vivre quelques plongées d’exception !

 

 

Nous terminons notre itinéraire sur la côte nord de Bali à Amed !

Amed est un petit village de pécheurs au bord d’une plage de sable noir typique du nord de Bali. Sur place, nous passons nos journées entre lever de soleil, balades en scooter et farniente. Nous faisons également du snorkeling (pas terrible) avec les filles. Nous apprenons que le corail a été dévasté par des années de pêche à l’explosif.

 

 

Depuis que nous avons rejoint Bali, nous avons parfois l’impression d’être plus en vacances qu’en tour du monde. Sentiment bizarre, peut être accentué par le fait que la destination Bali / Lombok soit la dernière de notre périple. Et puis, il faut dire qu’à Bali nous croisons plus de touristes que de voyageurs et nous entendons parler Français à tous les coins de rue (nous sommes au mois de juillet en pleine période de vacances scolaires).

 

En même temps, nous sommes séduits par la douceur de vivre, par ces petits restaurants de poisson délicieux, ces villages de pécheur qui gardent malgré les touristes leur vie authentique, par les rites, nombreux et envoûtants à Bali et par les balinais qui sont très accueillants et souriants.

 

 

Lombok

 

Nous quittons Bali pour quelques jours afin de rejoindre Lombok et, en premier lieu, les iles Gili à une heure de speed boat. Les îles Gili désignent trois îles d’Indonésie : Air ; Meno et Trawangan. Nous optons pour la plus familiale : Gili Air.

 

 

Nous avons trouvé une petite guest house modeste mais confortable, tenue par des français fraîchement installés. Nous partons à la découverte de ce petit paradis à vélo. Il n’y a ni voitures, ni scooters circulant sur l’île. Les gens se déplacent à pied (1h suffit pour faire le tour de l’île), en bicyclette ou en calèche.

 

Nos trois jours sur l’île, nous les passons à vélo donc et dans l’eau avec nos palmes, à la recherche des fameuses tortues marines de l’île. Florent, qui est le plus persévérant sous l’eau, a la chance d’en voir une, puis deux, puis trois. Il les suit un long moment, profitant de les voir évoluer et s’envoler au-dessus des fonds marins.

 

 

La péninsule de Lombok est située à une heure des Iles Gili en bateau. Le tourisme n’y est pas encore aussi développé qu’à Bali, ce qui fait de Lombok l’endroit rêvé pour s’éloigner du monde. L’île a également le troisième plus grand volcan de toute l’Indonésie, Le Mont Rinjani, qui culmine à 3726 mètres de haut avec un cratère formant un lac nommé Segara Anak. C’est un trek réputé mais hors de portée avec des enfants. Notre projet est d’aller dans le sud de l’île afin de découvrir ses paysages sauvages et ses plages quasi désertes.

 

 

Avant tout, nous devons refaire notre visa pour pouvoir prolonger de 2 semaines notre séjour en Indonésie. Et oui, cela fait déjà un mois que nous y sommes !

Pour ce faire, nous nous rendons à Senguigui, ville de la côte ouest de l’île, sans véritable charme. Les démarches à effectuer pour acquérir ce fameux sésame ne semblent pas si simples. On nous explique, en effet, qu’il faut absolument passer par une agence qui fait l’intermédiaire et facilite l’obtention, en échange de nombreux dollars. Nous apprenons aussi qu’il faut compter trois jours, entre la première démarche et le fameux tampon libérateur. Trois jours, c’est juste car notre visa expire exactement dans 3 jours et que tout retard est synonyme d’une amende. Ceci dit, nous ne lâchons rien et décidons, après avoir loué des scooters, d’aller au bureau d’immigration faire cela par nous même. Après quelques allers retours, des attentes interminables, dont une liée à une panne informatique de 4 heures au bureau de l’immigration, on nous délivre enfin le visa tant attendu.

