"Une famille autour du monde"

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Épilogue !!!

Posted on 21 mars 2016

Ainsi se termine ce très beau voyage… 8 mois de liberté et 245 jours de découverte.

 

Ce périple fut, avant tout, une expérience familiale inoubliable. Prendre le temps, le temps pour soi, pour sa famille, pour ses enfants, pour son couple … C’est sans conteste le plus beau cadeau que l’on se soit offert dans notre vie.

 

A la question : « quels pays avons-nous préférés ? », nous avons du mal à répondre. Comment choisir parmi toutes les merveilles que nous avons vues ? Alors voilà, si on se prête tout de même à l’exercice, nous mettons en haut de la liste : la Nouvelle Zélande, l’Australie, l’Ile de Pâques et le Cambodge. Ces coups de cœurs sont intimement liés à ce que nous avons vécu dans ces pays et sont donc très subjectifs.

 

A la question : « avons-nous changé ? » la réponse est : oui surement. Comment ? L’avenir nous le dira. Concernant les clés du bonheur, nous n’avons pas trouvé d’évidence. Chaque culture permet de toucher du doigt une manière de vivre et de penser sans pour autant que l’on puisse « prendre » ces choses pour se les approprier de manière mécanique. Alors, on garde ses souvenirs comme des petits trésors en sachant très bien que tout reste à faire en rentrant et que si nous souhaitons appliquer certains apprentissages et rééquilibrer nos priorités, il faudra que nous trouvions nos propres réponses.

 

A la question : « est-ce que ça n’a pas été trop dur de vivre en famille 24h sur 24 pendant 8 mois ? », la réponse est non. Au contraire, cette expérience a marqué notre famille et a renforcé nos liens. Coté couple, elle nous a rappelé combien nous partagions des passions communes pour la nature, la randonnée et les rencontres et que nous n’étions pas ensemble « par hasard ». Elle nous a permis de transmettre à nos enfants des valeurs qui nous sont chères comme le courage qui apporte tellement plus que la facilité, l’ouverture aux autres, la tolérance et la curiosité.

 

A la question : « alors, pas trop dur le retour à la routine ! », nous répondons, plutôt non. Nous avons repris nos vieux habits rapidement et sans difficulté. Le retour marque d’abord pour nous les retrouvailles avec nos proches. Quelle joie de revoir ceux qu’on aime et de partager à nouveau des moments avec eux ! Et puis, nous étions contents de retrouver un peu de stabilité. Bouger tous les 3 jours est incroyable mais chaque jour, nous devions chercher notre chemin, trouver un endroit pour déjeuner ou pour dormir. Chaque jour nous dessinions un programme dans une vie libre. Aujourd’hui, nous n’avons plus à répondre à ces besoins essentiels : le frigidaire est plein, le lit est dans la chambre. Et, en même temps, alors même que l’avenir immédiat n’est plus une question, c’est la question de l’avenir à plus long terme qui se pose : nos jobs, notre style de vie etc. Concernant les filles, la réadaptation s’est faite très naturellement. Elles étaient ravies de retrouver leurs écoles, leurs amis, leurs cousines. Nous avons été surpris par leur capacité d’adaptation et par leur propension à vivre le temps présent.

 

Alors bien sur, le retour marque la fin d’un rêve, et nous éprouvons , par moments, une certaine nostalgie. A l’heure où nous écrivons ces lignes, cela fait déjà six mois que nous sommes rentrés. En regardant notre carnet de voyage, nos photos, nous mesurons la chance extraordinaire que nous avons eue. A chaque page ouverte au hasard, nous nous rappelons ces lieux, ces gens, … Tout revient en surface, frais et chargé d’émotions. Bien sur, ces grands espaces, cette liberté, cette insouciance nous manquent.

 

Nous nous sommes aussi promis de réaliser tous les deux ans un voyage à l’étranger et pourquoi pas un autre tour du monde dans quelques années. Nous attendons un bébé qui naîtra en juillet 2016, soit un peu moins d’un an après notre retour. Il faudra bien lui faire goûter cette expérience magique !

 

 

Coming Back !

Posted on 26 août 2015

 

«Tout commence par un rêve. Ajoute la foi et cela devient une croyance.  Ajoute la persévérance et cela devient un objectif en vue. Ajoute l’action et cela devient une partie de la vie. Ajoute la patience et le temps et cela se termine par un rêve devenu réalité» – D Z

 

Nous voilà de retour en France après cette merveilleuse aventure familiale de 8 mois, heureux de vous retrouver.

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Chapitre 13 # Indonésie, Bali, Lombok – Aout 2015.

Posted on 20 août 2015

 

 Indonésie première partie : Le nord de Bali

 

Nous quittons Java la Musulmane, direction Bali l’Hindouiste. C’est encore un retour aux sources pour Aurélia qui a passé de nombreux étés sur cette île avec son père. Pour le reste de la famille, c’est une première ! Nous sommes très excités de découvrir cette destination mythique. Et puis, après 3 semaines de levers matinaux à crapahuter dans les temples et sur les volcans, nous sommes contents de retrouver un peu de nature et de bord de mer.

 

 

Réputée pour être un petit paradis sur terre, Bali est la seule île hindouiste d’Indonésie. Un hindouisme à la Balinaise… Mélange d’hindouisme indien et d’animisme autochtone. Ici, la religion se vit au quotidien. Plusieurs fois par jour, nous croisons les femmes portant sur leur tête les paniers fumant d’encens destinés à faire des offrandes aux esprits. Chaque ville, village et même chaque famille dispose d’un temple. Les statues religieuses sont partout… On perçoit donc rapidement la place prépondérante de la religion dans la vie des balinais.

Notre premier spot sur Bali est Permuteran

Débarqués sur le bord de la route par un bemo (taxi collectif), nous filons dans le petit hôtel réservé au téléphone la veille. L’hôtel dispose de bungalows très jolis et spacieux avec clim et douche en extérieur. Il vient d’ouvrir… Une aubaine qui nous a permis de négocier un prix imbattable…

 

 

La plage de sable gris (et brûlant sous les pieds !) est devant notre pension, à 200 m. En longeant la côte sur quelques centaines de mètres, on quitte les grands hôtels pour rejoindre le village de pêcheurs et les bateaux sur le rivage.

 

 

La station s’affiche comme un modèle d’écotourisme : ici, la survie des coraux est l’affaire de tous. La méthode Biorock qui consiste à stimuler la croissance du corail avec de l’électricité, est expérimentée depuis 2000. Nous sommes surpris de constater que cela fonctionne très bien ! Lorsque l’on plonge la tête sous l’eau, nous avons l’impression d’être dans un aquarium ! De beaux coraux se sont développés sur les structures métalliques et les poissons sont nombreux : poissons cochers, balistes, poissons anges, perroquets, poissons empereurs, picasso …

 

Permuteran est également réputé pour les fonds marins d’une petite île juste en face, situés dans la réserve naturelle. Le prix d’accès y est exorbitant mais nous succombons à la tentation et on ne le regrette pas. L’eau est d’une clarté incroyable. Nous plongeons le long du récif vers le grand bleu obscur. On se stabilise à 12 m et on se laisse dériver avec le courant. Défile alors devant nous cette paroi aux mille richesses marines : nudibranches, poissons multicolores, crabes translucides, crevettes fluorescentes, hippocampes et coraux multiples. Sans donner un coup de palmes, nous parcourons plusieurs kilomètres. Génial !

 

 

 

Reprenons la route ! Direction Munduk, à quelques kilomètres à l’intérieur des terres. Munduk est un ancien village néerlandais, sans attrait particulier, si ce n’est certains vestiges de l’époque coloniale. La région offre de jolis panoramas sur la vallée et sur les lacs Buyan et Tamblingan. Nous y restons 4 jours, le temps de quelques treks dans la campagne environnante, à travers les communautés rurales, les cascades, les rizières, les plantations de café, de cacao et de clous de girofle.

 

Depuis la montagne, nous roulons pour rejoindre le village de Tulamben sur la cote nord de l’ile, un peu plus à l’est.

L’endroit est fréquenté essentiellement par des plongeurs car la baie bénéficie d’eaux riches en plancton et offre un écosystème incroyablement varié. Par ailleurs, ce petit village de pêcheurs est devenu en vingt ans un des spots de plongée les plus connus au monde grâce à l’épave Liberty, bateau torpillé en 1942.

 

Nous n’avons encore jamais plongé sur une épave. C’est l’excitation ! Pour éviter la foule de plongeurs venus, comme nous, découvrir ce site renommé, nous optons pour une plongée de nuit. L’idée de se retrouver dans le noir abyssal face à un monstre de fer de plus de 120mètres de long nous impressionne à vrai dire un peu. Il est 5h00 du matin. Nous partons directement de la plage. Dans l’eau, nous apercevons assez rapidement la silhouette fantôme de l’épave grâce à nos lampes torches. La nature a repris ses droits et l’épave est désormais devenue un immense récif corallien. Les gorgones géantes, les anémones multicolores, ont pris leur place au milieu de cette carcasse métallique. Nous croisons une multitude de poissons et entre autres, des Napoléons, des barracudas et, grande première, des poissons perroquets à bosse. Nous restons subjugués par ce poisson venant des profondeurs de l’océan, qui n’est visible que de nuit. Sa morphologie nous fait penser à un poisson de la préhistoire. Nous savourons ce face à face et continuons à nous faufiler à travers l’épave, avec l’impression de voler autour d’un immeuble de fer. Le jour se lève, l’eau s’éclaircit… Nous commençons à apercevoir une multitude de petites lumières qui sont autant de plongeurs en train de gagner le site. Il est temps de rentrer. Quelle expérience !

Eblouis par cette plongée, nous décidons de recommencer le lendemain sur un autre site nommé « le jardin de corail ». Cela nous donne l’occasion de plonger dans un petit temple bouddhiste immergé et de nous retrouver encerclés par 3 requins à pointes noires. On reste immobile, bien 5 mn, à les observer tourner autour de nous… Leur corps est fuselé, leurs déplacements sont rapides et gracieux. Et, même si nous savons qu’ils sont inoffensifs, on se sent bien fébrile face à ces petits squales dans cet environnement qui n’est pas le notre. Tulamben nous aura décidément permis de vivre quelques plongées d’exception !

 

 

Nous terminons notre itinéraire sur la côte nord de Bali à Amed !

Amed est un petit village de pécheurs au bord d’une plage de sable noir typique du nord de Bali. Sur place, nous passons nos journées entre lever de soleil, balades en scooter et farniente. Nous faisons également du snorkeling (pas terrible) avec les filles. Nous apprenons que le corail a été dévasté par des années de pêche à l’explosif.

 

 

Depuis que nous avons rejoint Bali, nous avons parfois l’impression d’être plus en vacances qu’en tour du monde. Sentiment bizarre, peut être accentué par le fait que la destination Bali / Lombok soit la dernière de notre périple. Et puis, il faut dire qu’à Bali nous croisons plus de touristes que de voyageurs et nous entendons parler Français à tous les coins de rue (nous sommes au mois de juillet en pleine période de vacances scolaires).

 

En même temps, nous sommes séduits par la douceur de vivre, par ces petits restaurants de poisson délicieux, ces villages de pécheur qui gardent malgré les touristes leur vie authentique, par les rites, nombreux et envoûtants à Bali et par les balinais qui sont très accueillants et souriants.

 

 

Lombok

 

Nous quittons Bali pour quelques jours afin de rejoindre Lombok et, en premier lieu, les iles Gili à une heure de speed boat. Les îles Gili désignent trois îles d’Indonésie : Air ; Meno et Trawangan. Nous optons pour la plus familiale : Gili Air.

 

 

Nous avons trouvé une petite guest house modeste mais confortable, tenue par des français fraîchement installés. Nous partons à la découverte de ce petit paradis à vélo. Il n’y a ni voitures, ni scooters circulant sur l’île. Les gens se déplacent à pied (1h suffit pour faire le tour de l’île), en bicyclette ou en calèche.

 

Nos trois jours sur l’île, nous les passons à vélo donc et dans l’eau avec nos palmes, à la recherche des fameuses tortues marines de l’île. Florent, qui est le plus persévérant sous l’eau, a la chance d’en voir une, puis deux, puis trois. Il les suit un long moment, profitant de les voir évoluer et s’envoler au-dessus des fonds marins.

 

 

La péninsule de Lombok est située à une heure des Iles Gili en bateau. Le tourisme n’y est pas encore aussi développé qu’à Bali, ce qui fait de Lombok l’endroit rêvé pour s’éloigner du monde. L’île a également le troisième plus grand volcan de toute l’Indonésie, Le Mont Rinjani, qui culmine à 3726 mètres de haut avec un cratère formant un lac nommé Segara Anak. C’est un trek réputé mais hors de portée avec des enfants. Notre projet est d’aller dans le sud de l’île afin de découvrir ses paysages sauvages et ses plages quasi désertes.

 

 

Avant tout, nous devons refaire notre visa pour pouvoir prolonger de 2 semaines notre séjour en Indonésie. Et oui, cela fait déjà un mois que nous y sommes !

Pour ce faire, nous nous rendons à Senguigui, ville de la côte ouest de l’île, sans véritable charme. Les démarches à effectuer pour acquérir ce fameux sésame ne semblent pas si simples. On nous explique, en effet, qu’il faut absolument passer par une agence qui fait l’intermédiaire et facilite l’obtention, en échange de nombreux dollars. Nous apprenons aussi qu’il faut compter trois jours, entre la première démarche et le fameux tampon libérateur. Trois jours, c’est juste car notre visa expire exactement dans 3 jours et que tout retard est synonyme d’une amende. Ceci dit, nous ne lâchons rien et décidons, après avoir loué des scooters, d’aller au bureau d’immigration faire cela par nous même. Après quelques allers retours, des attentes interminables, dont une liée à une panne informatique de 4 heures au bureau de l’immigration, on nous délivre enfin le visa tant attendu.

 

 

Pas une seconde à perdre, direction le sud de l’île et Kuta Lombok, le paradis des jeunes surfeurs australiens. Sur place, nous n’avons pas tenté la session de surf, préférant vadrouiller dans les environs, plutôt déserts et photogéniques. Kuta Lombok nous a effectivement étonné par son côté sauvage : autant de chèvres que d’habitants, de très jolies plages peu fréquentées, de belles routes sinueuses… En revanche, nous avons moins aimé les meutes de chiens errants qui se battent entre eux, la pauvreté qui règne et donc les gamins qui vendent tout un tas de babioles avec beaucoup d’insistance…

 

Bali deuxième partie – centre et sud

 

Nusa Lembongan

L’heure est venue de quitter Lombok pour gagner à nouveau Bali et plus particulièrement l’île de Nusa Lembongan et son fameux spot Mantay Ray Point où l’on peut plonger au milieu des raies Mantas géantes. Nous débarquons après un voyage houleux durant lequel Jeanne et Aurélia ont été malade. Cette île est un véritable coup de cœur. Une île à taille humaine qui vit essentiellement de la culture d’algues, ce qui lui donne un petit air de Bretagne. Les villages sont restés authentiques, les plages sont cachées dans des petits recoins escarpés et il y a de très beaux spots de plongée et de snorkeling. On s’y sent bien !

 

La plongée avec les raies mantas est un des grands moments de nos expéditions sous-marines. Florent plonge une première fois en bouteille et nous y retournons en snorkeling tous ensemble une deuxième journée. Tel l’albatros, la silhouette majestueuse de ce mastodonte paisible des mers apparaît, fluide, régulière et aérienne. Il se dégage des raies mantas un mélange d’élégance, de beauté et de puissance. Séquence émotion garantie !

 

 

On loue aussi des scooters pour partir à l’assaut des routes de l’île, souvent dans un état déplorable. On saute dans les nids de poule, on patine sur la route ensablée, on dérape sur les graviers… Bref, tout y passe ! Heureusement qu’Aurélia, moins à l’aise que Florent en scooter, a maintenant plusieurs centaines de kilomètre à son actif. Nous rejoignons une plage, un sentier de randonnée, admirerons les nombreux surfeurs à l’œuvre… En remontant vers le nord de l’île, nous gagnons la mangrove. Nous payons quelques deniers à un pêcheur / cultivateur d’algues pour faire un tour en barque. Le silence dans la mangrove est impressionnant, tout comme la chaleur humide qui vous baigne en quelques minutes. On ressort de la mangrove côté mer pour observer quelques cultures d’algues, déjà aperçues à l’arrivée en bateau.

 

 

Le temps passe et la fin de notre merveilleuse aventure de 8 mois se profile. Nous quittons cet endroit magique, direction la réputée et touristique ville d’Ubud. Nous sommes impressionnés par le nombre de touristes et de boutiques. Ubud est la capitale culturelle et artistique de Bali. On y trouve de tout, du plus simple au plus luxueux, les restaurants, spas, hôtels se trouvent à tous les coins de rue. Nous ne pouvons pas être à Ubud sans aller assister à l’un des fameux spectacles Balinais. Le soir où nous nous y rendons, Louise reste subjuguée par ces danses gracieuses et si spécifiques à Bali. Ubud est une ville grouillante de monde et rapidement, nous avons envie de nous en échapper. On loue des scooters pour nous perdre dans la campagne, prendre les petits chemins et découvrir la nature à perte de vue. Nous nous laissons aussi tenter par une excursion qui permet de se faire déposer au Mont Batur afin de redescendre à vélo la montagne jusqu’à Ubud, à travers les villages et rizières. La balade est très jolie et les filles qui dévalent les routes à vive allure, sont ravies de pouvoir refaire du vélo.

Il nous reste quelques jours avant de prendre notre avion. Nous nous rapprochons donc de l’aéroport au sud de l’ile et posons notre sac une dernière fois à Jin Baran. Le temps passe étrangement lentement et nous nous rendons compte que nous sommes déjà sur le retour, dans nos têtes.

 

 

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Chapitre 12 # Indonésie, Java – juillet 2015.

Posted on 16 août 2015

Indonésie – java

 

Dernier pays de notre tour du monde : l’Indonésie. Nous avons la chance d’y rester 1 mois et demi.

 

Situé entre le continent asiatique et l’Australie, l’archipel indonésien est vaste comme quatre fois la France. Les plus grandes îles du pays sont Java, Sumatra et Kalimantan (Bornéo), Sulawazi (ou Célèbes) et la Nouvelle-Guinée (dont la partie occidentale est indonésienne). L’une des originalités du pays est la diversité de paysages, de culture que l’on rencontre sur chaque île. La taille du pays offre donc de nombreuses options en terme d’itinéraire.

 

Nous décidons de nous rendre sur l’île de Java, riche en volcans et en sites archéologiques, pour ensuite découvrir les îles de Bali et de Lombok, connues pour leur douceur de vivre et la beauté de leurs paysages.

 

 

Yogyakarta, la culturelle.

 

De Malaisie, nous prenons un avion pour Yogyakarta évitant ainsi la capitale Jakarta, qui n’a pas beaucoup d’intérêt. En arrivant à l’aéroport, nous découvrons que nous devons payer un visa hors de prix. Depuis un mois, le visa est gratuit pour les Français mais le principe n’est appliqué que dans les plus gros aéroports (Jakarta, Denpasar, etc.) C’est absurde mais nous n’avons pas le choix, il faut débourser une centaine de dollars. Nous sommes d’autant plus désabusés que l’on sait que nous devrons payer à nouveau, pour notre extension de visa car nous restons plus d’un mois dans le pays. Cela commence bien ! Allez, on se ressaisit et on file vers notre guest house située en bordure de la veille ville.

 

Une fois installés, nous prenons deux vélos et allons visiter la ville. Circuler à vélo n’est pas chose aisée et cela fait une drôle d’impression de se retrouver coincés entre les becaks (cyclopousse locaux), les voitures et les centaines de scooters. Une fois sortis des grosses artères, la ville est charmante et nous prenons plaisir à nous perdre dans les petites ruelles. Nous aimons particulièrement nous faufiler dans celles de la cité royale.

 

 

Le premier jour, nous déjeunons dans l’une des maisons royales, transformée en restaurant. Les filles s’essayent avec joie au gambang, xylophone traditionnel et nous terminons notre repas par une visite privée des appartements et parties communes.

 

Il faut savoir que Yogyakarta est toujours la capitale des sultans de Java. Ainsi, le sultan, Sri Hamengkubuwono, dixième du nom, est un personnage emblématique de la vie politique, culturelle et spirituelle de Java. Il habite au kraton, le palais royal de Jogjakarta, d’ailleurs ouvert aux voyageurs. Tout autour du palais, on trouve le village royal composé des petites habitations des 5000 personnes qui y vivent.

 

Les environs de Yogyakarta comptent de nombreux monuments remarquables : Le temple de Borobudur, qui est le plus grand temple bouddhiste du monde et qui a été construit aux alentours de 800 ; Le temple hindouiste de Prambanan ; Le palais Ratu Boko et des dizaines d’autres temples dispersés dans toute la ville. Parmi tous ces édifices, nous choisissons de nous rendre à Prambanan et Borobudur.

 

 

Les temples Javanais : Prambanan et Borobudur

 

Prambanan est situé à 45 minutes de la ville. Construit vers 850 par Rakai Pikatan, il est le plus grand ensemble hindouiste d’Indonésie. Ce site est connu pour ses trois temples principaux dédiés aux trois grandes divinités hindouistes : Shiva, Vishnu et Brahma, et ses trois autres temples dédiés aux animaux qui servent de monture à ces dieux. Nous parcourons les allées du temple à la recherche des statues et des fresques incrustées dans la pierre. Dès que possible, nous nous arrêtons à l’ombre pour récupérer car la chaleur est écrasante. Le site est majestueux et nous rappelle un peu la beauté du site d’Angkor.

 

 

Deuxième site : Borobudur. C’est au lever du soleil que nous souhaitons découvrir le temple. Nous allons donc dormir deux nuits au pied du site afin d’être parmi les premiers à assister au spectacle. Le temple est un sanctuaire dédié à Bouddha et un lieu de pèlerinage bouddhiste très réputé. C’est à la fois un stûpa géant (un empilement de pierres au cœur duquel est enfermée une relique du Bouddha), et vu du ciel, un mandala immense (forme géométrique remplie de symboles). Le temple est composé de neuf plates-formes qui représentent les étapes de la vie de Bouddha. Ce qui rend cet endroit si spécial est évidemment son aspect majestueux, la beauté des sculptures mais surtout l’harmonie qui s’en dégage. Il est 4 heures du matin… Nous partons, lampe de poche à la main, traverser le parc qui entoure le sanctuaire. La lune est ronde et laisse peu à peu deviner une montagne de pierre qui sort de l’ombre. Nous gravissons les marches abruptes de l’édifice afin d’atteindre le sommet. Du haut de la plateforme, au clair de lune, nous pouvons deviner la campagne vallonnée alentour et le volcan Merapi qui domine au loin du haut de ses 2900 mètres. Voir la nature se réveiller et sortir de la brume, les premiers rayons du jour transpercer les nombreux petits stupas en forme de cloches disséminées au sommet de la plateforme, est vraiment magique. Nous resterons là plusieurs heures dans le silence du petit matin, emportés par l’atmosphère zen et mystique du lieu.

 

 

Borobudur mérite également la découverte de ses alentours. Nous louons des scooters et partons sillonner la campagne. Notre balade nous permet de traverser différentes cultures (clou de girofles, café, légumes, rizières) et des petits villages à l’habitat traditionnel. L’un de ces villages est connu pour sa poterie. Nous nous y arrêtons observer quelques potiers et les filles s’essayent au façonnage de la glaise.

 

 

Yogyakarta, suite et fin.

