Nous voilà donc sur l’île du sud de la Nouvelle Zélande. L’arrivée en bateau sous un soleil radieux dans les Malborough sounds est splendide. De la ville de Picton, nous prenons une petite route sinueuse à flanc de colline qui nous fait découvrir un peu plus les criques aux eaux bleu turquoise de cette côte.

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Pour notre premier stop, nous nous arrêtons aux portes du Parc National Abel Tasman, à Westport. Nous installons notre bivouac pour 2 jours au bord de la mer. Le parc est situé sur la pointe nord-ouest de l’ île du Sud. Les plages y sont superbes, parfois adossées à des collines boisées, parfois à des forêts primitives. Il n’y existe aucune habitation, les randonnées et campings y sont réglementés. Pour découvrir ce sanctuaire, nous décidons de faire le lendemain matin une petite partie du circuit de randonnée et optons pour nous faire déposer et reprendre par un bateau. Sac à dos, pique-nique, eau, crème solaire, chapeaux, et nous voilà lâchés par notre embarcation sur une plage déserte où nous apercevons une balançoire et un petit chemin de randonnée nous indiquant la suite du programme !

L’endroit est sauvage et l’emprise de l’homme est quasi nulle. Les filles s’émerveillent de ces paysages exotiques , passant de crique en crique, parcourant des petits chemins balisés, traversant des ponts suspendus et de jolies rivières. Arrivés au terme de notre randonnée sur une plage entre mer et rivière, nous passons 2 bonnes heures à lézarder et à admirer le paysage. Jeanne s’amuse à lancer des petits cailloux sur une grosse pierre juste devant nous, quand soudain le gros caillou se met à bouger. Il s’agit en fait d’une énorme raie manta à deux mètres de la plage. Incroyable !

 

Nous nous dirigeons ensuite vers la côte ouest de l’île du Sud, vers Punakaiki et ses fameux Pancakes Rocks. Ce sont des roches creusées par les embruns et le vent que nous contemplons au coucher du soleil. Nous faisons également une balade sur un sentier découvert par hasard qui nous emmène dans un paysage de jungle au bord d’une rivière. Nous faisons connaissance avec les Sand flies, petites mouches qui piquent et qui provoquent des boutons urticants, véritable plaie de l’île du sud. On nous avait prévenus, nous ne sommes pas déçus. Impossible de rester dehors trop longtemps lorsque les sand flies font leur apparition !

 

Nous quittons un peu la côte pour découvrir les fameux glaciers de la Nouvelle Zélande. Les glaciers Franz Josef et Fox Glacier sont parmi les seuls au monde à descendre si bas en altitude (250m), ceinturés de forêt pluviale non loin de l’océan. Nous nous approchons assez près de l’un d’eux : le Fox Glacier. Le chemin caillouteux n’est pas très agréable mais la vue sur le glacier est impressionnante. Ce soir là, nous nous arrêtons dans un « vrai » camping pour recharger les batteries, les nôtres et celle du camping car !

 

Le lendemain nous retrouvons la mer et marquons quelques arrêts pour admirer le paysage. La côte est déchiquetée, le vent est fort et les vagues sont majestueuses. Nous décidons de sortir un peu des sentiers battus et nous nous enfonçons dans une voie sans issue, vers Jackson Bay à 50km. Nous parcourons une longue route droite pour aboutir dans un petit village de pêcheurs au bout d’une presqu’île. La seule indication que nous ayons sur ce village est que l’on y trouve un unique restaurant, un fish and ship qui, selon les commentaires, est « exceptionnel. » Nous nous laissons tenter, le poisson est effectivement très frais. La préparation de notre repas nous laisse le temps d’une flânerie sur le ponton d’où l’on peut admirer les chalutiers revenant de la pêche. Nous voulions de l’authenticité, nous sommes servis !

Il est déjà assez tard et nous devons trouver un lieu de bivouac avant que la nuit ne tombe. Nous tentons les bords de mer mais les panneaux indiquent à chaque fois : « camping interdit » ! Nous finissons par trouver un coin très joli au bord de la rivière. Nous sommes paisiblement installés en train de lire lorsque nous sentons des petites démangeaisons. Les sand flies ont réussi à pénétrer notre camping car, puis c’est au tour des moustiques de faire leur apparition. Au secours ! Toute la famille se lance dans une chasse effrénée pour les exterminer et nous nous dépêchons d’éteindre la lumière. Nous ne passerons pas une nuit très paisible, avec en bruit de fond le bzz des moustiques !!

 

Notre prochaine étape nous mène vers les lacs de montagne de l’Ile du sud : A Wanaka et Queenstone. Pour découvrir Wanaka, rien de tel qu’une promenade autour du lac. L’endroit est très beau, calme et nous sommes sous le charme de ce petit coin de nature , enchâssé au milieu des montagnes. A Queenstone, ville connue pour être la capitale des sports extrêmes, nous ne faisons pas de saut en parachute mais faisons plaisir aux filles en allant louer des vélos pour faire le tour du lac. Là aussi, nous passons un bon moment. Définitivement, le mélange lac et montagne est un univers que nous aimons beaucoup.