 

 

Pas une seconde à perdre, direction le sud de l’île et Kuta Lombok, le paradis des jeunes surfeurs australiens. Sur place, nous n’avons pas tenté la session de surf, préférant vadrouiller dans les environs, plutôt déserts et photogéniques. Kuta Lombok nous a effectivement étonné par son côté sauvage : autant de chèvres que d’habitants, de très jolies plages peu fréquentées, de belles routes sinueuses… En revanche, nous avons moins aimé les meutes de chiens errants qui se battent entre eux, la pauvreté qui règne et donc les gamins qui vendent tout un tas de babioles avec beaucoup d’insistance…

 

Bali deuxième partie – centre et sud

 

Nusa Lembongan

L’heure est venue de quitter Lombok pour gagner à nouveau Bali et plus particulièrement l’île de Nusa Lembongan et son fameux spot Mantay Ray Point où l’on peut plonger au milieu des raies Mantas géantes. Nous débarquons après un voyage houleux durant lequel Jeanne et Aurélia ont été malade. Cette île est un véritable coup de cœur. Une île à taille humaine qui vit essentiellement de la culture d’algues, ce qui lui donne un petit air de Bretagne. Les villages sont restés authentiques, les plages sont cachées dans des petits recoins escarpés et il y a de très beaux spots de plongée et de snorkeling. On s’y sent bien !

 

La plongée avec les raies mantas est un des grands moments de nos expéditions sous-marines. Florent plonge une première fois en bouteille et nous y retournons en snorkeling tous ensemble une deuxième journée. Tel l’albatros, la silhouette majestueuse de ce mastodonte paisible des mers apparaît, fluide, régulière et aérienne. Il se dégage des raies mantas un mélange d’élégance, de beauté et de puissance. Séquence émotion garantie !

 

 

On loue aussi des scooters pour partir à l’assaut des routes de l’île, souvent dans un état déplorable. On saute dans les nids de poule, on patine sur la route ensablée, on dérape sur les graviers… Bref, tout y passe ! Heureusement qu’Aurélia, moins à l’aise que Florent en scooter, a maintenant plusieurs centaines de kilomètre à son actif. Nous rejoignons une plage, un sentier de randonnée, admirerons les nombreux surfeurs à l’œuvre… En remontant vers le nord de l’île, nous gagnons la mangrove. Nous payons quelques deniers à un pêcheur / cultivateur d’algues pour faire un tour en barque. Le silence dans la mangrove est impressionnant, tout comme la chaleur humide qui vous baigne en quelques minutes. On ressort de la mangrove côté mer pour observer quelques cultures d’algues, déjà aperçues à l’arrivée en bateau.

 

 

Le temps passe et la fin de notre merveilleuse aventure de 8 mois se profile. Nous quittons cet endroit magique, direction la réputée et touristique ville d’Ubud. Nous sommes impressionnés par le nombre de touristes et de boutiques. Ubud est la capitale culturelle et artistique de Bali. On y trouve de tout, du plus simple au plus luxueux, les restaurants, spas, hôtels se trouvent à tous les coins de rue. Nous ne pouvons pas être à Ubud sans aller assister à l’un des fameux spectacles Balinais. Le soir où nous nous y rendons, Louise reste subjuguée par ces danses gracieuses et si spécifiques à Bali. Ubud est une ville grouillante de monde et rapidement, nous avons envie de nous en échapper. On loue des scooters pour nous perdre dans la campagne, prendre les petits chemins et découvrir la nature à perte de vue. Nous nous laissons aussi tenter par une excursion qui permet de se faire déposer au Mont Batur afin de redescendre à vélo la montagne jusqu’à Ubud, à travers les villages et rizières. La balade est très jolie et les filles qui dévalent les routes à vive allure, sont ravies de pouvoir refaire du vélo.

Il nous reste quelques jours avant de prendre notre avion. Nous nous rapprochons donc de l’aéroport au sud de l’ile et posons notre sac une dernière fois à Jin Baran. Le temps passe étrangement lentement et nous nous rendons compte que nous sommes déjà sur le retour, dans nos têtes.