De retour à Yogyakarta, nous organisons notre périple vers le Mont Bromo et le Mont Idjed. Rejoindre ces volcans n’est pas simple en terme de logistique. Après avoir étudié plusieurs options et essayé de monter notre périple par nous même, nous décidons finalement de prendre un package dans une agence locale en l’adaptant un peu à nos souhaits ; plus simple et assez économique. Une fois cela acté, nous partons faire du shopping pour nous équiper pour nos treks sur les volcans. En effet, au Cambodge, nous avons renvoyé un certain nombre de nos affaires chaudes afin de nous alléger, oubliant ces étapes de randonnée dans les sommets Indonésiens. Il fait 4 degrés en haut du Volcan Bromo et un peu plus, en haut de l’Idjed. Nous achetons des baskets pour les filles et l’on nous dit qu’il est possible de louer des manteaux, bonnets… sur place. Nous voilà d’attaque pour gravir les cimes. Nous en profitons aussi pour flâner sur Jalan Malioboro, l’avenue principale de Yogakarta, où l’on retrouve tous les magasins et artisans vendant les batiks, peintures aux motifs bien particuliers sur tissus multicolores.

 

 

 

Le Mont Bromo, spectaculaire et magique

 

Il y a des endroits dans le monde qui font rêver et pour lesquels nous sommes prêts à traverser la planète. Des endroits mythiques pour tous ceux qui aiment les paysages grandioses, les espaces désertiques ou encore la randonnée. Le Mont Bromo en fait partie. La majorité des gens prennent l’option 4×4 pour aller se faire déposer sur le point de vue et ensuite voir le cratère ; nous optons pour l’option randonnée sans guide. C’est l’aventure et nous avons le temps. (Nous restons deux nuits sur place.) Après un trajet éprouvant de 12h00 en mini van, nous arrivons vers 21h00 au village situé au pied du volcan Bromo. Il fait froid et les chambres ne sont pas chauffées. Brrr… Diner rapide, achat de bonnets et d’écharpes, location de manteaux et nous filons sous la couette car la nuit sera courte.

 

3h15 du matin, le réveil sonne. Nous nous équipons pour partir à l’assaut du point de vue qui permet d’admirer le lever de soleil sur le volcan. En fait, il existe deux points de vue. Le plus haut est extrêmement fréquenté car c’est là que les jeeps déposent la horde de touristes. Le plus bas est accessible à pied et beaucoup plus tranquille. C’est vers celui-ci que nous nous rendons. La nuit est noire, la lune éclaire timidement la montagne et nous traversons le village dans un silence inhabituel. Nous sommes seuls sur le sentier et nous savourons ce moment. Ce silence ne dure pas car dès que le dénivelé se fait plus fort, les gémissements de Jeanne se font également plus fort. Elle n’apprécie pas vraiment le froid combiné à l’effort à fournir en pleine nuit !! Ceci dit, 1h30 plus tard et après de nombreux encouragements, nous y sommes. Une vingtaine de personnes sont déjà là et le silence religieux qui règne sur la plateforme augure d’un moment particulier.

 

 

En face de nous, les volcans se dévoilent : le Botok au premier plan, le Bromo et son large cratère fumant à ses côtés, le grand Semaru au loin. La caldeira recouverte de nuages accentue l’aspect féérique de ce spectacle. Le soleil se lève et peu à peu les couleurs apparaissent, mélange de bleu, de blanc, de gris, de taupe et de vert. On est hypnotisé par ce spectacle. Jeanne en profite pour faire un petit somme, se réchauffant doucement avec les rayons du soleil naissant. Nous restons là, contemplatifs, pendant plusieurs heures. La caldeira perd peu à peu son manteau de nuages et laisse apparaître une plaine désertique de sable gris. Le temps est venu de redescendre prendre notre petit déjeuner avant d’aller attaquer l’ascension du Mont Bromo. Le retour à l’hôtel est très sympa car on découvre de jour la route que nous avons empruntée à l’aller. Tout s’anime, nous passons à travers des villages, des potagers, des plantations, les animaux courent sur la route et le soleil nous réchauffe enfin.

 

 

Petit déjeuner pris ; nous partons à l’assaut du Mont Bromo vers 9h30. Après 30mn de descente abrupte, nous arrivons sur la caldeira, souvent appelée « mer de sable ». En effet, le sol est entièrement composé de sable mêlé aux cendres qu’a crachées le volcan. Ce sable est si épais qu’il ne pousse rien, même pas de l’herbe. Au milieu de cette étendue immense se dresse le mont Bromo. Ce paysage désertique donne l’impression d’un décor de western. Nous croisons d’ailleurs quelques « cowboys » proposant leurs services. Pour les moins sportifs, les chevaux permettent de faire la moitié du chemin sans trop se fatiguer. Les proportions sont si grandes qu’on a l’impression de faire du surplace, de ne pas progresser. Après une heure de marche, nous arrivons enfin au pied du mont Bromo. Notre timing est parfait puisque lorsqu’on s’apprête à gravir les 245 marches menant au sommet du volcan, la grande majorité des touristes a déjà quitté les lieux. Le Bromo est alors presque entièrement à nous.

 

 

En haut, la vue panoramique sur le cratère, les volcans et la mer de sable est sublime. Les habitants de la région sont encore bouddhistes et on aperçoit au pied du volcan un temple. On y vient régulièrement faire des offrandes pour les dieux du volcan. Trace des croyances et superstitions envers les forces naturelles de la nature. Nous regagnons toujours à pied notre guest house et nos jambes commencent à être lourdes. Au total, nous aurons tout de même fait 6 heures de marche…

 

 

Le lendemain nous repartons pour 7 heures de route, direction le Mont Ijen.

 

 

Le Mont Kawah Ijen, ses fumées, son soufre et ses porteurs.

 

Le Kawah Ijen est connu pour sa mine de soufre et ses flammes bleues que l’on peut voir s’élever du lac du cratère uniquement lorsqu’il fait nuit noire. Il faut partir très tôt, soit à 1 heure du matin, pour les voir et l’on se dit que cela sera trop difficile pour les filles.

 

Le départ est tout de même à 4h du matin… Nous partons donc pour une deuxième ascension de nuit. Nous empruntons un large sentier qui monte en lacets dans la verdure. Le paysage est beau et on voit la végétation sortir de la brume. Sur le chemin nous croisons des porteurs de soufre qui croulent sous leurs charges. Lorsque les vapeurs s’échappent du cratère, le soufre qu’elles contiennent se refroidit et passe à l’état liquide. Puis en se refroidissant davantage, se cristallise sous la forme d’amas prenant des teintes jaunes orangées. Malgré les conditions périlleuses, des villageois viennent alors récupérer des blocs pour les redescendre dans la vallée, où ils sont vendus, 680 roupies le kilo (soit 0,04 euros). Quelle vie ! En une journée, les mineurs font deux allers-retours. Le plus impressionnant ? Chaque chargement fait 70 à 80kg! Ces travailleurs ont une force, une résistance et un équilibre hors du commun.

 

 

Nous voilà arrivés en haut après 2 heures de marche. Cette fois, les filles effectuent l’ascension sans se plaindre et font même preuve de beaucoup d’entrain. Nous sommes très fiers ! Le spectacle est saisissant. Du haut du cratère, on aperçoit un lac acide bleu / vert émeraude, ainsi que la solfatare (zone de fumerolles rejetant d’importantes quantités de soufre). La fumée que l’on voit est de la vapeur de minerai de soufre, hautement toxique à fortes doses. Du coup, nous louons des masques à gaz. L’air est irrespirable et seul Florent décide de descendre tout au fond du cratère. Au fond, les yeux piquent, la gorge aussi, on a du mal à respirer et c’est dans cet enfer que travaillent laborieusement ces forçats du soufre. Ensuite, nous parcourons la crête du cratère en profitant de cette vue exceptionnelle sous différents angles. Nous apercevons notamment au loin le Mont Raung qui crache une épaisse fumée noire. Quel spectacle !

 

 

Et voilà, c’en est fini des volcans et de Java. Direction le bout de l’île pour prendre un ferry pour Bali. En traversant en voiture la campagne sous une pluie de cendres, nous nous rendons compte que l’irruption du Mont Raung n’avait rien d’habituel. Nous apprendrons par la suite que tous les vols de Bali seront annulés pendant 4 jours.

 

 

Ciaobyebye Java, île magique sur laquelle on se lève tôt !!! Les levers de soleil sur Borobudur, le Mont Bromo et le Mont Ijen font partie définitivement des plus beaux souvenirs de notre tour du monde.

 

 

 

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Chapitre 11 # Malaisie – juillet 2015.

Posted on 10 août 2015

La Malaisie, un pays moderne et tolérant.

 

La Malaisie ne faisait pas forcément partie de la liste des pays que nous souhaitions visiter initialement. Le pays étant sur notre trajectoire pour aller de la Thaïlande à l’Indonésie, nous avons saisi l’opportunité de découvrir une autre partie de la région.

 

Rejoindre la Malaisie de Koh Tao demande un peu de patience. Nous prenons d’abord un bateau de nuit jusqu’à Surat Thani. Nous n’avons acheté que deux tickets pensant que les places seraient assez larges pour dormir avec les enfants. Mauvaise surprise, en arrivant sur le bateau, nous découvrons une série de matelas pas plus larges que des demi lits simples posés les uns à coté des autres sur le sol. Impossible de dormir à quatre dans un mètre de large ! Heureusement, le bateau n’est pas plein et nous rachetons une place à bord. Nous dormons finalement assez bien, bercés par la houle et le bruit du clapotis des vagues sur la coque du bateau. Nous prenons ensuite un 1 mini van jusqu’à la frontière puis un deuxième jusqu’à l’ile de Penang, située à l’est de la Malaisie assez près de la frontière Thaïlandaise. Nous arrivons en fin d’après-midi, après une nuit et une journée de transport un peu fatigante à Penang pour y séjourner 4 jours.

 

En arrivant en Malaisie, nous sommes tout de suite frappés par la différence avec la Thaïlande, le Laos et le Cambodge. Les peaux sont plus foncées, les mosquées ont remplacé les temples et les routes en très bon état reflètent une modernité toute nouvelle pour nous en Asie du sud est. On est content de changer de repère et de nous immerger dans une autre culture. Nous découvrons un pays avec une grande tolérance et ouverture d’esprit où coexistent en bonne harmonie différentes communautés, cultures et religions. C’est ainsi que se mêlent Malais, Chinois, Indiens, Tamouls et que cohabitent Islam, Bouddhisme et Taoïsme.

 

 

 

L’ile de Penang et George Town

 

Revenons à Penang. Cet ancien comptoir britannique du détroit de Malacca est devenu, depuis peu, la destination chic de l’Asie. Classée au patrimoine mondial de l’Unesco, George Town, la capitale de Penang, est un lieu en mouvement perpétuel. Branchée, chargée d’histoire, mélangeant les influences chinoises, malaises et indiennes, la ville est atypique et ne ressemble à aucune des villes que nous avons vues dans la région.

 

George Town a encouragé le Street Art. D’après ce que nous avons lu, la plupart des oeuvres datent de 2010. Nous louons des vélos et arpentons la ville à la recherche de ces fresques. C’est une manière très ludique de découvrir les environs et les filles se laissent vite prendre au jeu : « Papa, regarde un chat ! oh un lapin… »

 

 

Ce jeu de piste, nous emmène dans de petites ruelles, dans des cours d’immeubles, sur les quais des bateaux. Cela nous permet de découvrir des trésors cachés, des maisons centenaires un peu décrépies, des échoppes traditionnelles, des cabanons de pêcheurs chinois, une mosquée flamboyante ou encore un temple Taoïste. Nouvelles découvertes, nouvelles religions pour les filles. Après le bouddhisme et l’Hindouisme, voilà le Taoïsme et l’Islam. Pas simple pour les parents d’expliquer tout cela mais c’est aussi ça la richesse du voyage. Les murs de la ville sont également ornés d’installations en fer forgé. Ces dessins représentent des moments de vie sur un ton humoristique : personnes tirées en pouce-pouce, prospecteurs chinois concluant une affaire, ou encore scènes de couple…

 

 

 

Les îles de Perhentiane.

 

Après ce petit séjour citadin, direction les îles de Perhentiane. Elles se trouvent à l’est de la Malaisie et sont situées dans la mer de Chine méridionale. Les récifs et les eaux cristallines de cet archipel abritent une grande variété de coraux, tortues de mer, requins de récifs et petits poissons… Nous sommes très excités à l’idée de rejoindre cette île dont nous avons entendu beaucoup de bien.

 

 

Nous traversons le pays en mini van puis prenons un bateau pour arriver sur ce petit coin de paradis. Il fait chaud et le speed boat nous emmène à vive allure vers les îles. Sur le chemin, nous apercevons au loin la mosquée de Perhentian. Elle est particulièrement belle. Accrochée à un petit bout de terre, elle flotte sur l’eau. Jolie image qui nous rappelle que sommes dans l’un des pays les plus Musulmans de l’Asie du Sud est.

 

 

Perhentiane compte deux îles. Nous nous installons sur la plus familiale : l’île Pulau Perhentian Besar. Sur l’île, il n’existe pas de route. Seuls deux petits sentiers à travers la jungle permettent de relier différents points. Le moyen le plus simple de se déplacer d’un endroit à un autre est donc le bateau. Bref, une vraie île du bout du monde comme on les imagine ! Nous sommes en plein Ramadan et le muezzin appelant du haut du minaret 5 fois par jour les fidèles à la prière (le adhan), est assez envoutant et accentue le dépaysement.

 

 

Au programme de notre séjour : cours des filles, comme d’habitude le matin ; soleil ; plages ; cocotiers ; eau turquoise ; snorkling et même une plongée en bouteille pour découvrir un peu plus les fonds si réputés. Nous faisons aussi quelques petites marches au milieu de la jungle durant lesquelles nous croisons de nombreux varans, gros lézards préhistoriques. Et comme un cadeau de départ, nous avons la chance de nager avec deux tortues de mer et deux requins à pointes noires le dernier jour.

 

 

4 jours se sont écoulés, il est temps de quitter les îles Perhentiane pour « Kota Bahru », ville côtière à 1 heure de route.

 

 

Kota Bahru, la musulmane

 

Tout ce que nous savons de Kota Bahru, c’est qu’il s’agit de la ville musulmane la plus conservatrice de Malaisie. Effectivement, les mosquées sont nombreuses, la signalisation est systématiquement faite en anglais et en arabe, les femmes portent le foulard et de longs vêtements amples et colorés et les hommes portent l’habit traditionnel, tunique lâche sur un pantalon complété par un sarang autour des hanches.

 

Ici, les gens sont très chaleureux et sont curieux de savoir d’où l’on vient, ce que nous faisons, où nous allons … Nous ne croisons pratiquement pas de touriste, ce qui explique peut-être cette curiosité. En tout cas, nous prenons plaisir à partager ces petits moments de conversation lorsqu’ils se présentent. Il faut dire que les échanges sont faciles car les Malais parlent très bien anglais.

 

Nous descendons dans un Homestay familial, Min House Camp…. C’est un endroit original installé au bord de la rivière, composé de quelques chambres, d’une terrasse au bord de l’eau, de ruches d’abeilles et même d’un petit zoo. Les filles sont ravies et s’amusent avec un petit singe domestique. Nous sommes toujours en plein ramadan et l’activité générale est ralentie. Les commerces sont fermés la journée et les rues commencent à s’animer vers 17h00. La famille qui nous accueille est adorable. Chaque soir, elle nous invite à rompre le jeûne avec eux. La cuisine est locale, nous mangeons avec les mains et nous découvrons des mets aux saveurs nouvelles. Un peu plus dur pour les enfants qui prennent essentiellement du riz et du jus de litchi !

 

 

Le fils ainé parle bien français car, il a fait une partie de ses études en France. Il nous propose de nous emmener visiter 2 temples bouddhistes dans la région et d’aller dans un marché spécialement échafaudé pour le Ramadan. Dans ce marché, l’effervescence est à son comble. Nous déambulons entre stands aux mille odeurs, aux mille couleurs et aux mille saveurs.

 

 

Le lendemain, nous allons arroser le jardin, ramasser avec la famille quelques salades dans le potager et sommes invités à gouter le miel directement issu d’une des ruches du jardin. Un délice ! L’après-midi, nous partons en kayak sur la rivière nous baigner et chercher des palourdes dans les mangroves pour le barbecue du soir. Merci à Noriah et sa famille pour les quelques jours que nous avons passés avec eux, au milieu de la nature et au cœur d’un village malais authentique. Prochaine étape : Kuala Lumpur. Pour nous y rendre, c’est bus de nuit et ses 8 heures de trajet.

 

 

 

Kuala Lumpur, la capitale

 

On n’avait pas imaginé que Kuala Lumpur, capitale de la Malaisie, était une ville si développée… Des tours modernes à perte de vue et des centres commerciaux immenses avec plusieurs étages et des centaines de boutiques. A coté de cette modernité, la ville compte aussi des maisons d’époque un peu délabrés, des rues chaotiques et certains bâtiments abandonnés. Les filles aiment bien ces grands mall climatisés et leurs nombreux fast-foods ! Nous leur faisons plaisir et allons y déjeuner fréquemment oubliant pour quelques jours, la cuisine traditionnelle raffinée et équilibrée. Nous nous laissons également tenter par une séance de cinéma familiale. C’est le film « Minions » qui remporte les suffrages !

 

Découvrir la ville à pied n’est pas forcement évident car, les trottoirs sont souvent très étroits, voire inexistants. En revanche, les transports en commun sont très bien organisés. Nous prenons, entre autre, le métro aérien mono rail aux airs futuristes pour nous rendre près des fameuses Tours Jumelles Pétronas qui culminent à plus de 450mètres de hauteur. A côté des tours se trouve un parc avec un bassin piscine pour enfant. Une aubaine avec cette chaleur et un bon moment de détente pour nous tous.

 

 

Nous prenons aussi le temps de découvrir les quartiers de la ville : Little India, China Town, la place de l’indépendance… et les mosquées et temples. Nous nous arrêtons notamment visiter une des plus anciennes mosquées de la ville ouverte aux non-musulmans, la mosquée Jamek. Elle fut construite à l’initiative du sultan de Selangor en 1909, sur les plans de l’architecte britannique Arthur Benison Hubback. Nous sommes invités dans un petit musée où l’on nous raconte la place de l’islam dans le monde, ses racines, son rayonnement. Nous avons un très bel échange avec le guide. Il insiste à de nombreuses reprises sur le fait que nous sommes tous frères : chrétiens, juifs, musulmans. Il nous offre même un Coran en anglais, nous invitant à vérifier ses messages de tolérance. Les trois religions monothéistes croient en un même et seul Dieu unique, le Dieu d’Abraham et reconnaissent la même lignée de fondateurs et de prophètes : Adam, Noé, Abraham, Moïse, Job, David et Jésus. Elles ont de plus en commun les mots prière, aumône, jeûne, amour de Dieu, amour du prochain, commandements, Jérusalem…

 

 

Le sujet n’est évidemment pas si simple et des divergences fondamentales existent. Il est en effet accepté de dire que les musulmans croient comme les chrétiens et juifs en un Dieu unique mais la définition de Dieu n’est évidemment pas la même. Il y a aussi des différences de textes, de croyances, de commandements, d’interprétation. Au-delà de ces questions théologiques forcement complexes, le message de tolérance et de fraternité de notre interlocuteur nous fait du bien et c’est le cœur léger que nous repartons après à cet échange.

 

Après trois mois passés dans des pays très semblables sur le plan culturel et religieux, la Malaisie s’est avérée être une belle découverte. Ce fut un changement radical, principalement du point de vue religieux. Nous ne pouvons pas dire que nous connaissons très bien le pays, mais ce court passage de 15 jours nous a permis de mieux appréhender ce pays émergeant au futur prometteur.

 

 

 

 

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Chapitre 10 # Thaïlande du Sud – juin 2015 .

Posted on 19 juillet 2015

L’île de Kho Tao et le grand bleu

 

Du Cambodge, nous retournons à Bangkok pour partir vers la Thaïlande du Sud et découvrir les plages, l’eau bleu turquoise et les poissons multicolores.

 

 

Nous choisissons l’île de Kho Tao située sur la côte est de la Thaïlande parce que la mousson a déjà commencé côté ouest et que nous avons la possibilité d’y passer notre diplôme de plongée, avec une formule de garde pour les filles sur place.

 

Nous retrouvons Bangkok avec joie, toujours aussi animée et grouillante de monde. Après quelques emplettes pour le diner, direction la gare ferroviaire pour prendre le train de nuit. Le train est d’époque mais les couchettes sont plutôt confortables. Le réveil est un peu difficile car nous arrivons à 4h00 du matin à la gare de Chumphon. 2 heures plus tard, nous sommes transférés en bus à l’embarcadère pour 3 heures de traversée.

 

Ko Tao ou Koh Tao est une jolie petite île du golfe de Thaïlande à environ 70 kilomètres de la côte entre Surat Thani et Chumphon. Son nom, dont l’origine est controversée, signifie « l’île de la tortue ». Selon certains, cela est dû au profil de l’île. Selon d’autres, à la présence (ancienne) de nombreuses tortues venant se reproduire sur ses plages. L’endroit est réputé pour la plongée car les conditions sont idéales : eaux chaudes, peu de courant, bonne visibilité, de nombreux poissons et des prix pour les plongées imbattables.

 

 

 

Un super club de plongée

 

Dès notre arrivée sur l’île, nous sommes pris en main par l’équipe du club de plongée French Kiss. Nous nous installons dans notre guest house et attaquons directement le programme avec une vidéo introductive de deux heures. Le contenu des jours suivants est dense : 4 jours de formation avec cours théoriques, et 2 à 3 plongées par jour. Sentiment étrange de se retrouver sur les bancs d’école, même si la matière est plus que sympa. Chaque soir, nous terminons exténués , nous endormant sur nos manuels de plongée. Notre instructeur, Guillaume, est vraiment adorable. La trentaine, grand voyageur, amoureux de la nature et des océans, il nous transmet son savoir avec passion.

 

 

Pour les filles, c’est aussi la fête ! Anne, la jeune française du club de plongée, qui s’occupe d’elles, leur organise des journées pleines d’activités : travail le matin, piscine l’après midi et balade sur la plage. On a même du mal à les récupérer le soir. Tout le monde est heureux…

 

 

 

Des plongées magiques

 

Ce qui fait la réputation de Kho Tao, c’est la diversité de ses sites de plongée. Nous avons la chance de voir certains de ces sites emblématiques. Aow Leuk et son récif coralien ; South West, sa faune et flore marines multicolores ; Shark Islande, ses coraux et anémones ; Green Rock, son dédale de rochers et ses grottes sous-marines et enfin pour terminer, une plongée profonde à 30m à Chun phon avec son pinacle vertigineux. Lors de cette dernière plongée, nous boirons un coca cola à 30 m de profondeur avec Guillaume pour clôturer cette semaine incroyable. Merci à lui pour sa gentillesse, son professionnalisme et ses magnifiques photos sous-marines.

 

 

 

Comme un poisson dans l’eau

 

La plongée est une vraie révélation pour nous. C’est même assez addictif.

 

C’est tout d’abord la découverte d’un monde nouveau, le grand bleu… D’un monde subaquatique où on a l’impression d’être explorateur des abîmes. La découverte de la faune et de la flore est riche en émotions, il y a de la vie à toutes les échelles.

 

 

C’est aussi une sensation de liberté, on se libère de l’attraction terrestre et on a l’impression de voler. C’est l’apesanteur… Comme dirait un plongeur rencontré, c’est moins cher et moins dangereux qu’un tour sur la lune. Dans cet espace, les couleurs et les sons ne sont plus les mêmes, tout est nouveau et surprenant. Le bleu envahit peu à peu tous les objets et le silence environnant n’est qu’illusion. Il y a une totale modification du degré de perception de nos sens…

 

 

Il y a aussi la sensation de bien-être dans l’eau, on peut respirer librement sans cette préoccupation constante de remonter à la surface pour remplir nos poumons. Sensation d’harmonie avec la nature et l’océan, parce qu’on peut se fondre dans un banc de poissons qui se laisse dériver dans le courant et pour un moment se sentir soi-même « comme un poisson dans l’eau ».