 

Nous reprenons la route un peu plus vers le sud, toujours sur la côte ouest pour rejoindre le milford sound. Nous arrivons en début d’après-midi à TE ANAU, principale ville des environs et point de départ vers le milford sound. Le ciel est couvert mais il ne pleut pas. On s’estime heureux car c’est une des régions les plus humides de la planète (90 % d’humidité toute l’année et environ 16 jours de précipitations par mois.) Nous filons donc demander, au point d’information, des conseils sur les randonnées environnantes. Nous voilà partis pour 3 heures de promenade sur une partie du « Wildlife Park » qui, comme son nom l’indique, est une zone sauvage, voire inhospitalière. Nous traversons des paysages du bout du monde où furent tournées certaines scènes du Seigneur des anneaux.

 

Le lendemain, nous suivons la route entre Te Anau et Milford Sound, le fjord le plus célèbre de l’île du sud de la Nouvelle-Zélande. La nature est souveraine, les cascades jaillissent de la montagne, de toutes parts et le contraste entre le jaune des herbes folles et la montagne couleur taupe est saisissant. A notre arrivée au bout de la route, le temps s’est couvert mais laisse le soleil percer la brume ambiante, faisant apparaître les fjords dans la mer. Nous sommes dans un décor fantasmagorique où l’on se sent tout simplement minuscule ! C’est la plus belle route que nous ayons faite en Nouvelle Zélande…

 

Changement de décor et direction la région des Catlins, complètement au sud de l’île. En chemin, nous nous arrêtons aux Clifden Limestone Caves. Ces grottes sont ouvertes au public, gratuites et les commentaires des personnes les ayant traversées, nous donnent envie de nous y rendre. Les panneaux à l’entrée indiquent tout de même un itinéraire de 40 mn sous terre et affichent quelques conseils : s’habiller chaudement, préparer des piles de réserve, être au minimum deux, sortir immédiatement en cas d’arrivée d’eau, … On se dit que nous pourrons rebrousser chemin si les filles paniquent ! La progression est tout d’abord très facile, dans une galerie suffisamment large pour se tenir debout et circuler chacun avec une fille. Des bandes réfléchissantes marquent le chemin. Nous nous amusons à jouer les spéléologues, admirant les vers luisants parfois très nombreux et les roches ruisselantes souterraines. Rapidement, certains passages deviennent exigus et demandent de marcher agenouillé ou de se faufiler pour les dépasser. Aurélia prend sur elle pour ne pas céder à un début de claustrophobie ! A mi-parcours, nous arrivons sur une piscine souterraine. Florent, en éclaireur, examine la profondeur. Lorsque l’eau glaciale atteint sa cuisse et qu’il ne touche toujours pas le fond, on ne fait pas les fiers et les filles commencent à paniquer. Finalement, nous trouvons un chemin moins profond le long de la paroi et faisons traverser les filles sur notre dos. La progression devient plus lente : passage dans une étroite fissure, autre piscine souterraine à franchir, longues enjambées pour ne pas tomber… Puis, trois échelles permettent de franchir facilement des niveaux séparés de plusieurs mètres et d’atteindre la sortie. Hourra ! Il nous aura bien fallu une heure pour l’atteindre. Les filles sont très fières de leur prouesse et nous aussi. Louise, qui, quelques minutes plus tôt, souhaitait rentrer à la maison, veut maintenant y retourner. Nous sommes surpris de voir cette capacité qu’ont les enfants à se dépasser à partir du moment où ils sentent leurs parents en confiance.

 

Nous parcourons la région rapidement car le temps est pluvieux. Cependant, cette partie de l’île du sud est connue pour sa faune sauvage et donne l’opportunité d’approcher des pingouins, des phoques et des lions de mer dans leur milieu naturel. Nous marquons donc quelques arrêts afin de les découvrir. C’est assez incroyable de se promener sur une plage et de se retrouver nez à nez avec eux. Cette étape sera l’occasion de vivre une expérience inoubliable. Nous sommes en train d’admirer deux lions de mer en train de se dorer la pilule sur la plage. Florent se rapproche légèrement d’eux pour les prendre en photo. Soudain, les deux molosses se mettent à poursuivre un couple de touristes présents sur la berge. Croyez nous, un lion de mer, cela peut aller très vite. L’un d’eux finit carrément sa course sur la route goudronnée, 200 mètres plus loin. La femme qui a été prise pour cible est blanche, livide. 3 heures après, nous rigolerons encore de cette scène surréaliste, sauf Jeanne, terrorisée, à qui il faudra un peu de temps, avant d’oser s’approcher à nouveau de ces « monstres » des mers. Nous avons vu aussi des pingouins au crépuscule, moment unique et assez exceptionnel car peu d’endroits permettent de les approcher de si près. Trop choux, comme disent les filles !