 

 

Et puis enfin, il y a le bonheur de partager cela en couple. Vivre cette expérience unique où seuls les signes sous l’eau transmettent notre joie.

 

 

Ile paradisiaque

 

A côté de la plongée, nous prenons le temps de découvrir Kho Tao avec les filles. Nous sillonnons l’île en scooter à la recherche de jolies plages. Nous initions les filles au snorkling et sommes attendris de voir leur émerveillement lorsqu’elles découvrent les coraux, anémones et poissons multicolores. Le soir nous allons régulièrement voir le coucher du soleil dans un café perché en hauteur ; moment de félicité.

 

 

Nous passons également une après-midi sur la petite île de Koh Nanguyan, composée de trois petits îlots connectés par un banc de sable. Véritable carte postale !

 

 

Voilà, le temps est venu pour nous de quitter Koh Tao, direction la Malaisie pour de nouvelles aventures.

 

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Chapitre 9 # Cambodge – juin 2015 .

Posted on 10 juillet 2015

Quand on évoque le Cambodge, on pense évidemment au grandiose avec les temples d’Angkor mais aussi au pire avec sa douloureuse histoire, ses trois décennies de guerre, les Khmers rouges, le génocide, la pauvreté … Mais c’est sans oublier la richesse d’un pays et d’un peuple capable de se relever malgré tout, avec une faculté de résilience étonnante et un gout pour aller de l’avant hors du commun.

 

Une Arrivée Rock’n roll

On nous avait prévenus que le passage de la frontière terrestre entre le Laos et le Cambodge était une aventure en tant que tel, avec au menu : racket, pot de vin, prix des visas gonflés… Nous ne serons pas déçus.

 

Nous décidons, avec la famille belge rencontrée aux 4000 iles ainsi qu’avec un couple de français, Marion et Antoine, de ne pas nous laisser faire. Ce n’est pas tant les quelques dollars extorqués qui nous posent problème mais plus le principe. Nous nous mettons donc d’accord pour faire bloc le moment venu et refuser toute augmentation du tarif.

 

Arrivés devant le poste frontière coté Laos, première tentative de racket. Nous expliquons aux douaniers ne pas avoir à payer pour un tampon de sortie sur notre passeport. Ils nous rendent aussitôt les passeports sans le tampon, nous demandant de nous décaler pour laisser passer les autres voyageurs. Nous refusons et restons campés devant le guichet. Marion et Antoine, excellents comédiens, font mine de ne pas comprendre en expliquant que les français n’ont pas à payer. De notre côté, nous proposons d’appeler ensemble l’ambassade de France au Laos. Nos interlocuteurs s’énervent en Lao. Après 10mn d’un dialogue de sourds, les douaniers finissent par nous rendre nos papiers avec le fameux tampon. Première victoire !

 

Nous voilà côté Cambodge. La scène se répète. Au delà du coût des visas, les douaniers nous demandent à nouveau de payer quelques dollars pour chaque tampon. Nous sommes également dirigés vers un stand de visite médicale grotesque où une femme propose de nous prendre notre température pour un dollar de plus. Nous refusons. 10 mn s’écoulent, puis 20, puis 30 et les douaniers ne semblent toujours pas disposés à nous rendre nos passeports. L’un d’eux hausse même sensiblement le ton. Au bout de 40 mn d’attente, les douaniers finissent par lâcher sur le coût du tampon et nous acceptons la prise de température en la négociant à un dollar pour nous quatre. YOUHOU !

 

 

Le magnifique et somptueux site d’Angkor

 

Le site d’Angkor est un véritable coup de cœur de notre voyage au Cambodge. Classé patrimoine mondial de l’UNESCO, les temples de grès construits entre le 10eme et 14eme siècle sont d’inspiration hindoue et bouddhiste. Ils sont disséminés sur plus de 400km2 et entourés de forêts et de lacs. Nous prenons un pass 3 jours et louons les services d’un tuk-tuk pour voir les principaux temples qui se situent parfois assez loin les uns des autres. Le challenge est d’organiser un sens de la visite permettant d’éviter les groupes de touristes et de trouver un rythme adéquat pour que les filles puissent supporter ces visites sous une forte chaleur. Défi relevé : étant en basse saison, nous n’avons pas souffert de la foule, ayant même la chance d’être parfois seuls au milieu des temples. Quant aux filles, elles ont tenu 6 à 7 heures de visite par jour sans trop râler. Il faut dire que nous avons réservé une guesthouse avec piscine et que cela nous a bien aidés pour maintenir la motivation. « Allez les filles, encore deux temples et c’est la piscine… »

 

 

Dans les temples, on remonte le temps et on est tout de suite immergé dans cette culture Khmer ancestrale qui fut l’une des plus éblouissantes de son époque. On se perd dans ce dédale de pierres recouvertes par la mousse, découvrant des fresques murales, des visages sculptés dans la pierre qui évoquent la période où Angkor était la capitale rayonnante de toute l’Asie du Sud-Est. Véritable jeu de piste, guide à la main, nous cherchons avec les filles les bas reliefs racontant l’histoire de ces rois, de ces reines et de ces dieux et divinités.

 

 

 

De tous les temples que nous avons visités, certains nous ont particulièrement impressionnés.

 

Angkor Vat, le plus connu et peut être le plus majestueux de tous. Il est 5h quand nous le découvrons au lever du soleil. Image féérique se reflétant dans les bassins d’eau dans le calme du petit matin. On considère qu’une armée de 300000 ouvriers et 6000 éléphants a participé à sa construction. Il a été bâti au XIIème siècle, juste avant la cathédrale Notre Dame de Paris. La construction a duré 37 ans. C’est un temple qui est complètement dédié à Vishnou, dieu suprême de l’hindouisme.

 

 

 

Le Bayon ou la montagne magique. C’est un temple composé de 37 tours avec des têtes gigantesques regardant dans toutes les directions. Chaque tour est ornée de quatre visages censés illustrer les quatre vertus du Bouddha. Au sud la sympathie, à l’est la pitié, au nord l’humeur égale et à l’ouest l’égalité. C’est spectaculaire et étrange à la fois. Impression d’être observé, que ces pierres sont vivantes, que ces visages vont soudainement s’animer et nous interpeller.

 

 

 

La terrasse des Éléphants. Elle fut aménagée en bordure du palais royal sur 350m de long. On s’amuse à y deviner, sculptés sur les remparts, des dizaines d’éléphants presque grandeur nature.

 

 

 

Ta Prohm. Ce temple resta longtemps livré à la jungle, envahi par des arbres aux racines tentaculaires appelés «  fromagers ». Nous nous perdons dans le dédale de pierre et on se prend à imaginer un instant, être des explorateurs mettant à jour un trésor oublié.

 

 

 

Le Banteay Kdei ou la citadelle des cellules. C’était un monastère bouddhiste. Il fait partie des temples plats, à l’opposé des temples montagnes. Il se caractérise par ses bas-reliefs multiples superbement sculptés, pleins de raffinement où apparaissent de nombreuses danseuses sacrées. Le monastère était équipé d’une grande salle où ces gracieuses créatures officiaient pour le roi.

 

 

 

Le Banteay Srei. Temple devenu célèbre au travers de l’aventure de Malraux qui vola à 22 ans un bas-relief et deux apsaras (danseuses). Il sera arrêté à Siem Reap et condamné. Ce remarquable petit temple a été baptisé la citadelle des femmes car il est décoré de reliefs proches de la perfection, finement ciselés. On pense que seules les femmes étaient capables d’une exécution aussi délicate. Là encore, nous passons du temps à découvrir la multitude de fresques faites dans un grès rose, illuminées par la lumière du matin.

 

 

 

Le Pré Rup, temple datant de 961, dédié à Shiva et dont le nom veut dire « retourner les corps ». Nous le découvrons au coucher du soleil. Moment de plénitude qui clôture ces trois jours d’exception.

 

 

 

Nous restons 3 jours de plus à Siem rep afin de prendre le temps de découvrir un village flottant dans les environs et pour nous reposer. Jeanne est malade et il n’est pas très raisonnable de prendre le bus dans ces conditions. Nous profitons donc de la piscine et partageons du temps avec nos amis Belges, rencontrés au Laos et retrouvés par hasard à Siem Rep. Nous sommes impressionnés par l’harmonie qui se dégage de cette famille. Un très joli couple avec 4 enfants, tous aussi gentils et bien élevés les uns que les autres.

 

 

Kampong Khleang, voyage au pays des villages flottants

 

Direction le village flottant le plus éloigné de Siem rep à 50km car c’est le moins touristique. Il est 9h00 du matin lorsque notre Tuk tuk nous y emmène à vive allure, slalomant sur les petites routes de campagne en terre battue. Un bras de rivière se découvre et nous arrivons enfin dans un premier village sur pilotis. Le spectacle est saisissant. Nous découvrons des maisons qui s’élèvent à plus de 15m de haut. Les pilotis sont complètement hors de l’eau. Nous sommes en saison sèche et le lac et ses affluents sont donc à leur plus bas niveau.

 

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Il faut savoir que le lac Tonlé sap est la plus grande étendue d’eau douce d’Asie du sud-est. Il est vital pour nombre de Cambodgiens qui dépendent entièrement de ses ressources naturelles. Alimenté en grande partie par le Mékong, il « gonfle » pendant la saison des pluies (juin-novembre) pour revenir à son niveau normal pendant la saison sèche. Il peut ainsi passer de 2m à plus de 10m de profondeur. Les habitants ont donc dû adapter leurs logements en fonction de ces variations, donnant naissance à ces fantastiques villages, soit entièrement flottants sur le lac, soit sur pilotis lorsqu’ils sont sur les rives.

Nous prenons une barque à moteur pour atteindre le lac et le village flottant. En remontant le bras de rivière, nous découvrons sur la rive, des petites maisons sur échasses. On nous raconte que toutes ces habitations sont entièrement détruites pendant la saison des pluies et reconstruites chaque année ! On devine l’intérieur des maisons, on aperçoit les pêcheurs sur la rive et les petits véhicules remontant les herbes et algues fraîchement coupées.

 

 

L’eau se fait plus claire et nous arrivons sur une grande étendue d’eau, début du lac Tonlé sap. Au loin, nous distinguons les silhouettes de maisons posées sur une ligne d’horizon bleu eau. Notre embarcation s’en approche, le moteur se coupe et nous dérivons doucement au milieu des habitations flottantes. Une magie se dégage de cet endroit accessible uniquement en pirogue. La lumière est douce et l’on n’ entend que le bruit du clapotis de l’eau. Nous n’osons pas faire de bruit, nous nous faisons tout petits, de peur d’altérer par notre présence, la quiétude de ce village. On se laisse aller à la contemplation et à la rêverie. On observe un bateau école où les élèves nous font des signes de la main ; une maison flottante colorée avec son linge en train de sécher « au balcon ». Au loin, on distingue des enfants qui se baignent, un bateau échoppe où l’on aperçoit un pêcheur qui se prélasse dans son hamac bercé par les flots, une femme qui fait sa vaisselle à l’arrière de son embarcation… Le temps est suspendu et nous aimerions rester des heures. Des frissons nous traversent… Pendant notre tour du monde, il y a certains instants qui nous touchent profondément et pour lesquels les mots nous manquent. Ce moment sur le Tonlé Sap en fait partie. La sensation d’être le témoin privilégié d’un mode de vie en voie de disparition et si éloigné de notre temps… Une envie de leur crier de ne rien changer, de ne pas se laisser aspirer trop vite par notre société moderne…

 

 

 

Escale à Kampong Cham, en direction de Phnom Penh

 

Rien que pour le plaisir de passer sur le pont en bambou le plus grand d’Asie du sud-est et se prendre pour un aventurier, nous décidons de nous arrêter une journée à Kampong Cham. Ce pont relie la ville à l’île voisine : Koh Pen. Nous louons donc deux scooters et partons sillonner les routes de cette petite ile de 7 km de long. Arrivé devant le fameux pont de bambou, le spectacle est impressionnant. Le pont, sorti tout droit d’un autre temps, semble tenir avec des allumettes et se prolonge à perte de vue. Nous avons lu que cet ouvrage de 400 mètres de long, est reconstruit chaque année à la fin de la saison des pluies en novembre.

 

 

Nous nous engageons fébrilement en scooter… Avec les filles derrière, ce n’est pas évident de garder l’équilibre. On ressent une sorte d’élasticité et on entend le pont craquer sous nos roues. Tout en serrant les dents et en évitant la circulation, nous progressons donc lentement pour arriver de l’autre côté. Bref, quelques frayeurs mais heureusement le bambou est sacrément résistant !

 

Nous découvrons une île charmante ; une longue route bordée de végétation luxuriante, de nombreux arbres fruitiers, des petites maisons traditionnelles, des animaux et des gens qui semblent vivre tranquillement au rythme de la nature… Les enfants accourent vers nous pour nous saluer, ponctuant notre route de nombreux « Hello, Hello ! ». Nous nous faisons arrêter régulièrement par des villageois curieux de nous rencontrer. Nous sommes même invités par une famille dans leur maison pour déjeuner. Les femmes touchent les cheveux des filles, leur peau, allant même jusqu’à soulever leur robe afin de vérifier qu’elles sont faites comme tout le monde ! Moment touchant et éclats de rire. Nous repartons avec deux grands sacs remplis de mangues offertes aux filles. Nous sommes très émus par la gentillesse de cette famille, qui, sans vouloir tomber dans le larmoyant, ne possède presque rien et nous a offert beaucoup…

 

 

Nous assistons en chemin à diverses scènes de vie rurale du Cambodge. Au bout de l’île, nous nous arrêtons à nouveau un bon moment pour admirer le reflet du soleil sur la rivière avec au loin les barques des pêcheurs. De gros nuages se profilent et nous rappellent à la réalité. Il faut rejoindre rapidement la ville car nous n’avons vraiment pas envie de traverser le pont de bambou sous un déluge. Le lendemain nous reprenons la route en direction de la capitale.

 

 

Phnom Penh, « La bouillonnante et la martyre »

 

Phnom Penh, capitale du Cambodge est située au croisement du lac Tonlé Sap et du Mékong. La ville fut un carrefour marchand grâce à sa localisation stratégique. C’est aussi une ville martyre qui vécut les plus grandes atrocités de l’histoire du pays (bombardements, camp de tortures, déportations).

 

Nous sommes déposés par notre bus dans le centre de la ville. Nous n’avons pas réservé de guesthouse et suivons deux backpakers qui ont identifié une adresse bon marché et bien placée, dans leur guide. Une fois posés, nous partons à la découverte de la ville. Nous y restons 3 jours, le temps des visites, des cours des filles et de quelques emplettes. Phnom Penh nous apparaît tout de suite très animée. Nous arpentons des rues pleines de vie, découvrons les couleurs et les odeurs des marchés, regardons les cambodgiens vivant dehors ! Bref, on se sent bien dans cette ville ! Notre guesthouse est située près du quai Sisowath, dont la rive a été aménagée en promenade piétonne. Le soir, nous aimons bien nous y rendre. Les filles s’amusent sur les agrès de sport installés le long du quai, pendant que nous observons, amusés, les cambodgiens se détendre, discuter, manger, y faire leur footing ou y pratiquer un cours de Tai Chi.

 

La prison Tuol Sleng « La folie Humaine »

 

Après de nombreuses hésitations, et après avoir demandé conseil à certaines personnes, nous décidons d’aller visiter la fameuse prison Tuol Sleng de Phnom Penh avec les filles. Nous serons vigilants et tenterons de détourner leur attention si certaines images sont trop choquantes. Ce lieu, appelé aussi camp S-21, est surement un des témoignages les plus poignants de l’autogénocide perpétré par les khmers rouges entre 1975 et 1979. Tout d’abord le site : un lycée français réquisitionné par les hommes de Pol Pot. Nous foulons le sol de ce lycée où autrefois de nombreux élèves ont été instruits, ont joué dans le parc, ont rempli les salles de classe, de leurs paroles et de leurs rires. Au milieu de la cour de récréation, le portique des balançoires fut transformé en potence. Considérée comme la prison la plus terrifiante du Cambodge rouge, on estime à près de 17 000 personnes le nombre de cambodgiens arrêtés, torturés par des gardiens qui n’étaient pour la plupart pas plus vieux que 15 ans, endoctrinés par les idéologies de 5 hommes : Pol Pot, Khieu Samphân, Ieng Sary, Nuon Chea, Kaing Guek Eavun alias Duch, le directeur du camp S-21

 

 

Ce qui nous a le plus marqués, c’est le silence régnant lors de la visite. Un silence lourd et éloquent. Mais ce sont aussi les explications de ce drame et la démesure des atrocités : plus d’un tiers du pays décimé en 1 an. Comment l’homme est il capable de cela ? Nous réalisons que ces stigmates de l’histoire datent d’hier, à peine 30 ans. Et que les témoins de ce temps, sont là, à peine âgés de 60 ans et sont debout. Du reste, nous croisons un des 7 rescapés de ce camp, à la fin de la visite qui tient un petit stand pour une association de victimes. Impressionnant de croiser un témoin survivant de cet enfer… Dernière étape, la côte, ses plages et ses pêcheurs.

 

 

Kep, ses crabes, ses marais salants et sa jungle

 

Kep est une petite station balnéaire située au sud du pays, à 25 km de Kampot et à quelques kilomètres de Ha Tien, la frontière avec le Vietnam. Cette ville était très populaire entre 1900 et 1960. C’était le petit Saint-Tropez du Cambodge. L’élite française et cambodgienne y passait ses vacances. Après les Khmers Rouges, la ville a été un peu abandonnée, ce qui lui donne un aspect désuet mais aussi un certain charme. Il s’y dégage une douceur de vivre et une tranquillité vraiment agréable. Nous nous laissons porter du reste par cette ambiance et passons 5 jours à vivre un peu comme en vacances : Pains au chocolat dans la boulangerie du village (les premiers depuis notre départ), déjeuner au marché aux crabes, balade le long de la plage en fin de journée pour voir les singes, flânerie dans les marais salants et scooter dans la campagne pour découvrir les fameuses plantations de poivre ou explorer les environs. Nous passons même une soirée, un peu comme à la maison, avec Antoine et Marion, que nous avons retrouvés par hasard. Ils nous invitent à partager un barbecue de fruits de mer dans une superbe villa qui leur a été prêtée.

 

 

Le symbole de Kep, c’est son crabe bleu. Les crabes sont conservés dans des nasses en bambou en attendant d’être dégustés dans de multiples petits restaurants au bord de mer. Un vrai régal ! On le déguste sauté, grillé, bouilli et à toutes les sauces : sucré, salé, au poivre de kampote… Nous aimons beaucoup ce marché et son ambiance si particulière. Il fourmille de monde, de pêcheurs, de vendeurs, d’acheteurs et tout cela dans une cacophonie ambiante. Nous nous y rendons chaque jour pour déjeuner ou pour observer les femmes de pêcheurs, accroupies sur le quai autour de leur pêche, négociant bruyamment chaque pièce, exhibant fièrement leurs crabes, aux pinces soigneusement ficelées.

 

 

Il est temps de partir et de rejoindre Phnom Penh afin de prendre un avion, direction le sud de la Thaïlande et ses îles. Nous pensions passer en coup de vent au Cambodge, finalement nous y sommes restés tout de même 3 semaines, nous laissant peu à peu envouter par ce pays. Le Cambodge est pour nous une très belle surprise. Certes, c’est un pays pauvre et meurtri mais avec tellement de richesses. Nous y avons vu un peuple fort, digne et plein de vie. Nous avons vu des lieux magiques et fait de belles rencontres. Que demander de plus, nous avons été comblés…

 

 

 

 

 

 

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Chapitre 8 # Laos – Mai 2015 .

Posted on 18 juin 2015

Le Laos, ou la douceur d’un pays tranquille.

 

Le Laos, surnommé « le pays du million d’éléphants », est un pays enclavé et étiré entre la Chine, la Thaïlande, le Vietnam et le Cambodge. Il est constitué de montagnes, de forêts, de hauts plateaux et est traversé par le Mékong et ses affluents. Le pays est réputé pour sa douceur de vivre et la gentillesse de ses habitants. Les gens vivent ici vraiment  « tranquillement ».

Notre arrivée au Laos se fait depuis la Thaïlande par la ville de Chiang Khong. Nous restons 2 jours à la frontière pour préparer notre itinéraire et profiter du calme de cette petite ville au bord du Mékong. Une fois la frontière passée, l’idée est de descendre pendant 2 jours le Mékong, en slow boat, jusqu’à la ville de Luang Prabang.

 

 

Le passage à la frontière n’est pas très compliqué mais composé de nombreuses étapes quelques peu fantasques : Prendre un tuk tuk pour rejoindre le poste frontière, coté Thaïlande ; prendre un bus de 2 mn pour passer sur le pont qui mène vers l’autre rive, coté du Laos ; faire les visas ; reprendre un tuk tuk pour enfin rejoindre l’embarcadère et le bateau qui doit nous emmener à Luang Prabang. Nous pouvions craindre quelques tentatives de racket mais finalement le petit circuit se déroule sans encombre.

 

Nous voilà donc installés dans le slow boat pour 2 jours sur le Mékong. Durée du trajet : 6 heures le premier jour et 8 heures le deuxième. Il va falloir faire preuve d’imagination pour occuper les filles pendant tout ce temps ! Nous faisons le trajet avec la famille américaine, les Morris, que nous avons rencontrée au nord de la Thaïlande et pour qui nous avons eu un vrai coup de coeur. Leurs deux enfants, plus âgés que les filles, se prêtent toutefois avec beaucoup de gentillesse aux jeux proposés par les filles et leur apprennent en retour quelques jeux « made in USA ».

 

Pendant le trajet, on se laisse bercer par la monotonie du paysage, monotonie parfois rompue par la vie aux abords du Mékong : villages, enfants jouant dans l’eau, pêcheurs jetant leurs filets, orpailleurs agitant leurs tamis… Un grand calme règne sur les rives du fleuve, bordé de part et d’autres par une forêt dense. Plus les heures passent, plus les échanges entre passagers se multiplient. Les filles et les petits américains jouent au UNO avec quelques backpackers anglais… et l’on se dit que tout le monde commence à fatiguer lorsque qu’en fin de journée, la moitié du bateau se met à chanter « frère jacques » en choeur !

 

 

Le deuxième jour, nous accostons à 16h à une dizaine de kilomètres du centre ville de Luang Prabang. Nous sommes obligés de prendre un tuk-tuk avec un prix fixe assez cher… pour nous faire débarquer là où le chauffeur l’a décidé… c’est à dire dans le centre ville de Luang Prabang.

 

Luang Prabang, petit joyau du Nord du Laos

Luang Prabang est très agréable. Tout est harmonieux dans cette petite ville : son architecture coloniale, le chant des moines le matin et le soir, l’eau du Mékong et de la Nam Kham river qui encercle la ville…. Les nombreuses pagodes ou « Vat » sont parmi les temples bouddhistes les plus sophistiqués de l’Asie du Sud-est et sont magnifiquement décorées. Puisque nous nous y sentons bien, nous décidons d’y rester 3 jours, d’aller ensuite faire une virée un peu plus au nord du pays puis de revenir à Luang Prabang quelques jours avant de poursuivre la suite de notre itinéraire laotien.

 

Nous apprenons que la famille Simon, que nous avions rencontrée en Nouvelle Zélande, est également à Luang Prabang. C’est vraiment sympa de les retrouver plusieurs mois après les avoir croisés… Nous nous donnons RV pour une soirée à Utopia, restaurant zen de la ville situé au bord de la rivière. Les Simon ont trois filles, pleines de peps, âgées de 7, 8 et 9 ans. Voilà donc 5 petites têtes blondes courant partout, contentes de pouvoir jouer ensemble. Pendant ce temps, nous passons la soirée avec les Simon et les Morris à nous raconter nos aventures.

 

 

Le lendemain, on garde les mêmes (la famille Simon, la famille Morris et la famille Chantérac) pour une virée aux cascades de « Kuang Si Waterfall ». A l’entrée du parc, nous longeons un enclos où se trouvent des ours recueillis et sauvés du braconnage. Les enfants sont ravis. Quelques mètres plus loin, nous voilà devant le premier plateau de la cascade. Le site est magnifique, l’eau est turquoise, la végétation est luxuriante… On se croirait presque dans le jardin d’Éden ! Certains bassins sont ouverts à la baignade et il y a même des petits poissons qui viennent nous grignoter les peaux mortes des pieds. Mmm !

 

 

L’après-midi, nous déambulons à Luang Prabang au hasard des ruelles, découvrant les richesses historiques de la ville, ses moines, ses maisons coloniales, ses temples, les rives du Mékong et ses jolies lumières. Nous terminons la journée en rejoignant nos amis au marché de nuit pour un diner buffet à volonté à 1€ par personne. C’est la fête !

 

 

Ban Simoun koun village, ou la vie au rythme des Laos

 

Le temps est venu de rejoindre un petit village Lao situé à 80 km de Luang Prabang. Nous allons passer 6 jours chez Joël et Noy, un couple franco-lao.

 

Après 2 heures de bus local dans un véhicule brinquebalant, nous sommes lâchés à un pont perdu dans le nord du pays. Joël, chez qui nous nous rendons, est là pour nous accueillir. C’est en pirogue que nous allons rejoindre le village de Ban Simoun Koun, composé d’environ 200 habitants. Il se situe au bord de la rivière et au milieu de collines verdoyantes.

 

 

Une fois installés, nous faisons la connaissance de la femme de Joël, Noï et de Maly, une petite fille de 1 an qu’ils ont adoptée. Leur accueil chaleureux nous met tout de suite à l’aise. En début d’après-midi, deux autres voyageurs nous rejoignent. Thierry et Corine sont médecins urgentistes dans la région parisienne et en vadrouille pour 6 mois en Asie. Nous découvrons un couple adorable et passionnant. Encore une jolie rencontre !

 

Pendant 6 jours, nous allons vivre au rythme de ce village : balades, échanges avec les villageois, jeux avec les enfants, et tous les soirs, le rendez-vous incontournable du fameux bar du village où certains se retrouvent, jouent à la loterie nationale ou se racontent leur vie et leurs petits problèmes. Tout cela se fait dans un mélange de lao, français, anglais et langage des mains. On finit par se faire comprendre. Un autre moment que nous aimons particulièrement est la baignade de fin de journée dans la rivière. C’est l’équivalent des bains publics : les enfants jouent dans l’eau, les grands font leur toilette et certaines femmes font la lessive. Bref, on prend le temps de vivre au rythme Lao … Et ça, pour notre plus grand bonheur !

 

 

Durant ce séjour, Joël nous emmènera une journée dans des villages et tribus alentour, une autre faire des courses dans le marché local le plus proche et une troisième, marcher à travers la jungle environnante.

 

« Bienvenue en terre inconnue ». Nous voilà partis à la découverte de villages et tribus plus reculés. Nous remontons la rivière en pirogue à travers les montagnes et plantations. Joël nous raconte que les gens du village viennent parfois pique-niquer au bord de la rivière. Ils ne prennent que le riz et quelques condiments avec eux et trouvent tous les autres ingrédients sur place dans la nature. « Ils ont une parfaite connaissance de leur environnement » nous dit-il. Certains pêchent des crustacés, d’autres vont cueillir les légumes et ils se préparent un super repas. Quelle liberté ! Tout au long du chemin, Joël nous explique la façon de vivre de ces peuples, leur quotidien et nous nous arrêtons pour voir leurs plantations.

 

 

A l’approche du premier village chez les Laoleu, nous passons à coté d’un petit barrage confectionné avec des pierres. L’hélice permet d’alimenter le village avec un peu d’électricité. Et oui, bien que le pays soit réputé pour ses barrages, ces petits villages reculés n’ont pas l’électricité. Nous sommes accueillis par les enfants, mais aussi par les anciens et allons au cœur du village pour déjeuner. Nous assistons au filage et au tissage du coton. Les filles sont hypnotisées par l’agilité de ces femmes et nous, par leur grâce et leur savoir faire ancestral.

 

 

Le déjeuner terminé, nous revoilà en route pour le second village, celui des Mong. Le village est encore plus pauvre, les enfants courent dans la boue, sont habillés d’un rien et  quelques gros ventres nous laissent même imaginer la malnutrition de certains … Mais toujours ces visages souriants… Pendant que les filles font la connaissance des enfants, nous sommes invités par le chef de la tribu à nous asseoir un moment. Il a 7 femmes. Son visage est lumineux. Il fume une pipe artisanale et entre quelques bouffées, nous interpelle sur nos enfants. Pour lui, comme pour de nombreux lao, les enfants blonds à la peau claire sont une curiosité. Certains bébés ou petits enfants, qui n’ont encore vu que très peu de blancs, ont d’ailleurs peur de nous.

 

 

Dernière étape de cette journée, le village des Kamou ou Laoteun. L’accueil est encore plus chaleureux. Nous sommes rapidement suivis par une horde d’enfants, curieux, espiègles, pour certains un peu timides. On entend des rires et on sent de la joie … Les enfants n’ont rien ou presque mais inventent des jeux avec trois bouts de ficelle : un cerf-volant avec un sac en plastique, des élastiques en guise de billes, une pétanque avec lancer de tong… On les sent libres, ils vagabondent ensemble à travers le village et les parents ne sont pas inquiets de savoir où ils sont… Les grands s’occupent des petits, les petits des touts petits…. Quelle journée !

 

 

« Petites emplettes au marché des merveilles »

Au marché du village, on vend un peu de tout. Légumes et herbes magiques, pousses de bambous croquants, champignons étranges, poisons -chats géants, rats rôtis, hamsters à la broche, crabes translucides, chats sauvages, crapauds baveux, sans oublier les épices multicolores. Tout ce qui se chasse et se ramasse se mange et les filles découvrent avec surprise et un peu de dégout, cette caverne aux mille mets étranges.

 

 

 

« Voyage au cœur de la jungle »

Cette petite excursion devait être une promenade de santé, mais c’était sans compter la gastroentérite qui frappa l’ensemble de notre équipe d’aventuriers !! Prenant notre courage à deux mains, nous décidons de ne pas faiblir devant le challenge. Et c’est sous une chaleur de plomb, que nous partons, machette à la main, remonter une rivière les pieds dans une eau marécageuse. Nous nous frayons un chemin à travers les fougères, écartant les lianes, escaladant quelques rochers pour nous enfoncer davantage dans la forêt tropicale. Au détour d’un chemin, nous croisons un agriculteur bêchant courageusement sa parcelle de terre à flanc de colline. Le travail est titanesque et on se rend compte de la pénibilité de leur labeur. Continuant notre chemin, nous nous arrêtons dans une petite hutte de bambou, au milieu de nulle part pour boire et écouter les bruits de la nature. Le Laos est un pays où il existe encore des forêts sauvages, où seul l’initié arrive à s’aventurer. Nous goutons un peu de ce bout du monde. Après 3 heures de promenade, nous retrouvons le village avec soulagement !

 

 

C’est l’heure de dire au revoir à Joël. Lorsqu’on vient chez Joël, c’est un peu comme si on venait chez un vieux copain, sauf que Joël, on ne l’a jamais vu avant. C’est un de ces personnages qui a eu mille vies, mille métiers, mille pays… On pourrait écrire un roman sur lui. On s’étonne de la générosité et de l’authenticité avec laquelle il nous a fait partager sa vie au village et ses connaissances sur les coutumes lao. Notre séjour touche à sa fin et nous quittons toute la petite famille avec émotion, conscients du super moment que nous avons pu vivre grâce à eux.

 

Cette semaine à Ban Simoun koun et la visite des autres villages nous laissent songeurs.

Nous avons été impressionnés par les enfants que nous avons croisés. Lorsque les filles sortent leurs légos, ils jouent avec et leur rendent consciencieusement chaque petite pièce avant de partir ; lorsque nous leur donnons quelques bonbons, la distribution se fait dans le calme et les enfants qui arrivent trop tard ne réclament rien. Autant dire que les jérémiades de nos deux chères têtes blondes ont été plus difficiles à vivre cette semaine là pour nous !

 

Par ailleurs, il existe une certaine harmonie au sein de ces villages. Malgré des conditions de vie difficiles, on sent les gens heureux. L’idée selon laquelle le bien-être matériel nous éloignerait du vrai sens de la vie nous effleure l’esprit. D’où vient ce bonheur ? Quand on demande à Joël ce que l’on pourrait apporter aux Lao de son village, il nous dit qu’il ne sait pas très bien. Et quand on le questionne sur les ingrédients de ce bonheur, il nous répond que la question est difficile. Il nous explique d’abord que l’esprit de communauté est très fort et que l’esprit de propriété est moins marqué que chez nous… « Les uns viennent chez les autres sans demander, se prêtent le matériel, unissent leurs forces pour améliorer la vie du village » Il nous dit aussi que la terre du Laos est suffisamment fertile pour que tous puissent se nourrir à peu près correctement. Enfin, il souligne le fait que les Lao ont une grande maîtrise de leur environnement. « Ils sont tous capables de construire leur maison, de réparer leur scooter, de reconnaître les plantes dans la nature et leurs usages… Bref, ils s’autosuffisent »

 

Intrigués, nous lirons aussi sur le sujet et comprendrons que la place du spirituel si importante en Asie, y est également pour beaucoup. Qu’ils soient bouddhistes, animistes, hindouistes ou un mélange de tout cela, la philosophie générale qui semble s’en dégager est de vivre avec ce que l’on a. Certains diront qu’ils s’accommodent des obstacles et se résignent un peu à leur sort, d’autres argueront que la pauvreté les incite à se concentrer sur les relations qu’ils ont avec leurs enfants, leurs dieux et leurs amis, lesquelles deviennent plus chargées de sens avec le temps. Le constat est là et sans appel, ils vivent l’instant présent et semblent vraiment heureux.

 

Retour à Luang Prabang avant de partir vers le sud du pays. Il fait tellement chaud que nous allons déjeuner deux jours de suite, dans un hôtel avec piscine pour nous rafraîchir. Autrement, nous prenons plaisir à nous promener dans les marchés locaux, les petites ruelles, les temples, la rivière… Un matin, le réveil sonne plus tôt que d’habitude. Il est 5h30 quand nous sortons assister à l’aumône des moines. Chaque jour, au lever du soleil, le même rituel se répète : dans un silence religieux, les bouddhistes viennent se poster devant leur maison, et attendent l’arrivée des bonzes. Devant chaque demeure, les moines présentent leur panier pour recevoir les offrandes de nourriture (du riz mais aussi gâteaux, fruits et confiseries) pour leur journée. Il faut savoir que les moines ne vivent que de l’aumône et n’ont pas le droit de gagner ni de dépenser de l’argent. Le temps est venu de continuer notre périple.

 

 

Vang Vien, la fantaisiste

 

Nous voilà à Vang Vien, petite ville du Laos située entre Luang Prabang et Vientiane, sur les bords de la Nam Song river. Cette ville fut réputée pendant longtemps pour être le Rdv des voyageurs fêtards où l’alcool coulait à flot et où l’on trouvait opium et marihuana à profusion. Tout ceci est presque terminé et le gouvernement a fait diminuer tous ces excès. Vang Vieng est d’abord un petit paradis aux paysages somptueux, sorte de mini-baie d’Halong terrestre mais aussi un endroit où il fait bon vivre et laisser le temps passer.

 

 

Nous partons à la découverte des alentours au moyen de deux petites motos de location. Deux boucles, est et ouest, offrent l’opportunité de parcourir d’immenses rizières d’un vert émeraude, s’étalant au pied de hauts massifs de jungle. Nous sillonnons d’abord la boucle Est. En fin de journée, des nuages noirs commencent à s’amonceler. Le vent se lève, agitant les arbres comme des pantins désarticulés et une chape de froid se met à tomber. On accélère le rythme, de peur de se faire tremper. Les paysages sont superbes… Concernant la boucle Ouest, Florent responsable de l’itinéraire, nous perd dans la campagne environnante pour le plus grand agacement d’Aurélia. Les pistes sont en mauvaises état et nous finirons la journée avec quelques douleurs lombaires !

 

 

Nos escapades dans les alentours de Vang Vien nous donnent aussi l’occasion de passer une après-midi au « blue lagon », connu pour son eau turquoise. Les filles enchainent d’abord des plongeons dans l’eau, balancées par une corde, puis, nous partons jouer les petits spéléologues en herbe dans la gigantesque grotte de Tham Poukham. Frontale sur la tête, nous découvrons un bouddha couché, éclairé par un léger faisceau lumineux et passons une bonne partie de l’après midi à explorer les différentes salles et galeries de cette grotte immense. Super !

 

 

Petit séjour au paradis des animaux.

 

Sur les conseils de Joël, nous décidons d’aller passer 2 jours au Nirvana eco-lodge dans le village de Ban Tha Hua à 20km de Vang Vien. Un petit coin perdu au bord d’un lac de plus de 50km de long. Le propriétaire s’occupe d’animaux sauvés du braconnage : singes, chats sauvages, oiseaux rares et, a même recueilli récemment un bébé ours. Assez unique de voir un petit ourson se promener en liberté le matin au petit déjeuner sur la terrasse et se dire que dans 6 mois, il pèsera 100 kilos et qu’il ne pourra plus être approché car il aura repris son côté sauvage.

 

 

L’endroit est paisible et de nombreux voyageurs au long cours ont fait un stop sur leur parcours dans ce petit coin de nature. Toutes la nationalités se côtoient, Lao, Australiens, Anglais et oh surprise, des français qui habitent à deux rues de chez nous en France. Le monde est petit. Nous passons 2 jours bien agréables à échanger avec tous ces voyageurs, nous baigner dans le lac, aller voir l’île aux singes : une île sur laquelle le propriétaire a remis certains singes en liberté.

 

 

Cette jolie parenthèse se termine. Direction Ventiane, la capitale du pays, pour ensuite rejoindre Paksé plus au sud. Pour cela, nous prenons un bus de nuit. Notre bus, rafistolé à coup de scotch et de rivets, n’a pas fière allure et nous ne sommes pas très rassurés au moment de partir. Ceci dit, notre espace couchette de 6 M2 rien que pour nous est plutôt bien aménagé et d’un confort correct. Au final, nous nous endormons rapidement et passons une nuit presque normale. Rapide passage à Vientiane, visite d’un temple et nous reprenons la route.

 

 

Roadtrip de 3 jours sur le plateau des Bolovens

 

Paksé est le point de départ de la visite du temple Wat Phou ou du plateau des Bolovens. C’est d’ici que nous partons faire un roadtrip en scooter pendant 3 jours, découvrir ce plateau montagneux à 1500 m d’altitude ; réputé pour ses villages ruraux, ses cascades, et ses plantations de café, thé et hévéa. Nous optons pour faire la petite boucle en sens contraire, soit 230 km en 3 jours. Nous voilà donc sur la route avec nos deux scooters, cheveux au vent. La route est bitumée, donc confortable. La fraîcheur de l’air due à l’altitude nous surprend. Nous redécouvrons des odeurs et surtout des fleurs. Nous nous arrêtons pour notre première étape, aux magnifiques chutes d’eau de Tad Champi et de Tad fan. Nous restons bien 3 heures à Tad Champi à nous baigner, jouer avec un radeau, écouter le grondement de l’eau et le bruit de la forêt sauvage. Sieste pour Jeanne, pause lecture pour les autres. Nous sommes au Paradis. Le temps passe et la nuit commence à tomber. Petit crochet pour voir la chute vertigineuse de tad Fan et nous repartons rapidement vers notre guest house à Pakson. Nous arrivons de nuit, pas très rassurés, sous la pluie qui commence à tomber. Le lendemain, direction Tad lo à 70 km, joli petit coin de nature. Notre logement est simple mais avec du charme et au bord de la rivière. L’après-midi se déroule paisiblement : balade au bord de l’eau, baignade des éléphants, coucher de soleil, jeux avec les enfants du village. Le troisième jour, nous regagnons Paksé en nous arrêtant chez Mister Vieng, pour déguster un café glacé. Nous profitons des explications du propriétaire sur la culture du café pendant que les filles dorlotent des bébés ratons laveurs. Le soir, nous dinons sur le toit d’un hôtel de Paksé avec Corine et Thierry que nous avions rencontrés chez Joël. Un vrai plaisir de les retrouver.

 

 

Les 4000 iles, petits bouts de terre au milieu du Mékong.

 

Notre périple au Laos se termine aux 4000 iles, petits confettis de terre au milieu du Mékong. Seules trois de ces iles sont habitées et nous décidons de poser nos valises sur la plus familiale. Pour se déplacer, tout se fait en vélo ou par bateau et cela contribue à l’atmosphère si douce, calme et paisible de l’endroit. Nous retrouvons la famille Simon qui nous avait devancés et filons avec eux découvrir une plage « secrète » qui permet de se baigner dans la rivière sans courant. Le temps est lourd et ce petit coin est une aubaine. Nous sommes seuls et les enfants s’en donnent à cœur joie. Nos amis partent le lendemain vers le sud du Cambodge et nous savons alors que nous ne les croiserons plus. Ciaobyebye les Simon, bonne route et qui sait, RDV peut être en France !

 

 

Le Laos est définitivement le pays des rencontres puisque le lendemain, nous faisons la connaissance d’une autre famille avec 4 enfants faisant aussi un tour du monde. Encore une rencontre de qualité et de jolis moments partagés qui se poursuivront au Cambodge. Suite au prochaine épisode !

 

S’il fallait retenir quelques découvertes de ce passage au Laos, c’est avant tout et toujours les hommes. Les voyageurs mais aussi le Lao, avec sa gentillesse, son sourire, sa douceur, sa nonchalance et avec son bonheur rayonnant apparent. Mais c’est aussi l’apprentissage d’un autre rythme, du temps présent sans projection dans le futur, de l’approximation, d’horaires très fantaisistes et aléatoires, bref d’un autre temps.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Chapitre 7 # Thaïlande du Nord – Avril 2015

Posted on 19 mai 2015

Bangkok et le Nord de la Thaïlande

 

Ça y est, nous sommes en Thaïlande : pays du sourire, aux milliers de temples, avec ses montagnes, ses lacs, ses maisons flottantes, ses rizières et ses îles paradisiaques. Nous allons passer quelques semaines dans le nord du pays puis nous y reviendrons dans 2 mois pour aller dans le sud et profiter des plages.

 

 

Nous arrivons à Bangkok, mégalopole aux embouteillages gigantesques et à l’architecture chaotique et passons 4 jours à visiter la ville et à préparer notre périple dans l’intérieur des terres. Notre auberge est très agréable, située dans une petite rue du centre de Bangkok et donc à l’écart de la frénésie des grandes artères. Nous en profitons pour visiter les monuments et temples de la ville. Pour nous rendre à l’ancien palais royal, nous embarquons sur un des bateaux-bus rouges réguliers qui remontent la rivière, le Chao Phraya.

 

 

Une fois sur place, le lieu est déjà pris d’assaut par de trop nombreux touristes… Allez, on prend une grande respiration et on y va… L’endroit est impressionnant … Opulence, excès, scintillement sont au rendez-vous. Ensuite, direction le temple du bouddha d’émeraude et le Wat Pho, temple du bouddha couché. Tous deux également impressionnants de démesure et de décorum.

 

 

Le jour suivant, nous poursuivons sur notre lancée et allons visiter l’un des plus grands bouddhas debout de Bangkok puis un superbe temple surplombant la ville sur la montagne d’Or.

 

 

Toutes ces visites nous immergent dans la culture bouddhiste et la beauté de ces  « wat » nous plonge dans la richesse de cette philosophie teintée de religieux. Nous n’avons pas encore réponse à toutes les questions des filles mais nous comptons bien profiter de notre séjour en Asie du sud-est pour comprendre les principaux fondements de l’hindouisme et du bouddhisme.

 

Le soir, nous trouvons un petit restaurant dans une ruelle piétonne (ou presque) très sympa. Ce sera notre lieu de QG pendant nos 4 jours. On découvre avec plaisir la cuisine thaïlandaise, sa diversité et ses gouts exotiques, pour un prix vraiment modique.

 

C’est bientôt l’anniversaire de Jeanne, qui compte les jours depuis un mois déjà… trop excitée de le fêter pendant le tour du monde. Sa grand-mère lui a envoyé un cadeau chez une amie de la famille : Cathy. Florent et Cathy ont tous deux vécu en Corée du Sud lorsqu’ils étaient enfants et leurs parents, expatriés en même temps, sont restés très proches. Pour nous rendre chez Cathy, le moins cher est de prendre le métro puis un taxi. Nous partons un peu plus tard que prévu et arrêtons un taxi pour savoir combien cela nous couterait de faire le trajet intégralement avec lui. Il nous explique qu’il faudrait environ 4 heures pour atteindre notre destination au vu de la circulation à cette heure de la journée. Quelle ville ! Paris est une petite ville de province à coté. Une fois arrivés à bon port, nous passons la soirée avec Cathy et ses deux filles. Cathy et son mari ont vécu de nombreuses années en Inde et ont emménagé en Thaïlande il y a quelques mois. Nous prenons plaisir à échanger avec elle sur leur vie en Inde et leur installation en Thaïlande pendant que les filles jouent ensemble…

 

Il fait très chaud à Bangkok et le bouillonnement de la ville nous donne envie d’un peu de calme. Le lendemain, direction Kanchanaburi au nord-ouest de Bangkok, à deux heures de route. Nous devons y passer quelques jours avant de rejoindre notre «  camp d’éléphant », un peu plus à l’ouest, près de la frontière avec la Birmanie. Kanchanaburi a été rendu célèbre par son pont qui enjambe la rivière Kwaï ; pont qui fut construit en 1942 par des prisonniers de guerre, sous le commandement des troupes japonaises. Outre l’intérêt historique de cette région, la ville est assez agréable et les environs comptent une nature préservée et de beaux paysages. Nous louons un scooter le lendemain pour deux jours. Aurélia se lance et c’est avec succès que nous partons « à la Thaïlandaise », chacun avec une fille entre les jambes, sillonner les chemins de campagne. La route est jolie ! Nous passons par quelques villages, allons voir le célèbre pont et quelques temples. Le soir, nous amenons les filles chez le coiffeur.

 

 

Le lendemain, c’est le dimanche de Pâques. Nous pouvons assister à la messe car il y a une église à Kanchanaburi. Nous sommes accueillis à bras ouverts par cette petite communauté. A la fin de l’office, les paroissiens nous invitent même à un verre de l’amitié. On échange un bon moment avec certains d’entre eux pendant que les filles en profitent pour manger les glaces et petits gâteaux qu’on leur apporte gentiment. Ils nous apprennent qu’il y a environ 5% de chrétiens en Thaïlande et que les différentes communautés religieuses coexistent avec tolérance. Nous assistons, ébahis, à la bénédiction des voitures. L’après-midi, nous reprenons notre scooter pour poursuivre la découverte des environs.