 

Ensuite, direction Dunedin, seconde ville de l’île du Sud. Nous visitons la péninsule de l’Otago où nous voyons aussi de nombreux animaux, phoques, lions de mer et oiseaux. C’est assez incroyable d’avoir une ville si proche d’un parc naturel aussi riche. Florent s’amuse à regarder d’un peu trop près un phoque qui se met à lui courir après, beaucoup moins vite que notre fameux lion de mer mais cela suffit à terroriser Jeanne qui grimpe tout en haut d’un rocher !

 

 

Nous reprenons la route vers l’intérieur des terres en direction du lac Pukaki et du lac Tekapo. Ces lacs de montagne sont connus pour leur incroyable couleur turquoise. Mais avant de quitter la côte, arrêt sur la plage de Moeraki, un site insolite où des boulets de roche parfaitement sphériques, jonchent la plage.

 

Nous arrivons assez tôt sur notre lieu de bivouac devant le lac Pukaki. Les filles sont ravies car un couple de français est là également avec une petite fille de leur âge. Elles passent l’après-midi à jouer ensemble. Le lendemain, nous faisons route vers le mont Cook, qui n’est qu’à 50 km de là où nous nous trouvons. Le mont Cook est le point culminant de la Nouvelle-Zélande, avec 3 724 mètres d’altitude. Entre la classe des filles le matin et la beauté du lac dont on ne se lasse pas, nous partons un peu tard. Résultat : la montagne que nous apercevons très nettement depuis le lac est complètement dans les nuages lorsque nous arrivons. Nous ne regrettons pas d’être venus car la route entre le lac Pukaki et le mont Cook est sublime. Nous ferons aussi une randonnée sympathique pour nous rapprocher du glacier Tasman.

 

Notre périple sur l’île du sud, touche à sa fin. Un dernier moment exceptionnel nous attend car nous avons réservé une excursion pour plonger en snorkling et nager avec les dauphins à Kaikoura. C’est un des rêves d’enfant d’Aurélia et nous sommes impatients de le vivre. Kaikoura est connu pour ses plongées car c’est une zone pleine de plancton et les dauphins, baleines et phoques y sont très nombreux. Le premier jour, nous profitons d’un beau soleil pour faire une balade sur la côte et admirer la mer, les falaises et les montagnes au loin.

 

Le lendemain matin, c’est le grand jour. Nous allons plonger chacun à notre tour afin qu’il y ait toujours l’un de nous avec les filles. Nous embarquons aux aurores sur notre bateau et scrutons impatiemment l’horizon à la recherche des dauphins.

45 minutes plus tard, nous apercevons un bouillonnement à la surface de la mer et un banc d’une cinquantaine de dauphins venus de nulle part ! La vue du bateau est incroyable et les filles, surexcitées, ne tiennent plus en place. Vient le temps de la plongée. Equipés d’une combinaison 5 mm (l’eau est à 14°), d’une cagoule néoprène, de palmes, d’un masque et d’un tuba, nous attendons un peu craintifs sur le bord du bateau pour nous mettre à l’eau. Une sirène se fait entendre et c’est le signal pour plonger. A peine dans l’eau et c’est un ballet tourbillonnant de dauphins qui viennent nous voir, s’approchant à quelque centimètres sans jamais nous toucher. Nous ne savons plus où donner de la tête, ils sont partout et tournoient au milieu de nous très rapidement. Nous remontons sur le bateau et allons un peu plus loin pour approcher un autre banc. Changement de plongeur, et le spectacle se répète. Les dauphins sont joueurs et certains sautent à la surface de la mer. Les plongées se succèdent et notre émerveillement est à son comble. C’est tout simplement incroyable et magique d’être avec des dauphins dans leur milieu naturel. Après trois heures en mer, nous revenons à quai avec des images inoubliables qui resteront gravées dans nos esprits.

 

 

Dernière étape, Christchurch et la péninsule de Banks. Nous visitons Christchurch connue pour ses jardins botaniques et malheureusement pour ses tremblements de terre. La ville fut secouée en 2011 et 2013 par deux séismes ravageurs. Le centre ville fut terriblement touché et de nombreux bâtiments et églises sont encore à terre, faute de financement pour la reconstruction. La ville est un énorme chantier de construction à ciel ouvert et nous sommes impressionnés de voir encore les stigmates de ce drame. Petite visite du musée, du parc botanique et nous partons vers la péninsule de Banks, connue pour être la région française de la Nouvelle Zélande. C’est sur cette péninsule que les français débarquèrent au 18ème siècle avant de se faire doubler par les Anglais. La Nouvelle Zélande, à quelques mois près, aurait pu être française. Quel dommage !!! L’endroit est charmant, les paysages superbes, collines, plages de sable blanc, moutons… : derniers paysages emblématiques de ce pays magnifique.

 

Ce pays est pour nous un énorme coup de cœur et un de nos plus beaux voyages. Il n’y a pas un jour où nous n’ayons pas été émerveillés par la diversité du paysage, la nature et les animaux. Nous quittons notre camping-car, la larme à l’œil, fidèle compagnon de notre périple de plus de 5000 km , direction l’aéroport pour de nouvelles aventures au pays des kangourous et des koalas : l’ Australie.