 

 

Le grand jour de notre départ vers notre camp d’éléphant est enfin arrivé ! Tout le monde est très excité. De Kanchanaburi, nous prenons le train sur le Pont de la Rivière Kwaï à 6h00 du matin pour arriver au terminus Namtok vers 8h30. Ce train est appelé train de la mort, car il fut construit par les prisonniers de guerre lors du conflit avec le Japon. Nombreux périrent sous la cruauté de leurs bourreaux et la difficulté des travaux. Nous découvrons une partie de l’histoire de cette région que nous connaissons peu et qui fut terriblement cruelle. Le train longe la Rivière Kwai et passe par d’impressionnants surplombs sur la rivière. Le spectacle, au lever du soleil, est très beau : rizières, plantations de bananiers ou de canne à sucre défilent sous nos yeux. Arrivés à Namtok, nous avons rendez-vous avec un chauffeur qui doit nous conduire sur différents centres d’intérêt et nous déposer en fin de journée au GANESHAPARK. Cascades, sources d’eau chaude, musée sur la guerre, temples et visite du barrage sont au programme de la journée…

 

 

Il est 17 h lorsque nous posons nos valises au ganesha park, accueillis par un énorme éléphant s’enfilant une montagne de bananes. Ce camp a été créé par un français, François, amoureux de ces pachydermes. Il a décidé de s’installer avec sa famille en Thaïlande, il y a 10 ans, pour réaliser son rêve : recueillir des éléphants malades ou maltraités, dans différents camps de touristes, pour leur donner une deuxième vie. Nous avons choisi de venir chez François justement car il propose un vrai contact avec les éléphants, dans un endroit sauvage et intimiste. Nous y passons 2 nuits et une journée. Nous installons nos bagages dans notre hutte spartiate en bambous et filons nous baigner dans la rivière au coucher du soleil. Le diner, pris en commun avec les autres voyageurs, se passe dans une joyeuse ambiance.

 

 

Le lendemain, c’est parti pour une journée riche en émotion : approcher les éléphantes, leur donner à manger, les toucher et monter sur leur dos !!! Nous sommes pris en main par les mahouts (cornacs), maîtres de ces colosses, ainsi que par deux jeunes bénévoles françaises qui nous expliquent comment vivent ces animaux et comment se comporter avec eux. Les filles sont impressionnées et un peu terrorisées. Etre en face de ces énormes animaux, nous rappelle notre petitesse. La journée s’écoule entre balade et baignade, au rythme de leurs pas lents et silencieux… On joue, on échange, on pleure un peu (les filles), on rit beaucoup…

 

 

En fin d’après midi, François nous annonce qu’un petit bateau nous attend pour nous emmener faire une promenade sur le lac au coucher de soleil. Quelle jolie surprise ! Nous passons aux abords de quelques maisons de pêcheurs sur l’eau et admirons les rives du lac et les lumières couleur orangée du soleil couchant. Puis, dernière soirée tout aussi animée que la veille et ciao bye bye les éléphants. On a vraiment adoré cette petite parenthèse au pays de Dumbo.

 

 

Chiang Mai, petit joyau du Nord de la Thaïlande.

Pour notre prochain stop, nous devons rejoindre Bangkok pour gagner ensuite la ville de Chiang Mai au nord de la Thaïlande. Cela n’est pas évident de trouver un moyen de rejoindre le nord car c’est le nouvel an Bouddhique dans 2 jours. Presque tous les Thaïlandais quittent Bangkok pour retourner dans leur village, fêter ce moment important en famille. Nous réussissons finalement à trouver des places dans un bus de nuit catégorie « VIP ». 5 heures de route du camp d’éléphants vers Bangkok puis 10 heures de Bangkok vers Chiang mai, la journée s’annonce rude et fatigante. Le premier trajet accompli, nous nous rendons au bureau de la gare routière de Bangkok pour récupérer les billets de notre second trajet. Nous découvrons que nous sommes en fait dans un autre bus d’une catégorie un peu inférieure, qui part une heure et demie plus tôt que celui que nous avions réservé. Nous n’avons eu aucune information pour nous prévenir !! Heureusement que nous sommes arrivés très en avance.

 

Malgré des sièges inconfortables, notre trajet se déroule bien. La qualité des routes thaïlandaises y étant surement pour beaucoup. A minuit, petite pause diner… Surprenant comme horaire… Nous découvrons avec amusement le restaurant d’étape de bord de route où tous les bus s’arrêtent, type Campanile avec menu local, c’est à dire bol de soupe ou noddles ! 5 heures du matin, coup d’épaule de l’hôtesse (qui ressemble plus à un dragon qu’à une hôtesse, à vrai dire) pour nous réveiller. Nous sommes à Chiang Mai, une des plus belles villes de Thaïlande avec ses canaux, ses temples et ses fortifications.

 

 

Nous avons réservé une charmante Guest House avec piscine, au dessus de notre budget habituel de routard, mais de temps en temps, comme dirait Nathalie, notre amie de Singapour, il faut se faire plaisir. Nous sommes accueillis par Yul, le propriétaire de l’hôtel. Il est Thaïlandais mais parle parfaitement Français car il a vécu une partie de sa vie à Fontainebleau. Cet endroit est un véritable coup de cœur, de part sa beauté, la gentillesse de Yul et la quiétude qui y règne. Nous décidons de prendre le temps. Le temps pour faire la classe des filles enfin confortablement, le temps pour visiter cette ville classée au patrimoine mondial de l’Unesco, le temps pour les loisirs (massages thaïlandais, spa aux poissons, piscine). C’est aussi le temps de la gastronomie Thaïlandaise car Yul est un cuisinier aguerri et nous enseigne quelques secrets de fabrication pour réaliser les fameuses Pad thaï et autres mets succulents. Le Samedi et le Dimanche, nous déambulons dans le marché de nuit. Les filles sont invitées dans un orchestre de musique traditionnelle et s’essayent aux gongs avec joie.

 

 

Le 13 avril, c’est le nouvel an bouddhique. Alors bonne année à tous !!! Bouddha a vécu 500 ans avant JC. Le calendrier bouddhique est donc en avance sur le notre. Durant 4 jours, les thaïlandais vont s’asperger à tous les coins de rue pour fêter la nouvelle année 2558. Chiang Mai est réputé pour être « the place to be » pendant cette fête car les nombreux canaux de la ville donnent accès à l’eau facilement.

 

 

Les filles sont folles d’excitation ! C’est équipés de pistolets à eau et d’un tuyau d’arrosage que nous commençons par asperger les pick-up et scooters passant devant notre Guest House avec Yul et sa sœur. Puis, direction le centre ville. Il y a un monde fou dans les rues et tous les moyens sont bons pour s’arroser… pistolets, seaux d’eau, … impossible de rester plus de 5 mn sans être complètement trempé. Les filles regardent ce spectacle les yeux ébahis, participant par moment aux festivités, se cachant derrière notre dos à d’autres moments. Quelle rigolade !

 

 

Voilà déjà 4 jours que nous sommes à Chiang Mai. Nous resterions bien plus longtemps mais l’appel du large se fait sentir. Nous décidons de louer une voiture pour quelques jours afin d’aller explorer l’arrière pays. Nous convenons de revenir le 17 avril à Chiang Mai, chez Yul, afin de fêter dignement l’anniversaire de Jeanne. Notre boucle passe par les villes de PAI, MAE HONG SON et MAE SARIANG. Elle est réputée pour son paysage montagneux et ses 2 000 virages… Cela promet, avec les filles et leur passion pour la voiture ! Après avoir trouvé un semblant de carte pdf sur internet et grâce à la géolocalisation google map, nous voilà partis à l’aventure sur les routes thaïlandaises.

 

 

Direction la fameuse ville de Pai, ville hippie où de nombreux occidentaux, nostalgiques des années 60, ont élu domicile et vivent d’amour et d’eau fraîche. C’est surprenant de voir sur les marchés, des familles occidentales avec enfants, style baba cool, vivant d’artisanat au milieu des commerçants locaux. Nous descendons dans une petite guest house aux bungalows sur pilotis en bambou … charmante et… qui détient le record du logement le moins onéreux jusqu’à maintenant en Thaïlande, soit 12 euros la nuit pour 4…

 

 

Le lendemain, en route vers la ville tranquille de Mae Hong Son et petite halte aux caves aux poisons. Nous sommes dimanche et de nombreux Thaïs sont venus se promener. Les tenues colorées de certains d’entre eux nous rappellent que plusieurs tribus vivent dans ces zones montagneuses du Nord de la Thaïlande. La plupart des habitants de ces groupes ethniques minoritaires ont émigré en Thaïlande au 20ème siècle, fuyant les conflits en Chine, au Myanmar et au Laos. Les tribus qui appartiennent à différentes ethnies (Akha, Hmong, Karen…) possèdent chacune une langue, des traditions et une organisation propres. Les habitants de ces tribus peuvent circuler librement jusqu’à Mae Hong Son mais pas plus loin puisqu’ils n’ont pas la nationalité thaïlandaise. Les filles profitent de cette pause pour se baigner avec d’autres enfants et s’amusent à sauter dans la rivière en se balançant à l’aide d’une liane.

 

 

Le jour suivant, nous nous rendons dans un village de réfugiés Kharen, pour rencontrer les femmes birmanes Padaung, communément surnommées les « femmes girafes ». En fait, nous apprenons que ce n’est pas leur cou qui s’étire sous le poids des anneaux comme on pourrait le penser mais les vertèbres qui s’affaissent et se développent vers le bas.

 

 

Le village ne compte plus que quelques familles aujourd’hui mais nous avons tout de même choisi de nous y rendre afin d’éviter l’option du village touristique. Les femmes perpétuent une ancienne tradition en portant des anneaux autour de leur cou. La tradition veut que la première spirale soit posée dès l’âge de cinq ans sous l’autorité d’un chaman, un jour de pleine lune. En grandissant, la spirale est remplacée par une plus grande et plus lourde jusqu’à l’âge adulte. Ce collier de cuivre et les bracelets d’argent (avant-bras et genoux) sont des signes de prestige et de richesse pour ces femmes. On raconte que le port de ces anneaux est voué à disparaître dans un avenir proche. Toutes les pettes filles que nous avons croisées dans le camp étaient en effet « épargnées ».

 

Le chemin chaotique nécessiterait un 4X4… nous tentons quand même avec notre berline. Après quelques frayeurs, nous arrivons à bon port. En descendant de la voiture, nous sommes un peu gênés. Comment entrer en contact avec ces femmes, sachant que nous ne sommes là que pour un moment et que nous ne parlons pas leur langue ? Nous nous dirigeons vers l’unique rue de ce village dans laquelle se trouvent quelques échoppes et saluons les habitants d’un « Sawat die Krab » ! « Bonjour » en thaïlandais. Nous nous approchons timidement, observons les femmes qui travaillent, échangeons quelques mots en anglais et achetons deux jolies étoles fait main. Nous nous disons que c’est notre petite façon de participer à l’essor de ces femmes qui ont des revenus très limités de part leur situation. Puis, nous reprenons la route vers Mae Sariang pour y passer la nuit.

 

 

Même si nous étions un peu gênés, nous sommes heureux d’être venus dans ce village. Peu de gens ont le privilège de rencontrer les femmes birmanes Padaung. On est forcement impressionné par ces minorités ethniques qui choisissent de perpétuer leurs coutumes ancestrales, au risque d’être persécutés à cause de leurs différences.

 

Après une bonne nuit de sommeil, nous testons le petit déjeuner thaïlandais inclus dans le prix de notre chambre : une soupe avec du riz et plein d’herbes différentes. Pas mauvais mais un peu rude au réveil pour nos estomacs de français ! En chemin vers Chiang Mai, nous nous perdons dans les montagnes, à la recherche d’un village MONG. La petite route que nous empruntons monte, monte, monte à n’en plus finir. La vue est très belle mais malheureusement les nombreux brûlis ce jour- là laissent comme un voile de fumée et gênent la visibilité. Le village est perché à flanc de colline et les habitations sont simples… A notre arrivée, les villageois , surpris, viennent nous voir… Les visages sont burinés par le soleil et le labeur mais toujours souriants. Nos deux petites têtes blondes deviennent vite un sujet de curiosité et les filles reçoivent un petit sac traditionnel confectionné à la main en cadeau.

 

Nous sommes le 17 avril et c’est le jour de l’anniversaire de Jeanne. Quelle joie pour elle. Elle a 6 ans. Nous retrouvons Chiang Mai et notre guest house avec plaisir. Le soir, c’est la grande fête : Yul nous prépare un diner succulent et un gâteau d’anniversaire. Jeanne est très fière d’avoir 6 ans et de devenir une grande. C’est fou comme elles grandissent vite… Jeanne ouvre ses cadeaux puis Yul propose aux filles d’envoyer dans le ciel deux lampions. « Le premier sera l’étoile de Jeanne et le deuxième, l’étoile de Louise » leur dit-il. « Faites un vœu avant de les lâcher ». Nous regardons les lampions s’envoler de plus en plus haut jusqu’à devenir un tout petit point scintillant qui se perd dans la voute céleste. C’est magique !

 

Quittant Chiang Mai, direction Chiang Rai pour 2/3 jours. Il ne nous faut que quelques heures de bus local pour atteindre cette petite ville proche de la frontière avec le Laos et la Birmanie. Nous louons un scooter pour aller voir le fameux temple blanc et nous baigner dans une cascade. En chemin, nous nous arrêtons au bord de la rivière pour déjeuner sur des nattes en bambou au bord de l’eau. Nous sommes samedi et tous les thaïlandais sont de sortie. L’ambiance est festive, les familles se retrouvent, discutent, mangent des grillades pendant que les enfants se baignent dans l’eau. Nous sommes les seuls occidentaux et les filles ont beaucoup de succès. Le soir, nous dinons avec un couple franco-britannique très sympa d’une cinquantaine d’années, qui nous raconte leur projet d’installation à Chiang Mai.

 

 

Le deuxième jour, nous réservons un guide pour nous enfoncer plus profondément dans la campagne. Le programme de la journée est chargé : visite des œuvres de l’artiste Thawane Duchanee ; plantations de thé ; arrêt dans un village de la tribu Laon puis d’une tribu chinoise et découverte du triangle d’or (point frontière entre la Thaïlande, le Laos et la Birmanie) avec en prime la visite du musée de l’opium. Très belle journée mais nous terminons sur les rotules.

 

 

Notre périple en Thaïlande du Nord touche à sa fin. Pour passer au Laos, nous nous dirigeons vers la ville frontière de Chiang Khong au bord du Mékong. Nous y passons deux nuits et croisons le chemin d’une famille américaine avec deux enfants avec qui des liens d’amitié se créent. Nous nous suivrons pendant quelques jours en Thaïlande puis au Laos (histoire à suivre dans notre prochain chapitre sur le Laos…)

 

Cette étape de notre tour du monde fut belle et riche, notamment en raison des nombreuses rencontres que nous avons faites. Nous réalisons que la rencontre de l’autre est vraiment une des richesses de ce voyage. La rencontre avec un grand R. Non pas le touriste mais l’autre : le voyageur, l’étranger, le local, l’habitant, le résident, celui de passage ou celui qui a posé ses valises … de toutes nationalités, de tous horizons, que nous n’aurions à priori eu aucune chance de rencontrer dans notre univers.

 

Nous nous rendons compte aussi que la rencontre est facilitée par le fait de voyager en famille, particulièrement avec des jeunes enfants. Notre statut devient particulier, nous sommes un phénomène bizarre au milieu de ce monde en perpétuel mouvement. Étrangeté de prendre 8 mois dans sa vie pour voyager, de plus avec ses enfants, alors que le monde tourne et qu’on court tous après le temps. Voyager au rythme d’une famille, avec ses règles, ses contraintes, est à part. Les gens sont surpris, curieux, intrigués mais ils trouvent toujours cela super. Une véritable chance ! Certains nous parlent de courage, d’audace. Cela nous paraît bien loin de nos motivations. Finalement, c’est bien plus simple que ça. Et puis, les filles sont les clés des nombreuses rencontres. Elles ouvrent les portes, font tomber les barrières et les gens succombent à leur charme, le charme universel de l’enfant. Nous remarquons qu’elles ont pris l’habitude de nouer des liens très rapidement avec les adultes et les enfants que nous croisons, sans être particulièrement affectées de laisser leurs petits copains derrière elles lorsque nous partons. Elles n’ont absolument aucune barrière. Cela nous oblige de temps à autre à leur rappeler qu’il faut cependant garder une certaine distance, par respect, par pudeur, voire par sécurité. Nous pourrions nous dire que c’est dans leur tempérament mais pas seulement. D’ailleurs nous avons été surpris de voir que tous les enfants que nous avons croisés, faisant des tours du monde, ont ce même élan pour la rencontre.

 

Et nous, et bien nous sommes aussi dans le même état d’esprit finalement. Nous acceptons ces rencontres éphémères, conscients qu’elles font partie d’une parenthèse. Ces rencontres qui appartiennent à ce temps et qui ont donc un caractère unique. Uniques car impromptues, spontanées, désintéressées …Comme si le voyage nous rapprochait des autres, comme si nous avions quelque chose en commun, peut être des valeurs, surement des envies, une appétence, une soif de … Conscient du caractère unique de la rencontre tant dans le temps que dans l’espace, cela rend plus généreux dans les échanges, plus honnêtes, comme si nous n’avions pas besoin de prendre nos masques pour apparaître, comme si être soi-même était plus simple car sans lien avec notre vie passée et future.

 

On croit faire le tour du monde mais en réalité, on fait le tour des hommes. On côtoie des peuples divers, on entend parler toutes les langues, on mange toute nourriture, on se frotte à différentes couleurs de peau. C’est une véritable mosaïque humaine. Ce kaléidoscope humain vaut largement celui des paysages que nous admirons… Il en est même supérieur…

 

 

 

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Chapitre 6 # Singapour – La cité-État ambitieuse- Mars 2015

Posted on 3 mai 2015

Voilà maintenant 4 mois que nous sommes en vadrouille. Changement de décor et de continent et direction l’Asie du Sud Est ! C’est à Singapour que nous entamons notre parcours asiatique. Cette étape nous amuse car le papa d’Aurélia a vécu dans ce pays pendant 20 ans ; c’est donc pour elle un petit pèlerinage et une occasion de nous faire partager ses souvenirs. Nous devons aussi retrouver des amis et le frère d’Aurélia qui vivent à Singapour.

 

Nous arrivons dans l’aéroport qui symbolise bien le caractère ultra moderne de ce petit pays. Dès la sortie, nous sommes littéralement enveloppés par la chaleur humide et moite. Welcome in Asia ! Puis, direction notre Hôtel backpaker sur Geyland Road dans un quartier populaire de la ville. Nous plongeons dans l’atmosphère de ce qui va être notre quotidien pendant 4 mois. L’hôtel est simple, nous sommes les seuls occidentaux et l’accueil est incroyablement chaleureux. Les filles prennent très vite leurs marques et passent pas mal de temps dans l’espace commun de la petite auberge asiatique à jouer avec Sony, la maîtresse de maison.

 

 

Nous arrivons à un moment historique car le fondateur de Singapour, Lee Kuan Yew, est décédé quelques jours auparavant. La ville et sa population sont en émoi et sont en train de préparer les funérailles nationales de cet homme d’exception devenu légende. Des affiches, des panneaux, des citations recouvrent les murs de la ville et nous sentons la tristesse, la reconnaissance, l’admiration et le respect de toute la population. Il fut le premier chef du gouvernement de Singapour, à la fin de la domination Anglaise et le principal artisan de la transformation de la cité-Etat en l’une des économies les plus florissantes d’Asie. C’est en effet dirigé par cette main de fer que Singapour a su faire sa place sur l’échiquier économique mondial. Nous sommes étonnés de voir l’ensemble de la population lui rendre hommage avec autant de ferveur.

 

Dès le lendemain matin, Nathalie, notre amie, nous rejoint pour nous faire découvrir la ville et plus particulièrement le quartier de China Town. L’idée : flâner et nous immerger un peu plus dans l’ambiance locale. Les habitants de Singapour sont originaires de différents pays d’Asie, notamment la Chine, la Malaisie et l’Inde. Chaque population a son quartier spécifique, reproduisant un peu l’atmosphère du pays d’origine.

 

 

Quelle joie de retrouver Nathalie ! Nous la découvrons radieuse et heureuse à l’autre bout du monde. Toujours aussi attentionnée, elle nous propose de nous guider et nous en profitons pour faire des courses et une visite chez le médecin pour vérifier les oreilles de Louise qui a eu une otite récemment. Nous terminons l’après midi chez elle, au bord de la piscine. Les filles sont très excitées de pouvoir passer du temps avec ses enfants (Renaud, Tristan et Vladimir) et d’avoir des petits copains à qui parler français. Le soir, nous dînons dans notre quartier chinois et découvrons la multitude de restaurants aux menus variés et étranges.

 

 

Vendredi, visite de la ville et passage par Orchard Road, avenue connue à Singapour pour ses nombreux mall. Aurélia se remémore ses après -midi shopping avec sa sœur Emilie, il y a 20 ans. Ça ne nous rajeunit pas tout ça ! Les filles sont fatiguées, la chaleur est lourde et nous avons du mal à les pousser plus loin dans les visites. Nous nous installons donc sur un petit promontoire et restons là un bon moment à regarder les gens passer, avant de rentrer à l’hôtel.

 

Le samedi, nous nous promenons dans le quartier de little India et allons faire du vélo l’après-midi à Est Coast avec nos amis : Nath, Charles et leur trois moustiques.

 

 

Le dimanche, messe Singapourienne le matin et après midi avec de vieux copains que Florent n’avait pas vus depuis 15 ans : Charles, Clémentine… et une ribambelle d’enfants ravis de jouer ensemble.

 

Le dernier jour, nous allons à Marina Bay, d’où l’on aperçoit le Marina bay sand Hôtel. Cet Hôtel avec sa forme si particulière et sa piscine à débordement sur le toit est devenu l’un des symboles de Singapour. A son pied, se trouve un jardin incroyable avec des structures en forme de fleurs et d’arbres, le Garden by the Bay. Nous retrouvons Étienne là -bas dans l’après-midi et allons dîner avec lui et sa maman, Pauline, à Clarke kay. Nous y passons une superbe soirée en famille.

 

 

C’est déjà l’heure des au -revoir. Nous quittons la petite Suisse d’Asie du Sud-Est pour rejoindre l’insatiable et excentrique ville de Bangkok.

 

 

Bivouac dans le desert sous les étoiles

Chapitre 5 # Australie – De Melbourne à Alice Spring – Mars 2015

Posted on 9 avril 2015

Nous voilà en Australie, pays sauvage aux étendues sans fin. Nous y restons 25 jours et avons choisi de parcourir seulement une partie de ce pays immense à la taille d’un continent.

Notre périple se décompose de la manière suivante : Arrivée à Melbourne pour y passer quelques jours ; route côtière entre Melbourne et Adélaïde ; remontée dans l’outback d’Adelaïde vers Alice Spring en passant par les Flinders Randges , puis vol vers Sydney pour y terminer nos aventures australiennes.

 

A Melbourne, nous séjournons dans le quartier de Southbank, à 20 mn à pied de son centre bouillonnant. L’appartement que nous avons loué est agréable et après notre mois d’itinérance en Nouvelle Zélande, nous sommes bien contents de poser nos valises dans un logement tout confort.

 

Nos 5 jours à Melbourne nous donnent le temps d’apprécier le charme de la ville : après-midi au soleil sur Federation Square, boutiques, rues piétonnes, arcades, spectacle de rue… Le tram gratuit nous permet de sillonner le « CBC » de long ,en large et en travers.

Nous faisons aussi un tour à Queen Victoria Market qui est un vieux marché du 19ème siècle. Nourriture, fringues au kilomètre et super ambiance. Les filles en repartiront avec une barquette de fraises et un large sourire ! Melbourne est connue pour son mélange d’architecture de l’époque victorienne et contemporaine et c’est effectivement assez étonnant de voir d’anciens bâtiments côtoyer d’immenses buildings. Nous sommes aussi surpris par la gentillesse des gens, par leur qualité de vie (grands parcs, lacs, mer, sport, entertainment, etc.) et par l’énergie positive qui se dégage de ce pays. Nous nous immergeons petit à petit dans le « way of life » australien. Le fait de revenir dans une grande mégalopole nous questionne aussi sur notre fameuse société de consommation… C’est fou comme en quelques semaines, certains besoins sont devenus très secondaires. Nous sommes heureux et l’on se dit que ce bonheur tient aux expériences que nous vivons ensemble : les rencontres, les découvertes, l’engagement… qui font que l’on se sent vivant et qui parlent de qui nous sommes.

 

Au delà de l’attrait de Melbourne, nous avons aussi choisi d’y séjourner car nous avons une cousine qui s’y est installée avec son mari. Nous arrivons au bon moment car ils viennent d’avoir un bébé. La petite famille habite à Saint Kilda, quartier branché qui se situe à quelques kilomètres au sud du centre de Melbourne et qui a l’énorme avantage d’être à côté de la mer.

Nous passons une après -midi et une soirée avec Janina, Isabelle, Louis et Victor et nous avons droit à un véritable festin. Au menu : foie gras et pot au feu. Un peu de notre France après ces 3 mois de voyage. Merciiiii. Le lendemain, nous revenons nous promener avec eux le long de la mer. Les filles sont folles de joie de connaître le petit Victor, de rigoler avec Nona et tante Zaza… Sans oublier Oncle Louis et ses blagues… Bref, un grand merci à eux pour ce moment de famille, leur accueil et leur gentillesse. C’était vraiment cool !

 

Après ces 5 jours à Melbourne, nous reprenons la route pour notre road trip australien. Nous avons loué un 4×4 et une tente pour 16 jours. Le temps de refaire les bagages, ranger l’appartement et d’aller chercher notre nouveau joujou, nous sommes en chemin vers 14h00. L’idée est de suivre la route entre Melbourne et Adelaïde, qui passe par « la Great Ocean Road », portion qui s’étend sur environ 243 kms et qui est reconnue comme l’une des plus spectaculaires routes côtières au monde.

 

Nous découvrons notre bolide des sables, énorme 4X4 ou plutôt 4WD équipé comme pour le Paris Dakar. Après un mois de conduite à gauche, nous avons pris nos marques. La route longe de jolies plages. Nous nous arrêtons sur certaines d’entre elles, notamment à Bell’s beach, plage mythique où fut tournée une des scènes du film «  point break ». Vues d’en haut, les vagues nous semblent assez petites mais arrivés sur la plage, la perspective est tout autre et déjà beaucoup plus impressionnante. Les filles improvisent un cours de gym avec la réalisation de roues, plus ou moins artistiques, pendant que nous admirons l’agilité des surfeurs sur l’eau. Florent se reprend à imaginer prendre des cours de surf : « Ah, c’est trop dommage de ne pas savoir surfer, sachant que nous allons dans le sud ouest de la France tous les ans… ».

Puis, stop en forêt à Kennett River pour observer les Koalas. Ces animaux sont trop mignons, petites boules de poils que l’on a envie de prendre dans ses bras. Il y a aussi plein de perruches multicolores qui se juchent sur nos têtes et nos épaules, à la recherche des petites graines que leur tendent certains touristes. Les filles sont aux anges. Nous nous enfonçons un peu plus dans la forêt pour y voir davantage de koalas et passons devant une aire de pique-nique. Nous décidons d’y planter notre tente pour la nuit. Nous sommes entourés d’eucalyptus géants au bord d’une rivière et malgré une pluie fine qui commence à tomber, nous sommes charmés par l’endroit.

Nous découvrons notre tente, dimension Australienne : 10M2 au sol ! Nous avons bien des difficultés pour la monter. 1 heures plus tard et après quelques tentatives infructueuses, notre palace est en place. Quel bonheur ! Nous nous disons que si nous mettons autant de temps tous les soirs, cela va vite attaquer notre moral. Heureusement, nous prendrons rapidement nos marques et finirons même par tout installer en 15 mn chrono.

La nuit est tombée et des cris d’animaux inconnus nous glacent le sang. Nous faisons diversion avec les filles qui n’y prêtent heureusement pas attention. Nous réalisons que la faune de ce pays n’a rien à voir avec la notre et nous nous rappelons des mises en garde sur les animaux sauvages en Australie. Brrr ! Nous apprendrons par la suite qu’il s’agissait de cris de Koala et croyez nous, cela faisait plus penser au bruit d’un tyrex dans le film Jurassic Park . Nous trouvons le sommeil rapidement, fatigués de cette première journée.

 

Le lendemain, les kms s’enchaînent, offrant un panorama superbe sur le bord de mer escarpé. Nous traversons aussi des forêts tropicales, chutes d’eau et de magnifiques plages désertes. Les éléments sont déchainés car la météo s’est détériorée. Déjeuner sur le pouce à Appollo bay, petit village côtier de surfeurs, puis stop au sein du parc national d’Otway pour une balade. Ici, les eucalyptus sont plusieurs fois centenaires et les arbres fougères s’élèvent à cinq mètres de haut. La pluie s’intensifie et nous terminons notre randonnée complètement trempés. Chauffage à fond dans le 4X4 pour sécher nos affaires.

Pour rejoindre les célèbres formations rocheuses appelées les douze apôtres, nous décidons de prendre des chemins de traverse. Nous avons un 4X4, autant en profiter ! Nous nous engageons sur une piste superbe qui longe la côte. Cette piste, au départ en assez bon état, se détériore au fil des kilomètres. Florent s’en donne à cœur joie avec le 4×4 et nous enchaînons les bosses, les trous, les dénivelés… La voiture se comporte à merveille. C’est l’occasion de croiser notre premier Kangourou, à la plus grande joie de tous. La suite se corse avec des passages de sable de plus en plus dense près de la plage. La voiture commence à patiner. A la vue de l’étroitesse du chemin, impossible de faire demi-tour. Prenant de l’élan dans une descente de sable meuble, la voiture dérape, patine, cale et tous les voyants s’allument… La voiture s’immobilise dans le sable et en essayant d’en sortir, nous nous ensablons encore plus. Le bas de caisse est littéralement posé sur le lit du chemin, les roues tournant dans le vide. Il est 18h00 et nous sommes au milieu de nulle part. Nous essayons de creuser, de pousser le véhicule mais rien n’y fait, nous sommes bel et bien enlisés. Après une petite réunion de crise, Florent décide d’aller chercher du secours. Heureusement pour nous, nous sommes presqu’au bout du chemin et un camping est indiqué à 2/3 km. Le voilà parti en footing. Il revient d’abord avec 4 Australiens qui nous proposent d’essayer de sortir la voiture en désensablant à la main et en mettant des branches devant chaque roue mais là encore, la voiture ne bouge pas. Cela ne fonctionne définitivement que dans les films !

Florent repart donc sans plus tarder rechercher des secours. La nuit va tomber et le temps presse. Il revient 30mn plus tard à bord d’un Toyota pick-up avec 2 australiens anciens rangers, la bière à la main et pas très frais. Il leur faudra seulement 20 mn pour sortir le véhicule en nous tractant. Nous sommes impressionnés par leur savoir-faire et comprenons que s’aventurer sur ce type de chemin ne s’improvise pas. Comment arrivent- ils, eux, à passer sans encombre ? Ils nous donnent quelques conseils que nous écoutons attentivement : il est préférable d’être à deux véhicules, il faut dégonfler au maximum les pneus afin d’avoir une meilleure portance, être le plus léger possible, etc. Bref, nous nous promettons de ne plus recommencer. Epuisés, nous filons pour trouver un camping afin de récupérer et nous reposer de toute cette aventure. Sur le chemin, nous nous arrêtons pour admirer le coucher du soleil en face des Douze apôtres. Spectacle magnifique !

Les deux jours suivants, nous poursuivons notre route vers Adélaïde. Comme nous avons le temps, nous faisons quelques détours dans des parcs nationaux pour y voir des lacs salés, des réserves d’oiseaux, des rivières et évidemment les kangourous.

 

Les deux soirs, nous avons des difficultés pour trouver notre lieu de bivouac et tournons pas mal sur les chemins de traverse avant de poser notre campement. Finalement, nous finirons dans un camping le premier soir et au bord de la plage, avec un beau coucher de soleil, le deuxième.

 

Arrivés à Adélaïde, nous plantons notre tente dans le Parc Bel Air pour 2 nuits. Au programme : Visite d’Adélaïde, de son parc avec ses perruches, courses, repos et pause coiffeur incongrue pour Florent au milieu du camping, par Paul, ancien coiffeur et voyageur itinérant.

Nous voilà équipés, frais et fin prêts pour attaquer le désert et l’Outback. Paul nous met en garde sur certains dangers, principalement le manque d’essence et/ou le manque d’eau. Nous allons traverser de grandes étendues sans forcement croiser de voitures et sans réseau téléphonique, donc autant être vigilant.

 

A l’écouter, nous comprenons pourquoi nous avons dans le 4X4, une balise GPS d’alerte à déclencher en cas de problème et nous en profitons pour bien vérifier la roue de secours, l’état des pneus et allons acheter une carte détaillée du centre de l’Australie afin d’avoir plus de précisions sur les pistes. Nous voilà partis un peu fébriles, ne sachant pas à quoi nous attendre, rigolant nerveusement de notre amateurisme et en nous remettant secrètement à la providence qui nous a toujours accompagnés.

 

Première étape : le parc national des Flinders Rangers pour y passer 2 nuits.

 

Le parc est immense et nous traversons des paysages et des montagnes datant de plusieurs millions d’années. De nombreux panneaux indiquent d’ailleurs la date exacte de formation des éléments. La chaleur devient tenace et nous approchons les 40 degrés.

Nous profitons d’un point de vue superbe pour admirer le coucher du soleil et croisons des dizaines de kangourous sur le chemin.

 

Le deuxième jour dans le parc, nous sillonnons les pistes et nous nous arrêtons pour des petites promenades. Découverte de peintures rupestres d’aborigènes, gorges rocailleuses, massifs rocheux aux couleurs pourpres dégradées mais la chaleur est trop forte et nous ne pourrons nous aventurer sur les chemins de randonnées que tôt le matin et tard en fin d’après midi. Le soir venu, nous bivouaquons au milieu du parc et nous montons notre tente sans double toit car il fait très chaud. Cela nous permet de dormir sous les étoiles sans être envahis par les mouches et autres insectes à la taille XXL. Nous ne réutiliserons par la suite plus jamais le double toit.

Nous quittons le parc pour nous enfoncer un peu plus dans le désert Australien. Nous empruntons une piste assez belle qui court dans le lit d’une rivière asséchée. Pas de sable et le 4X4 grimpe tous les obstacles avec aisance et efficacité.

 

Puis, nous attaquons l’Odana Track, piste qui s’étend sur 600 km à travers l’outback du south Australien. C’est par cette piste, traditionnellement empruntée par les aborigènes, que l’explorateur John McDouall Stuart remonta au centre de l’Australie en 1859. Elle a également vu la construction d’un chemin de fer (Central Australian Railway) et d’une ligne de télégraphe (Overland Telegraph) dont les artefacts abandonnés jalonnent encore la piste.

Plus nous montons et plus la chaleur se fait sentir. Avec la chaleur, les mouches apparaissent et c’est par centaines qu’elles viennent sur vous, trouver un peu d’humidité. C’est insupportable mais nous sommes équipés de cagoules moustiquaires, seule solution pour ne pas devenir fous. Quel pays ! Le paysage devient de plus en plus aride et les couleurs de plus en plus chaudes. Ce sont des kilomètres et des kilomètres de steppe qui défilent devant nous, une trainée de poussière rouge s’échappant derrière la voiture et cette impression d’aventure, de vide et de liberté. Plus la journée avance, plus le thermomètre augmente. Il est 16h et il fait 45 degrés. Nous croisons plusieurs lacs salés et quelques curiosités comme ces statues de ferraille et ces fameuses sources d’eau au milieu de cette steppe désertique. La route donne aussi à voir son lot d’animaux : perruches, émeus, vaches, dragons barbus, aigle royal : le plus souvent tranquillement installés au milieu de la route.

Nous cherchons un endroit un peu avant le village farwest de William creak pour installer notre bivouac à l’ombre. Les arbres, quasi inexistants dans ce paysage aride et l’absence de relief, rendent l’exercice difficile. Nous nous arrêtons finalement vers 19h00. Les mouches sont très, très nombreuses, trop nombreuses. Nous montons la tente, nos filets sur la tête. Cela sera notre bivouac le plus rude. : la chaleur, la poussière, les centaines de mouches, la cuisine à faire sur le capot de la voiture, les plats à passer rapidement sous la moustiquaire de la tente et l’espoir d’un léger courant d’air qui ne viendra jamais. Là encore, nous sommes fiers de nos filles car malgré les conditions difficiles, elles sont en forme et ont le moral. Seule la toux de Jeanne, asthmatique, est un peu revenue mais vu la poussière ambiante, rien d’étonnant. La nuit tombée, nous nous endormons sous un ciel étoilé incroyable. Pendant tout notre road trip, nous allons voir des ciels magnifiques, des couchers et levers de soleil aux couleurs uniques et pourpres et des nuits étoilées laissant apparaître la beauté de la voute céleste.

 

Le lendemain matin, nous nous réveillons aux aurores avec le soleil, il est 6h30… Un petit déjeuner rapide et nous installons la table et les chaises dans la tente pour la séance de travail des filles. En effet, avec la route, les randonnées, cela fait quelques jours que nous n’avons pas fait la classe. Cela ne durera malheureusement pas très longtemps car vers 8h30, il fait déjà 35 degrés et nous levons le camp pour reprendre la route.

 

La monotonie de ce paysage lunaire nous pousse à la rêverie et nous discutons ensemble de la chance que nous avons de vivre cette expérience. Cela fait déjà 3 mois et demi que nous sommes en voyage à la découverte de ces contrées lointaines en famille. Avoir la chance d’être ensemble, 24h00 sur 24h00, de prendre le temps de nous occuper des filles, de les voir s’ouvrir au monde et s’extasier devant cette diversité et beauté des paysages est incroyable. Aux questions : est-ce facile tous les jours ? Comment est-ce, le quotidien ? Arrivons -nous à nous supporter ? N’est -ce pas trop dur pour les filles ? Et les parents, arrivent -ils à souffler ? A avoir leurs moments à eux ? Oui c’est facile. Oui, les filles s’adaptent et surmontent les difficultés. Le fait de changer d’endroit très souvent ne leur pose aucun souci, au contraire, elles s’en amusent. Dormir sous la tente, les insectes, la douche froide.…c’est l’aventure ! Il y a bien deux éléments pour lesquels leur capacité d’adaptation a des limites : la nourriture et la chaleur. Lorsque l’on s’appelle Jeanne ou Louise, on ne rigole pas avec la nourriture. Très important d’avoir ses repas à heure fixe, d’avoir un dessert, un goûter et si cela n’est pas le cas, elles ont vite fait de nous rappeler à l’ordre. Quant à la chaleur, impossible de les emmener randonner lorsque le thermomètre grimpe trop haut.

 

Nous supporter n’est pas une question, être ensemble est définitivement notre bonheur et épanouissement. Sans surprise, nous sommes à peu près faciles à vivre malgré évidemment la fatigue, les chamailleries des filles, les inquiétudes liées à la part d’inconnu, partie-prenante de notre voyage. Nous râlons bien évidemment, nous pouvons perdre patience et les enfants ne changent finalement pas trop dans leurs réactions. Simplement, nous avons le temps de vivre ensemble et d’être à l’écoute de nos ressentis et de ceux des filles. Et cela change tout.

 

Nos journées sont bien chargées. Le matin, nous démarrons par une heure de classe la majeure partie du temps, puis s’enchaînent la logistique de tous les jours, les trajets, les balades, les visites et la préparation des prochaines étapes, etc. Nous réalisons que le voyage reste un parcours initiatique, individuel et en famille. Nous commençons à réfléchir sur nous, à nous projeter sur les modes de vie que nous croisons, ce que nous prendrions, ce qui nous manque, ce que nous avons la chance d’avoir. Nous nous posons la question, de temps en temps, de ce que nous voudrions changer, de ce que nous souhaitons, de ce que nous n’accepterions plus. C’est étrange, ces réflexions sont récentes comme si un temps d’incubation était nécessaire pour se détacher de nos influences… Comme si en effet, nous commencions à modifier un peu notre façon de regarder le monde qui nous entoure, loin de notre vie parisienne… Bref, nous expérimentons pleinement l’adage populaire qui dit que « le bonheur dans le voyage, n’est pas la destination mais le chemin parcouru. »

 

L’arrivée à Coober Pedy nous ramène à la réalité. La découverte des champs de gravats, des mines à flanc de colline et des engins métalliques qui creusent la terre nous plonge dans un décor à la Mad Max. Coober Pedy, c’est une ville « spéciale » où des mineurs cherchent à faire fortune grâce à l’opale et vivent sous la terre. Nous croisons peu de gens dans cette ville aux airs de ville fantôme. Nous voyons bien quelques aborigènes, malheureusement souvent en train de traîner dans les rues, un peu hagards et surtout alcoolisés. Nous découvrons la triste réalité de ce peuple. Alcoolisme, violence, délinquance, c’est un exemple frappant de non-intégration. Et dire que l’Australie est leur terre et que le peuple « blanc » semble tout leur avoir pris.

Nous nous installons dans un camping dans la ville et, oh joie, découvrons une piscine pour nous rafraîchir. Etrangeté au milieu de ce désert sous 45 degrés de chaleur ! Après avoir visité la ville, fait un tour dans un magasin d’opales pour y acheter un petit souvenir, nous décidons d’aller voir le coucher du soleil à 20mn de piste du village. Arrivés au point de vue, un petit sifflement retient notre attention ; un des pneus de la voiture est fissuré et commence à se dégonfler. Nous reprenons directement le chemin inverse espérant arriver à temps pour changer la roue à Coober Pedy. Notre seule inquiétude est de nous retrouver au bord de la piste, sous cette chaleur et sans aide possible. Le retour nous semble une éternité et lorsque nous arrivons à bon port, Louise qui retient sa respiration depuis le départ, pousse un hourra de soulagement. Le lendemain, les filles vont visiter le musée de la mine, qui retrace l’histoire des mineurs et montre des maisons troglodytes, pendant que Florent achète une nouvelle roue de secours.

 

Nous quittons la piste avec tristesse et rejoignons la Stuart Highway, route goudronnée, direction Ayer’s Rock ou plutôt Uluru afin de voir le symbole de l’Australie, un énorme rocher ocre au milieu du désert. Cette étape est longue avec environ 7h00 de route. Les kilomètres s’enchaînent et la route est confortable mais monotone. Les filles ont du mal à tenir en place. Nous arrivons fatigués sur le lieu de notre bivouac sauvage, juste à l’entrée du parc national. Le paysage a changé, le sable est rouge et la lumière est superbe. Nous profitons du coucher de soleil pour prendre l’apéro en haut d’une dune d’où l’on peut apercevoir Ayer’s Rock au loin, majestueux.

Le lendemain, nous gagnons le camping le plus proche d’Ayer’s Rock pour 2 jours. Cela nous permet de profiter des environs facilement : petite promenade aux Olgas, massif géologique composé de 36 dôme d’arkoses ( schiste, granit et basalte ), lever et coucher du soleil devant Uluru et baignade dans la piscine du camping qui est une vraie bénédiction avec cette chaleur de plomb. Nous faisons la rencontre de nombreux backpackers (routards) français et internationaux avec lesquels nous partageons quelques moments sympathiques.

 

Avant dernière étape de notre road trip dans le désert et direction Kings Canyon. Dernier bout de piste et la chaleur est à son comble. Record battu, 56 degrés sur le compteur de la voiture !!! Heureusement, nous avons la climatisation, mais s’arrêter pour prendre de l’eau dans le coffre de la voiture est une épreuve. Kings Canyon est situé dans le parc national de Warrtaka et se trouve à l’extrémité Ouest de la chaîne de montagne de George Gill Range. C’est un endroit réputé pour les randonnées. Nous nous posons pas mal de questions sur le choix du parcours avec les filles sous cette chaleur, sachant que les départs sont interdits après 9H00. Nous tentons la version intermédiaire, soit une randonnée de 3h30. Réveil de nuit, frontal sur la tête, eau dans les sacs, moustiquaire et crème solaire et nous attaquons la montée à 6h15 le matin. La randonnée est magnifique et nous permet d’admirer le lever du soleil en haut du canyon, surplombant ainsi les gorges du massif rocheux millénaire. Bravo à nos petites aventurières qui ont très bien marché !

Dernière étape, le West Macdonnell National Park et ses gorges. Bivouac au bord d’une rivière et pour y arriver, un début d’ensablement sur la piste. Plus de peur que de mal… Nous commençons à maîtriser le sujet. Le lendemain nous allons nous baigner dans les « Glen Helen gorge ». C’est divin ! A notre retour, nous découvrons avec horreur une énorme araignée velue sur notre voiture. Définitivement, ce pays est rempli de bestioles horribles. Direction Alice spring pour la nuit. Notre périple dans l’Outback touche à sa fin. C’est le moment de rendre notre véhicule et de prendre l’avion pour Sydney.

 

A Sydney, nous avons loué un appartement à Manly (banlieue familiale de Sydney) près de la plage. L’endroit est génial et nous sommes en plein dans l’image d’Epinal de l’Australie : plage, surf et cool attitude. Pendant 4 jours, nous visitons Sydney et nous passons beaucoup de temps dans les environs de Manly pour recharger les batteries avant notre étape asiatique. Florent en profite aussi pour tenter de descendre quelques vagues en surf. Il ne reste pas très longtemps debout sur la planche mais c’est quand même pas mal pour une première. Au même moment, les enfants d’une école voisine prennent leur cours de natation dans la mer… Ah quelle ville !

 

L’Australie, c’est fini ! Nous sommes enchantés par cette étape de notre tour du monde. Il se dégage de ce pays une énergie, une simplicité, une authenticité qui est assez unique. Et les Australiens, contrairement à ce que l’on nous avait dit, sont adorables. Nous reviendrons, c’est certain car il nous reste tellement de choses à voir. Ce périple nous a apporté du désert, de l’aventure et des défis… Tout ce que nous pouvions espérer et plus encore…

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Chapitre 4.2 # Nouvelle Zélande – Ile du Sud – Février 2015

Posted on 16 mars 2015

Nous voilà donc sur l’île du sud de la Nouvelle Zélande. L’arrivée en bateau sous un soleil radieux dans les Malborough sounds est splendide. De la ville de Picton, nous prenons une petite route sinueuse à flanc de colline qui nous fait découvrir un peu plus les criques aux eaux bleu turquoise de cette côte.

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Pour notre premier stop, nous nous arrêtons aux portes du Parc National Abel Tasman, à Westport. Nous installons notre bivouac pour 2 jours au bord de la mer. Le parc est situé sur la pointe nord-ouest de l’ île du Sud. Les plages y sont superbes, parfois adossées à des collines boisées, parfois à des forêts primitives. Il n’y existe aucune habitation, les randonnées et campings y sont réglementés. Pour découvrir ce sanctuaire, nous décidons de faire le lendemain matin une petite partie du circuit de randonnée et optons pour nous faire déposer et reprendre par un bateau. Sac à dos, pique-nique, eau, crème solaire, chapeaux, et nous voilà lâchés par notre embarcation sur une plage déserte où nous apercevons une balançoire et un petit chemin de randonnée nous indiquant la suite du programme !

L’endroit est sauvage et l’emprise de l’homme est quasi nulle. Les filles s’émerveillent de ces paysages exotiques , passant de crique en crique, parcourant des petits chemins balisés, traversant des ponts suspendus et de jolies rivières. Arrivés au terme de notre randonnée sur une plage entre mer et rivière, nous passons 2 bonnes heures à lézarder et à admirer le paysage. Jeanne s’amuse à lancer des petits cailloux sur une grosse pierre juste devant nous, quand soudain le gros caillou se met à bouger. Il s’agit en fait d’une énorme raie manta à deux mètres de la plage. Incroyable !

 

Nous nous dirigeons ensuite vers la côte ouest de l’île du Sud, vers Punakaiki et ses fameux Pancakes Rocks. Ce sont des roches creusées par les embruns et le vent que nous contemplons au coucher du soleil. Nous faisons également une balade sur un sentier découvert par hasard qui nous emmène dans un paysage de jungle au bord d’une rivière. Nous faisons connaissance avec les Sand flies, petites mouches qui piquent et qui provoquent des boutons urticants, véritable plaie de l’île du sud. On nous avait prévenus, nous ne sommes pas déçus. Impossible de rester dehors trop longtemps lorsque les sand flies font leur apparition !

 

Nous quittons un peu la côte pour découvrir les fameux glaciers de la Nouvelle Zélande. Les glaciers Franz Josef et Fox Glacier sont parmi les seuls au monde à descendre si bas en altitude (250m), ceinturés de forêt pluviale non loin de l’océan. Nous nous approchons assez près de l’un d’eux : le Fox Glacier. Le chemin caillouteux n’est pas très agréable mais la vue sur le glacier est impressionnante. Ce soir là, nous nous arrêtons dans un « vrai » camping pour recharger les batteries, les nôtres et celle du camping car !

 

Le lendemain nous retrouvons la mer et marquons quelques arrêts pour admirer le paysage. La côte est déchiquetée, le vent est fort et les vagues sont majestueuses. Nous décidons de sortir un peu des sentiers battus et nous nous enfonçons dans une voie sans issue, vers Jackson Bay à 50km. Nous parcourons une longue route droite pour aboutir dans un petit village de pêcheurs au bout d’une presqu’île. La seule indication que nous ayons sur ce village est que l’on y trouve un unique restaurant, un fish and ship qui, selon les commentaires, est « exceptionnel. » Nous nous laissons tenter, le poisson est effectivement très frais. La préparation de notre repas nous laisse le temps d’une flânerie sur le ponton d’où l’on peut admirer les chalutiers revenant de la pêche. Nous voulions de l’authenticité, nous sommes servis !

Il est déjà assez tard et nous devons trouver un lieu de bivouac avant que la nuit ne tombe. Nous tentons les bords de mer mais les panneaux indiquent à chaque fois : « camping interdit » ! Nous finissons par trouver un coin très joli au bord de la rivière. Nous sommes paisiblement installés en train de lire lorsque nous sentons des petites démangeaisons. Les sand flies ont réussi à pénétrer notre camping car, puis c’est au tour des moustiques de faire leur apparition. Au secours ! Toute la famille se lance dans une chasse effrénée pour les exterminer et nous nous dépêchons d’éteindre la lumière. Nous ne passerons pas une nuit très paisible, avec en bruit de fond le bzz des moustiques !!

 

Notre prochaine étape nous mène vers les lacs de montagne de l’Ile du sud : A Wanaka et Queenstone. Pour découvrir Wanaka, rien de tel qu’une promenade autour du lac. L’endroit est très beau, calme et nous sommes sous le charme de ce petit coin de nature , enchâssé au milieu des montagnes. A Queenstone, ville connue pour être la capitale des sports extrêmes, nous ne faisons pas de saut en parachute mais faisons plaisir aux filles en allant louer des vélos pour faire le tour du lac. Là aussi, nous passons un bon moment. Définitivement, le mélange lac et montagne est un univers que nous aimons beaucoup.

 

Nous reprenons la route un peu plus vers le sud, toujours sur la côte ouest pour rejoindre le milford sound. Nous arrivons en début d’après-midi à TE ANAU, principale ville des environs et point de départ vers le milford sound. Le ciel est couvert mais il ne pleut pas. On s’estime heureux car c’est une des régions les plus humides de la planète (90 % d’humidité toute l’année et environ 16 jours de précipitations par mois.) Nous filons donc demander, au point d’information, des conseils sur les randonnées environnantes. Nous voilà partis pour 3 heures de promenade sur une partie du « Wildlife Park » qui, comme son nom l’indique, est une zone sauvage, voire inhospitalière. Nous traversons des paysages du bout du monde où furent tournées certaines scènes du Seigneur des anneaux.

 

Le lendemain, nous suivons la route entre Te Anau et Milford Sound, le fjord le plus célèbre de l’île du sud de la Nouvelle-Zélande. La nature est souveraine, les cascades jaillissent de la montagne, de toutes parts et le contraste entre le jaune des herbes folles et la montagne couleur taupe est saisissant. A notre arrivée au bout de la route, le temps s’est couvert mais laisse le soleil percer la brume ambiante, faisant apparaître les fjords dans la mer. Nous sommes dans un décor fantasmagorique où l’on se sent tout simplement minuscule ! C’est la plus belle route que nous ayons faite en Nouvelle Zélande…

 

Changement de décor et direction la région des Catlins, complètement au sud de l’île. En chemin, nous nous arrêtons aux Clifden Limestone Caves. Ces grottes sont ouvertes au public, gratuites et les commentaires des personnes les ayant traversées, nous donnent envie de nous y rendre. Les panneaux à l’entrée indiquent tout de même un itinéraire de 40 mn sous terre et affichent quelques conseils : s’habiller chaudement, préparer des piles de réserve, être au minimum deux, sortir immédiatement en cas d’arrivée d’eau, … On se dit que nous pourrons rebrousser chemin si les filles paniquent ! La progression est tout d’abord très facile, dans une galerie suffisamment large pour se tenir debout et circuler chacun avec une fille. Des bandes réfléchissantes marquent le chemin. Nous nous amusons à jouer les spéléologues, admirant les vers luisants parfois très nombreux et les roches ruisselantes souterraines. Rapidement, certains passages deviennent exigus et demandent de marcher agenouillé ou de se faufiler pour les dépasser. Aurélia prend sur elle pour ne pas céder à un début de claustrophobie ! A mi-parcours, nous arrivons sur une piscine souterraine. Florent, en éclaireur, examine la profondeur. Lorsque l’eau glaciale atteint sa cuisse et qu’il ne touche toujours pas le fond, on ne fait pas les fiers et les filles commencent à paniquer. Finalement, nous trouvons un chemin moins profond le long de la paroi et faisons traverser les filles sur notre dos. La progression devient plus lente : passage dans une étroite fissure, autre piscine souterraine à franchir, longues enjambées pour ne pas tomber… Puis, trois échelles permettent de franchir facilement des niveaux séparés de plusieurs mètres et d’atteindre la sortie. Hourra ! Il nous aura bien fallu une heure pour l’atteindre. Les filles sont très fières de leur prouesse et nous aussi. Louise, qui, quelques minutes plus tôt, souhaitait rentrer à la maison, veut maintenant y retourner. Nous sommes surpris de voir cette capacité qu’ont les enfants à se dépasser à partir du moment où ils sentent leurs parents en confiance.

 

Nous parcourons la région rapidement car le temps est pluvieux. Cependant, cette partie de l’île du sud est connue pour sa faune sauvage et donne l’opportunité d’approcher des pingouins, des phoques et des lions de mer dans leur milieu naturel. Nous marquons donc quelques arrêts afin de les découvrir. C’est assez incroyable de se promener sur une plage et de se retrouver nez à nez avec eux. Cette étape sera l’occasion de vivre une expérience inoubliable. Nous sommes en train d’admirer deux lions de mer en train de se dorer la pilule sur la plage. Florent se rapproche légèrement d’eux pour les prendre en photo. Soudain, les deux molosses se mettent à poursuivre un couple de touristes présents sur la berge. Croyez nous, un lion de mer, cela peut aller très vite. L’un d’eux finit carrément sa course sur la route goudronnée, 200 mètres plus loin. La femme qui a été prise pour cible est blanche, livide. 3 heures après, nous rigolerons encore de cette scène surréaliste, sauf Jeanne, terrorisée, à qui il faudra un peu de temps, avant d’oser s’approcher à nouveau de ces « monstres » des mers. Nous avons vu aussi des pingouins au crépuscule, moment unique et assez exceptionnel car peu d’endroits permettent de les approcher de si près. Trop choux, comme disent les filles !

 

Ensuite, direction Dunedin, seconde ville de l’île du Sud. Nous visitons la péninsule de l’Otago où nous voyons aussi de nombreux animaux, phoques, lions de mer et oiseaux. C’est assez incroyable d’avoir une ville si proche d’un parc naturel aussi riche. Florent s’amuse à regarder d’un peu trop près un phoque qui se met à lui courir après, beaucoup moins vite que notre fameux lion de mer mais cela suffit à terroriser Jeanne qui grimpe tout en haut d’un rocher !

 

 

Nous reprenons la route vers l’intérieur des terres en direction du lac Pukaki et du lac Tekapo. Ces lacs de montagne sont connus pour leur incroyable couleur turquoise. Mais avant de quitter la côte, arrêt sur la plage de Moeraki, un site insolite où des boulets de roche parfaitement sphériques, jonchent la plage.

 

Nous arrivons assez tôt sur notre lieu de bivouac devant le lac Pukaki. Les filles sont ravies car un couple de français est là également avec une petite fille de leur âge. Elles passent l’après-midi à jouer ensemble. Le lendemain, nous faisons route vers le mont Cook, qui n’est qu’à 50 km de là où nous nous trouvons. Le mont Cook est le point culminant de la Nouvelle-Zélande, avec 3 724 mètres d’altitude. Entre la classe des filles le matin et la beauté du lac dont on ne se lasse pas, nous partons un peu tard. Résultat : la montagne que nous apercevons très nettement depuis le lac est complètement dans les nuages lorsque nous arrivons. Nous ne regrettons pas d’être venus car la route entre le lac Pukaki et le mont Cook est sublime. Nous ferons aussi une randonnée sympathique pour nous rapprocher du glacier Tasman.

 

Notre périple sur l’île du sud, touche à sa fin. Un dernier moment exceptionnel nous attend car nous avons réservé une excursion pour plonger en snorkling et nager avec les dauphins à Kaikoura. C’est un des rêves d’enfant d’Aurélia et nous sommes impatients de le vivre. Kaikoura est connu pour ses plongées car c’est une zone pleine de plancton et les dauphins, baleines et phoques y sont très nombreux. Le premier jour, nous profitons d’un beau soleil pour faire une balade sur la côte et admirer la mer, les falaises et les montagnes au loin.

 

Le lendemain matin, c’est le grand jour. Nous allons plonger chacun à notre tour afin qu’il y ait toujours l’un de nous avec les filles. Nous embarquons aux aurores sur notre bateau et scrutons impatiemment l’horizon à la recherche des dauphins.

45 minutes plus tard, nous apercevons un bouillonnement à la surface de la mer et un banc d’une cinquantaine de dauphins venus de nulle part ! La vue du bateau est incroyable et les filles, surexcitées, ne tiennent plus en place. Vient le temps de la plongée. Equipés d’une combinaison 5 mm (l’eau est à 14°), d’une cagoule néoprène, de palmes, d’un masque et d’un tuba, nous attendons un peu craintifs sur le bord du bateau pour nous mettre à l’eau. Une sirène se fait entendre et c’est le signal pour plonger. A peine dans l’eau et c’est un ballet tourbillonnant de dauphins qui viennent nous voir, s’approchant à quelque centimètres sans jamais nous toucher. Nous ne savons plus où donner de la tête, ils sont partout et tournoient au milieu de nous très rapidement. Nous remontons sur le bateau et allons un peu plus loin pour approcher un autre banc. Changement de plongeur, et le spectacle se répète. Les dauphins sont joueurs et certains sautent à la surface de la mer. Les plongées se succèdent et notre émerveillement est à son comble. C’est tout simplement incroyable et magique d’être avec des dauphins dans leur milieu naturel. Après trois heures en mer, nous revenons à quai avec des images inoubliables qui resteront gravées dans nos esprits.

 

 

Dernière étape, Christchurch et la péninsule de Banks. Nous visitons Christchurch connue pour ses jardins botaniques et malheureusement pour ses tremblements de terre. La ville fut secouée en 2011 et 2013 par deux séismes ravageurs. Le centre ville fut terriblement touché et de nombreux bâtiments et églises sont encore à terre, faute de financement pour la reconstruction. La ville est un énorme chantier de construction à ciel ouvert et nous sommes impressionnés de voir encore les stigmates de ce drame. Petite visite du musée, du parc botanique et nous partons vers la péninsule de Banks, connue pour être la région française de la Nouvelle Zélande. C’est sur cette péninsule que les français débarquèrent au 18ème siècle avant de se faire doubler par les Anglais. La Nouvelle Zélande, à quelques mois près, aurait pu être française. Quel dommage !!! L’endroit est charmant, les paysages superbes, collines, plages de sable blanc, moutons… : derniers paysages emblématiques de ce pays magnifique.

 

Ce pays est pour nous un énorme coup de cœur et un de nos plus beaux voyages. Il n’y a pas un jour où nous n’ayons pas été émerveillés par la diversité du paysage, la nature et les animaux. Nous quittons notre camping-car, la larme à l’œil, fidèle compagnon de notre périple de plus de 5000 km , direction l’aéroport pour de nouvelles aventures au pays des kangourous et des koalas : l’ Australie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Chapitre 4.1 # Nouvelle Zélande – Ile du Nord – Février 2015

Posted on 26 février 2015

Nous voilà arrivés en Nouvelle Zélande à Auckland, sur l’Ile du Nord. Après 16 heures de vol, il est 4h30 du matin et une petite pluie fine s’abat sur la ville. Quittant la chaleur de l’Amérique du Sud, le temps nous paraît plus frais mais il fait tout de même 20°.

 

Il faudra attendre 8h00 du matin afin de récupérer notre camping-car ou plutôt Motor Home. De la Nouvelle Zélande, nous ne connaissons pour ainsi dire rien. Il faut dire que Florent, en charge de préparer les grandes lignes de notre circuit avant notre départ, s’est laissé quelque peu déborder par ses voyages professionnels ! C’est aussi l’inconnu car c’est la première fois que nous voyageons en camping car.

 

Nous faisons connaissance avec la bête, véritable maison roulante de 7 m de long et 4 m de haut. Nous voilà en route pour notre première destination, un camping dans la baie d’Auckland. Les premiers kilomètres sont épiques et conduire ce monstre n’est pas chose aisée. Vous rajoutez la conduite à gauche, le chemin à trouver, la circulation dense avec des bifurcations dans tous les sens et vous pouvez imaginer la panique qui régna à bord lors de ces premiers kilomètres.

 

Après notre première nuit dans le camping-car, direction le Northland, au nord d’Auckland.

Nous nous arrêtons en route pour déjeuner au bord d’un bras de mer et les filles se lancent à la recherche de palourdes avec une technique de pêche originale et propre à elles. Moment de rigolade ! Le temps alterne entre nuages et soleil et le paysage qui s’offre à nous a un petit air d’Ecosse.

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Voulant rejoindre notre destination au plus vite, nous configurons notre GPS afin qu’il nous indique la route la plus directe. Nous nous retrouvons sur un petit chemin de traverse que nous parcourons pendant plus de 20km, à flanc de colline, au milieu des moutons, avec des précipices de plusieurs dizaines de mètres. Le paysage est sublime, mais nous transpirons à grosses gouttes, à chaque virage, passant à quelques centimètres des ravins. Cela sera la seule et unique fois que nous accepterons le passage « par chemin » sur le GPS. Ceci dit, après ça, Florent maîtrisera le camping-car à la perfection.

Chemin faisant, nous arrivons à Helena Bay, petit village face à la mer. Nous nous garons en face de la plage pour y passer la nuit. Le spectacle ne nous fait pas regretter notre petite échappée belle. Le paysage est sauvage, la plage de sable noir et la végétation luxuriante.

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Le lendemain, direction la baie of Ilands, Russel, Waitangi, Paihia et ses histoires de pirates. La route longe la côte et nous découvrons des plages au sable plus clair, des petites criques aux eaux turquoise et des villages à l’architecture Anglo-saxonne. Visites, plage et nous nous posons dans une baie, juste devant la mer pour y passer la nuit. Nous faisons la rencontre d’une famille de Néo Zélandais au grand complet (grands parents, enfants, petits enfants), qui louent une maison sur la plage. Leur gentillesse nous surprend, allant jusqu’à offrir une glace aux filles. Nous échangeons nos coordonnées car, hasard de la vie, ils viendront visiter la France en Septembre. Le soir, quelques personnes de la petite station balnéaire viendront, un verre de vin à la main, à coté de notre campement, admirer tout comme nous, le coucher du soleil. L’endroit est familial et convivial et nous laissera un excellent souvenir.

 

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Ce bivouac sauvage sera le dernier, car nous apprenons, par la suite, que cela est interdit et peut être sévèrement sanctionné. Ceci dit, tout est fait pour parcourir le pays de façon itinérante, en voiture, mini van ou camping car. Une application web (« camper mate ») détaille même l’ensemble des sites de camping autorisés (sauvages et officiels) et toutes les informations utiles (points d’eau, toilettes, points de vidange, stations essence, supermarchés, etc.). Absolument génial !

 

Nous reprenons la route vers Auckland pour aller découvrir la partie sud de l’île du Nord. Le lendemain, le temps est mauvais. Nous décidons de rester la journée à Auckland pour nous poser un peu, faire la classe des filles, préparer notre itinéraire. Nous en profitons aussi pour aller visiter la ville. Tous les trottoirs sont abrités par des auvents. En nous promenant sous des trombes d’eau, nous comprenons bien leur utilité ! L’architecture d’Auckland n’a pas grand intérêt mais la présence de l’eau partout, les habitations à taille humaine, les petites criques à quelques minutes du centre ville, son coté nature et sportif, nous séduisent tout de suite. La ville est classée 5ème en qualité de vie et cela ne nous surprend pas. Nous nous verrions bien y vivre.

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Nous passons ensuite quelques jours dans la péninsule de Coromandel.

Au programme : bain chaud à la « hot water beach », promenade à « cathedral cove » (jolie plage sur laquelle se dresse une gigantesque arche de calcaire) et découverte de la Mercury bay. C’est l’endroit où James Cook, explorateur Anglais, cartographia pour la première fois la Nouvelle Zélande.

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Les environs sont superbes ! Les filles adorent notamment les  «  hot water beach » , phénomène géothermal permettant de creuser des petites piscines dans le sable. L’eau est chaude et on peut profiter d’un jacuzzi naturel.

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Sur les conseils d’une famille française, rencontrée aux « hot water » et qui font aussi un tour du monde en famille, nous allons bivouaquer à Cook Beach. Petit coin tranquille à l’embouchure d’une rivière et de la mer, l’endroit donne à voir un paysage bucolique et sauvage. Ce lieu de bivouac est un de nos coups de cœur. Nous décidons d’y rester deux nuits.

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Nous quittons maintenant l’océan pour nous enfoncer dans l’intérieur de l’île du Nord entre Rotorua et Taupo, région au relief tourmenté d’origine volcanique. Le territoire néo-zélandais se trouve sur 2 vastes plaques tectoniques, aussi les forces de la nature s’y expriment : volcans, geysers, sources chaudes, mares de boue bouillonnantes…

 

Afin d’avoir un condensé de ces phénomènes, nous visitons le parc naturel thermal de Wai-o-Tapu. Sur quelques kilomètres de balade on voit de nombreux cratères, des piscines d’eau multicolore et de boue chaude, des fumerolles de souffre et des bassins aux eaux acides. Cette visite est l’occasion d’expliquer aux filles l’origine volcanique de la formation de la Nouvelle Zélande. La palette de couleurs est incroyable : du vert fluo au rouge orangé. L’odeur de soufre est parfois très forte, et Jeanne trouve que cela sent l’œuf grillé !

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Puis, nous nous arrêtons une journée au lac Taupo. C’est le plus grand lac d’eau douce de l’hémisphère Sud. Il a la superficie de Singapour. Au Sud du lac, on peut apercevoir les sommets enneigés des volcans Ruapehu, Tongariro et Ngauruhoe. La vue de notre bivouac est superbe et nous adorons cette étape. Nous profitons d’un soleil radieux pour faire une promenade autour du lac, classe pour les filles, farniente et diner devant un beau coucher de soleil.

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Le lendemain, nous souhaitons aller voir de plus près le fameux volcan « Tongariro ». Malheureusement, ce jour là, le ciel est très nuageux et nous ne verrons pas grand chose. La randonnée qui mène au sommet est réputée pour être la plus belle de Nouvelle Zélande mais nous n’aurons pas le courage de faire l’ascension de 9h de marche, et de toutes manières, avec les filles, c’est inenvisageable. Nous optons pour atteindre le point le plus haut en camping-car et faisons une petite randonnée dans un paysage volcanique noir et obscur d’où nous apercevons tout de même quelques neiges éternelles.

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Jeudi 11 Février, direction Wellington, la capitale de la NZ, afin de prendre notre ferry pour rejoindre l’île du Sud. La ville est agréable et très vivante. Elle est parfois comparée à San Francisco. Elle se trouve au cœur d’une baie entre un port et des collines.

Nous avions aimé Auckland… Et bien, nous préférons encore davantage Wellington ! Il faut dire que nous visitons la ville sous un beau ciel bleu.

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Nous en profitons pour aller au musée «  Te Papa ». La visite du musée est un moment de bonheur et d’émerveillement pour les filles. Il permet d’appréhender les différents aspects de la Nouvelle-Zélande : son histoire, la culture Mahori, sa nature, sa géographie….. Tout cela extrêmement bien présenté et très interactif. Les filles peuvent toucher tout ce qu’elles voient et faire quelques expériences comme vivre une simulation de tremblement de terre.

 

10 jours se sont écoulés et nous sommes sous le charme de ce pays. Une nuit de sommeil et direction le ventre du Ferry pour une traversée de 3 heures. Ciao bye bye l’île du Nord…

 

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Chapitre 3 # Chili – Ile de Pâques – Janvier 2015

Posted on 14 février 2015

2015-01-25 / 2015-01-29  – Ile de Pâques – Chili

 

Nous voilà à l’aéroport direction l’Ile de Pâques. Cette étape de notre voyage a été rêvée. Elle est synonyme de bout du monde, de culture Maori, de mystères, de mythes et de légendes.

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L’avion décolle à 8h15. Afin d’être à l’heure, nous nous réveillons à 4h30 du matin. Arrivés à l’aéroport, nous apprenons que le vol est décalé, voire même peut-être annulé en raison de violents orages. Nous attendons fébrilement dans un café à coté de la salle d’embarquement, espérant une bonne nouvelle.

 

A 9h30, la compagnie aérienne nous demande de patienter jusque dans l’après-midi. C’est vers 15H30 que l’on nous informe que notre vol est bien maintenu et que l’avion décollera à 18h30, soit avec 10 heures de retard tout de même !!! Joie et soulagement !

 

5 heures de vol et se découvre l’île de Pâques. Elle se situe à 3 700 km du Chili et 4 000 km de Tahiti. S’étirant sur 23 km de long et 12 km de large, c’est une terre balayée par le vent qui empêche la végétation de pousser généreusement sur un sol pourtant fertile. Son relief forme une succession de collines délimitées çà et là par des murets de pierres noires. Ses côtes sont en majorité bordées de falaises abruptes : on est loin de l’image de carte postale des îles du Pacifique.

 

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Comme sur toutes les îles Polynésiennes, l’accueil traditionnel se fait avec un collier de fleurs locales. Direction notre bungalow pour une nuit de sommeil bien mérité.

Le lendemain, nous découvrons Hanga Roa,  seul village de l’ile, et son petit port de pêche. Il y a des parcs de jeux pour enfants un peu partout juste devant la mer. Les filles en profitent ! Déjeuner au bord de la plage et petit bain de mer dans une piscine naturelle.

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En milieu d’après midi, direction le volcan Rano Kau pour une randonnée d’1h30. La vue est magnifique et les filles sont en extase devant l’énorme cratère du volcan. C’est l’occasion de répondre à leurs questions sur l’origine des volcans, leur dangerosité, leur situation géographique etc. Le chemin est aussi l’occasion de découvrir la flore de l’île : eucalyptus, acacias, citronniers, cocotiers.

 

Nous décidons de poursuivre notre promenade en rentrant au village à pied par le chemin côtier. Au passage, nous allons visiter une grotte marine aux peintures rupestres illustrant des oiseaux. Après 3 heures de marche, les filles sont bien fatiguées. La récompense est au rendez vous car nous dînons au restaurant ce soir -là sur une petite terrasse face à la mer. Au menu : poissons et tartare de thon servis dans de gros coquillages. Un délice ! Vous serez peut-être surpris que l’on vous vante nos expériences culinaires mais il faut bien imaginer que la majeure partie du temps, nos repas sont assez sommaires. Nous apprécions donc d’autant plus ces plaisirs gustatifs.

 

Notre bungalow est situé à côté d’un des plus beaux sites de l’île (Tahai). Nous y passerons tous les soirs admirer le coucher du soleil. Avec les Moais, le bleu de la mer, le vert des prairies et les lumières changeantes du soleil … le spectacle est féérique et on ne s’en lasse pas.

 

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Le lendemain, nous allons louer une voiture pour découvrir davantage l’île mais au moment de payer, c’est la CATASTROPHE ! Impossible de remettre la main sur notre portefeuille qui contient tout notre argent et nos deux cartes de crédit. S’en suit une journée de recherche intense. Nous fouillons notre bungalow, refaisons les chemins en sens inverse, allons déposer une annonce à la radio locale et portons plainte au commissariat. Malheureusement, aucune de ces initiatives ne se révèlera payante. Nous repartirons de l’île de pâques un peu plus légers que lorsque nous y sommes arrivés.

 

Nous avons bien une carte de crédit de secours mais n’ayant pas d’argent sur cet autre compte, la carte ne passe pas au distributeur. Nous sommes lundi, nos banques sont fermées. Avec le décalage horaire, impossible de joindre qui que se soit. Internet n’existe quasiment pas sur l’île et le téléphone passe mal. Génial ! Nous réalisons vraiment que nous sommes au bout du monde…

 

Direction donc le seul internet café pour nous connecter à nos comptes en banque, faire un virement qui ne sera effectif que dans 48 heures et faire opposition. Heureusement, nous avions fait quelques courses à Santiago qui nous permettent de faire une petite dinette pour notre déjeuner et notre diner. Nous sommes vraiment démunis face à la situation.

 

Le soir, nous arrivons à joindre la famille. Ils iront le lendemain matin dans notre banque tenter d’accélérer les choses. Cette visite, plus quelques coups de téléphone de notre part à notre conseillère permettront enfin de débloquer la situation. Cette nouvelle sera l’occasion d’une explosion de joie, de danse et de cris de bonheur.

 

Au passage, merci à Mane et Mano qui se sont rendus physiquement dans nos deux banques et à nos conseillers de la caisse d’épargne (Mélanie) et de la société générale qui ont été très réactifs (surtout quand Florent leur a dit que nous étions sur une île au bout du monde avec nos enfants , sans rien à manger !!)

 

Nous nous précipitons donc pour aller louer notre voiture et filons à l’autre bout de l’île sur l’unique plage, profiter enfin d’un moment de repos et de plaisir. L’endroit est très agréable et l’eau est cristalline. Petite pause déjeuner et nous partons visiter les sites archéologiques .

 

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L’île est un immense musée à ciel ouvert. Plus de 850 Moais sont recensés sur l’île. Suite aux guerres tribales, tous les Moais étaient renversés face contre terre. Sur certains sites, ils ont été redressés par des archéologues sur leurs « ahu », sortes de plates-formes plus ou moins grandes, ce qui permet aux visiteurs de se rendre bien compte de la taille de ces géants de pierre de plusieurs dizaines de tonnes.

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L’ile est petite et nous parcourons la côte, de site archéologique en site archéologique. La route est magnifique et la lumière transperce les nuages, donnant à voir un paysage à l’impression biblique. Nous sommes vraiment sous le charme de cette île, propice aux méditations, aux rêveries et à la contemplation.

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Le dernier jour, nous repartons vers la plage qui nous a tant plu. Baignade, promenade et nous rentrons au bungalow pour faire nos bagages et préparer notre départ vers la Nouvelle Zélande. Bye bye, l’île de pâques, endroit magique et mystique qui restera gravé dans nos mémoires.

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Chapitre 2.2 # Argentine – Le Nord Ouest Argentin – Janvier 2015

Posted on 31 janvier 2015

2015-01-12 / 2015-01-24  – Nord Ouest Argentin

 

Après une journée de transport en avion (Iguazu / Buenos aires / Buenos aires / Salta) nous arrivons à la pousada que nous avons réservée à Salta. Le propriétaire nous explique un peu confus que l’hôtel est complet. Il a bien notre réservation mais il y a semble t-il eu du « surbooking » !! Il est 20h00, nous sommes fatigués par notre journée de transport : petit moment d’inquiétude…

 

Après quelques explications dans notre espagnol très approximatif, le réceptionniste finit par nous trouver une auberge de jeunesse à 100m. Nous voilà enfin posés dans une petite chambre donnant sur une rue très animée et bruyante. La nuit est un peu difficile, entre le bruit et la chaleur. L’objectif de la journée : réserver une voiture et organiser notre périple dans la région du nord et du sud de Salta.

 

Finalement, même si cela n’a pas très bien démarré, nos deux jours à Salta sont agréables. Nous visitons la ville, sa place animée, ses commerces, ses rues, ses maisons à l’architecture surannée. Nous prenons même plaisir à passer du temps dans notre auberge de jeunesse qui se révèle très familiale. Les discussions se nouent facilement entre les familles en voyage, les jeunes venus tenter leur chance à Salta et les baroudeurs parcourant l’Amérique Latine. Les filles sont une nouvelle fois traitées comme des petites princesses.

 

 

Nous voilà donc partis à bord de notre superbe voiture Chevrolet pack économique, 1.4, une vraie « brouette » aux suspensions douteuses. On comprendra par la suite pourquoi. Notre road map est d’environ 1 500 km en 6 jours, mais cela ne veut pas dire grand chose car le parcours alterne routes et pistes et nous comprendrons vite qu’il vaut mieux raisonner en temps de parcours. Notre objectif est de faire environ 4 heures de route par jour afin de relier nos différentes étapes.

 

Route au Nord de Salta

 

Pour parcourir la région nord de Salta, direction le petit village de Tilcara où nous poserons nos valises 3 jours afin de rayonner dans les environs. La route est superbe et nous passons des vertes prairies aux paysages andins , lunaires, de la région du Nord Ouest. Nous croisons des villages au pied des montagnes ocres et brûlées par le soleil.

 

 

Le premier jour, nous visitons le village d’Humahuaca et allons voir le mirador del’hornocal. 1H30 de pistes au milieu des cactus et des montagnes rocheuses pour enfin atteindre, à plus de 4 800m d’altitude, l’un des plus beaux points de vue de la région. Devant nous, se découvrent des montagnes stratifiées aux mille couleurs. L’altitude se fait sentir et nous rentrons à notre pousada à plus de 50km/h, sur la piste défoncée.

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Le deuxième jour, direction Purmamarca et Salinas Grande. Le petit village de Purmamarca est un village typique andin, enchâssé entre des montagnes aux couleurs pourpre, sable, gris, vert. Après une petite balade, direction le désert de sel ou « Salinas Grande ». La route est sinueuse et monte en altitude. Les filles se plaignent régulièrement d’avoir mal au cœur. En haut du col, nous apercevons au loin, une étendue blanche, scintillante faisant deviner le but de notre journée. Les filles, folles d’excitation, en oublient presque leurs petits bobos.

 

Plus nous descendons le versant, plus le désert de sel (« Salinas Grande ») se dévoile. La blancheur du sol et le bleu du ciel nous donnent l’impression d’avoir changé de planète. Nous sommes émerveillés et passons plus de 2 heures sur cette grande étendue blanche.

La réverbération du soleil est très forte et contribue à la beauté du paysage. Nous quittons Salinas Grande pour retourner à notre pousada, pleins d’images dans la tête. Le lendemain, retour à Salta pour y passer une nuit et attaquer notre deuxième itinéraire, la route du sud.

 

 

 

Sud de Salta

 

Nous voilà repartis, direction le sud, vers Cachi et plus précisément le petit village de Molinos. Même si le ciel est couvert, la route est superbe. Nous traversons de grandes étendues aux mille cactus, entourées de montagnes.

 

 

40km/heure, 5 heures 30 de route et nous atteignons enfin notre hébergement et découvrons une hacienda du 18ème siècle, restaurée avec piscine. Une vraie joie pour les enfants et un plaisir pour nous d’être dans un lieu si raffiné. Piscine, repos et visite du village et de son église, avant d’aller dîner et de faire la connaissance avec le propriétaire qui est français. La joie est d’autant plus grande que le menu du restaurant est traduit en français. Pour une fois, nous allons pouvoir comprendre ce que nous allons commander !!!

 

 

Une bonne nuit de repos et direction Cafayate et le petit village de San José. Nous y restons 2 jours. La route est plus chaotique et nous enchainons les pistes caillouteuses en espérant que la voiture tienne le choc. Nous arrivons à San José et sommes accueillis chaleureusement par le propriétaire des lieux qui est belge. Il tient une hacienda avec vaches et chevaux et, originalité, il produit de la bière. Les filles sont heureuses comme tout au milieu des animaux et guettent les moindres déplacements des gauchos qui emmènent les troupeaux.

 

Le village est en fête lorsque nous y sommes. Le soir, nous passons de longs moments sur la place principale à regarder les gens passer, à écouter le groupe de musique local et à assister à quelques spectacles de danse. Les filles en profitent également pour jouer avec les enfants du village.

 

De San Carlos, nous allons voir la Quebrada de las Conchas. En espagnol, concha signifie coquillage. En fait, toutes les montagnes que nous allons voir sont d’anciennes couches sédimentaires qui se trouvaient il y a des millions d’années au fond des océans. La route suit le cours du rio où l’on découvre des paysages magnifiques aux couleurs rouge jaune brun … Parmi les arrêts à ne pas manquer : la gorge du diable.

 

 

La route du sud touche à sa fin. Nous prenons la route vers Tucuman, pour rendre notre voiture et prendre le bus de nuit, direction Mendoza. Il parait que cette portion de route est également très jolie mais la pluie qui s’abat aujourd’hui sur la région ne nous donnera pas l’opportunité d’en profiter. La route s’annonce difficile car la pluie fait remonter le niveau des cours d’eau qui débordent sur les routes. Seulement 30 mn après notre départ, nous voilà bloqués par un torrent. Nous sommes inquiets car on commence par nous expliquer qu’il faut attendre 4 à 5 heures que les averses se calment pour pouvoir passer !! Plus de peur que de mal, une énorme pelleteuse arrive pour dégager les cailloux de la route et nous passons finalement à travers 50 cm d’eau et un certain courant. Cet épisode se répète, tout au long de la route, et nous arrivons à Tucuman vers 17H00, avec plus de 4 heures de retard.

 

 

Nous rendons la voiture et filons à la gare routière pour prendre notre bus de nuit, périple de 14 heures. C’est pour nous l’occasion de découvrir les bus argentins et leurs fameux sièges « cama » qui permettent de s’incliner assez largement pour dormir. Nuit un peu agitée mais confort surprenant pour ces grands bus, véritables vaisseaux des routes qui sillonnent toute l’Amérique latine.

 

Arrivés à 11h00 à Mendoza , nous découvrons une ville charmante où il semble faire bon vivre. Petite visite, détente, travail scolaire des filles et nous reprenons un bus le lendemain, direction Santiago de Chili. 6 heures de routes superbes durant lesquelles nous passons à côté du sommet enneigé de l’Aconcagua à plus de 4 000m d’altitude. 2 heures d’attente de passage de frontière et nous voilà au Chili pour atteindre notre destination : Santiago.

Nous y restons 1 jour avant de partir en avion vers l’île de Pâques.

Chapitre 2.1# Argentine – Les chutes d’Iguazu – Janvier 2015

Posted on 23 janvier 2015

 

2015-01-10 / 2015-01-12  – IGUAZU

 

 

 

Nous voilà partis pour l’Argentine, plus précisément à la frontière entre le Brésil et l’Argentine au niveau des fameuses chutes d’Iguazu !

 

Nous logeons dans la ville de Purto Iguazu. La ville, qui ressemble à un village du Farwest version Latino, n’est pas très intéressante. De toute manière, pas vraiment le temps de s’attarder car le programme est dense. Nous allons visiter les chutes d’Iguazu, côté Brésilien et côté Argentin. La majorité des chutes est située côté argentin mais le côté brésilien est également intéressant car il offre une bonne vue d’ensemble.

 

Pour notre premier jour de visite, nous commençons par le côté Brésilien. Sous une chaleur torride et moite, nous arpentons les chemins de traverse. La rivière Iguazu se déverse avec fracas du haut de 275 cascades dont la plus haute, la célèbre Garganta del Diablo, atteint une hauteur de 72 mètres. Rien à dire, époustouflant, grandiose, unique … Les photos se passent de commentaires.

 

Le soir, nous dénichons un petit restaurant dans lequel nous mangeons un « bife de lomo », une énorme pièce de bœuf ! Un régal, surtout après les deux semaines passées au Brésil qui ne nous ont pas laissé un souvenir impérissable coté nourriture. Nous nous régalons tellement que nous y reviendrons le lendemain.

 

Le deuxième jour, nous visitons le côté Argentin. Nous le trouvons un peu plus sauvage et « nature » et y passons la journée. Le parc est superbe, les passerelles nous permettent d’approcher au plus près les chutes où nous nous faisons arroser, à la plus grande joie des filles.

 

Nous croisons aussi de drôles d’animaux appelés « Coati ». Derrière leur côté « grosse peluche », il faut, en fait, s’en méfier car ils peuvent griffer et mordre, à l’affut de la nourriture laissée par les touristes sur les lieux. Les filles sont terrorisées dès qu’ils s’approchent de nous.

 

Nous sommes exténués par cette superbe journée où nous avons bien parcouru,  une quinzaine de kilomètres et rejoignons notre hôtel pour faire nos bagages car nous prenons l’avion le lendemain, direction le nord-est de l’Argentine.

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chapitre 1 # Brésil – Rio de Jainero, Ilha Grande, Paraty – Décembre / Janvier 2015

Posted on 7 janvier 2015

Photo El Christo - Rio High-res version

Mille mercis à toutes les petites mains qui nous ont aidés les derniers mois à Paris :

 

 

– Nos spécialistes de la location de maisons qui ont passé plusieurs week-ends à briquer notre appartement afin que nous puissions le louer pendant les huit mois de voyage

– Nos baby-sitters en herbe qui se sont occupé des filles pendant que nous étions dans les préparatifs

– Nos amis voyageurs qui nous ont partagé leur expérience de leur tour du monde et nous ont communiqué leurs bons tuyaux

– Vous tous, qui, de près ou de loin, nous ont soutenus ces derniers mois.


2014-12-26 / 2014-12-29  – RIO DE JENEIRO

 

Nous voilà dans l’avion qui nous emmène au Brésil, à Rio de Janeiro. Nous avons du mal à réaliser que nous y sommes… Que ce projet familial qui était un rêve, est réalité. Les filles découvrent l’avion, non pas pour la première fois, mais avec la conscience de leurs 5 et 6 ans. Le premier vol se passe bien mais le deuxième devient plus compliqué. Beaucoup de trous d’air ; Jeanne se plaint d’avoir mal au cœur pendant que Louise s’acharne sur l’écran tactile du siège de l’avion avec les jeux et les dessins animés en Anglais. Un mélange d’excitation et de fatigue les anime. Nous n’avions pas réalisé que ce voyage allait être si long. En effet, 2 heures pour faire Paris-Madrid, puis 11 heures pour faire Madrid Rio.

 

Enfin arrivés à Rio et une chaleur moite et lourde nous tombe dessus. Passage des douanes et déjà un petit air de Police spéciale à l’Américaine. Nous échangeons nos devises et sautons dans un taxi. La ville de nuit se découvre et le taxi nous montre très fier le symbole de cette ville magique… Jeanne s’écrit avec joie «  El Christo ».

 

 

La ville est fidèle à ses promesses : dense, remplie de mille lumières et entourée de ses montagnes majestueuses. Le taxi fonce vers notre appartement loué sur Copacabana.

Une bonne nuit de sommeil bien mérité et nous nous levons aux aurores à cause du décalage horaire. On en avait rêvé…direction Copacabana, la plage mythique de Rio, pour un petit bain matinal. La plage est comme nous l’imaginions : grande, bondée de monde et avec une vue mythique sur les montagnes. Les filles foncent dans l’eau et nous profitons de notre premier jour de dépaysement. Se baigner en décembre est pour nous tout un symbole. L’après midi sera pour la visite et l’ascension en téléphérique du pain de sucre. Une fois en haut, les filles s’en donnent à cœur joie à travers les dédales des petits chemins et jouent aux aventurières.

 

 

Le jour suivant, nous partons flâner et chercher un peu d’ombre au parc botanique. Celui-ci regroupe une flore extraordinaire qui l’a fait classer au patrimoine de l’Unesco. Nous croisons même quelques « bébêtes » qui nous rappellent que nous sommes sous les tropiques.

 

 

 

L’après-midi, direction « El Christo ». Le Christ est majestueux et la vue encore une fois, très belle sur la baie de Rio. Ceci dit, la chaleur est difficilement supportable et fait sur Rio comme une sorte de voile. En descendant, nous faisons notre première rencontre avec des Italiens qui nous partagent leur expérience dans une école de Samba. Nous prenons l’adresse de cette école et immortalisons cette rencontre par une photo de groupe. La présence des filles facilite le contact.

 

 

 

Pour notre dernier soir, nous allons voir le coucher de soleil sur la plage d’Ipanema. Nous sommes impressionnés par l’ambiance, le monde, les gens qui dansent …

 

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2014-12-29 / 2015-01-03 –  ILHA GRANDE

 

Le 29 décembre, nous quittons la frénésie de RIO pour Ilha Grande. Nous y resterons 5 jours.

Après une attente de 3 heures à la gare routière de Rio, nous prenons un bus tout confort vers l’embarcadère de l’île. Le trajet est sinueux et les filles ont du mal à tenir en place. Le premier drame arrive : Jeanne perd son doudou ! Nous lui expliquons que son doudou devrait vite trouver une famille d’adoption… le chagrin s’estompe mais ne part pas complètement, cela serait trop simple !

Nous descendons du bus à Conceição de Jacarei.  20mn de bateau plus tard, nous voilà à Ilha Grande ! Ilha Grande est une ile relativement proche de RIO mais qui a des airs d’ile du bout du monde. Nous espérons nous y reposer car nous sommes fatigués par les derniers mois de préparatifs à Paris.

 

 

 

A notre arrivée à Ilha Grande, nous tirons difficilement nos bagages sur les sentiers sablonneux de l’ile pour rejoindre notre Pousada. L’accueil est chaleureux et nous découvrons un lieu calme et charmant tenu par deux femmes : Neira et Renata. Les filles nouent très vite des liens avec elles… et le soir, alors que nous dînons au restaurant, Neira et Renata arrivent avec un paquet cadeau pour chacune des filles. Jeanne ayant fait part, les yeux larmoyants, de la disparition de son doudou, nos hôtes sont allées chercher, en catimini, deux poupées en tissu. Nous sommes gênés mais les filles ravies et Jeanne rassurée de pouvoir dormir avec un nouveau doudou.

 

 

 

L’île est superbe et très réputée pour ses 193km de sentiers de randonnée et de plages. Nous aurions beaucoup aimé faire quelques randonnées à travers la nature verdoyante de l’île mais la chaleur est torride et avec les filles, cela est impossible. Nous nous laissons donc assez vite tenter par l’option plage et repos au sein de notre pousada. Nos 5 jours sur l’île sont placés sous le signe du farniente ! Nous commençons à réaliser que nous ne sommes pas en vacances mais partis vivre huit mois d’itinérance. Le fait de laisser le temps s’écouler y est surement pour quelque chose. Sur Ilha Grande, le temps semble s’être en effet arrêté.

 

 

 

 

 

 

Notre séjour sur l’Ile est également l’occasion de fêter le réveillon : concert sur la place du village, feu d’artifice et champagne sur la plage sont au programme. Happy new year !

Nous garderons un super souvenir de notre pousada « Rencto das Flores » : quelques rues derrière le port, au calme, tout est soigné, le service attentionné et l’ambiance familiale. Un grand merci à Renata et à Neira…. ce deuxième stop restera gravé dans nos mémoires.

 

 

 


 

 

2015-01-03 / 2015-01-06 – PARATY

 

Ilha Grande s’éloigne déjà, direction Paraty. Située à l’extrême Sud de l’État de Rio toujours sur la costa verde (« côte verte »). Elle constitue un témoignage de l’architecture coloniale brésilienne. L’architecture y combine les influences d’Europe, d’Asie (toits relevés) et d’Afrique (moucharabieh…).

La compagnie que nous prenons pour le transfert de Ilha Grande à paraty nous promet un « easy transfert ». En fait, nous arriverons après 1 heure de goélette, 30 minutes d’attente, 2h30 de mini van, entassés les uns sur les autres avec nos bagages entre les jambes. Nous prenons nos quartiers à notre pousada « Angu’s ». La pousada possède une petite piscine. Les filles y passent de longues heures à s’amuser tandis que nous profitons de ces moments de calme pour écrire les articles du blog.

Il fait bon se promener dans la vieille ville de Paraty. Ses ruelles aux pavés de gros galets demandent un peu d’adresse si l’on ne veut pas se tordre une cheville. C’est d’ailleurs pour nous l’occasion de sortir nos supers sandales Keen (sandales de jésus ou sandales allemandes !!!). Même si nous les trouvons très laides, elles ont le mérite d’être très confortables. On ne se moque pas, s’il vous plait ! Dans le « centro historico », nous pouvons admirer de belles églises et des maisons toutes blanches aux portes colorées. La journée, Paraty est plutôt calme mais le soir la ville s’anime. Nous aurons d’ailleurs, chaque soir, l’occasion d’assister à quelques concerts de rue. Notre séjour à Paraty est aussi l’occasion de découvrir les pluies diluviennes qui peuvent s’abattre pendant l’été au Brésil. Heureusement, les épisodes ne durent pas très longtemps.

 

 


 

 

2015-01-07 / 2015-01-09 – RIO DE JEINERO

 

Notre périple Brésilien se termine comme il a commencé, à Rio !

 

Nous y passons 2 jours afin d’attendre notre vol pour l’Argentine. Nous avons réservé un appartement dans un autre quartier de Rio, en face de la plage Flamengo. Nous profitons de ce temps pour découvrir un peu plus la ville : son métro, ses marchés, le quartier des affaires, les rues commerçantes, quelques églises, les favelas, la grande bibliothèque portugaise, etc …

 

Nous testons un des nombreux restaurants « au kilo » très répandus au Brésil. Le concept est simple : le restaurant se présente sous forme de buffet. On se sert puis on fait peser son assiette à la caisse. Le prix est fonction du poids. Nous apprenons que les restaurants au Kilo fonctionnement à 80% avec des employés des entreprises des alentours qui viennent y déjeuner à midi. Notre dernier bain de mer brésilien face au pain de sucre est bien agréable.

 

 

 

 

 


 

 

Au moment de partir, nos impressions du Brésil :

Conscients de n’avoir fait qu’effleurer ce pays gigantesque aux mille facettes, terre de contraste et de démesure (16 fois la France), nous sommes tombés sous le charme du Brésil.

  • Nous avons été séduits par son énergie incroyable, son soleil, sa musique, la gentillesse des personnes que l’on a croisées, la diversité et le mélange des cultures.
  • Nous avons été surpris par la ferveur religieuse qui y règne, la chaleur (38 ° l’après-midi !), le peu de personnes que l’on a rencontrées parlant anglais. (Finalement, entre les quelques mots de portugais que nous avons appris durant notre périple et le langage des mains, on s’en sort !)`
  • Nous n’avons été déçus par : Rien.

 

Nous reviendrons au Brésil, c’est sûr !